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Samedi 9 au Lundi 11 novembre 2024 – Grotte de Foissac – Foissac (12)

Samedi 9 au Lundi 11 novembre 2024
Rencontres annuelles de la Commission Médicale
Spéléo, visite
Grotte de Foissac, Foissac (12)

Participants
ITP / SCM / GPS : Jean-Noël D.
SCM : Véronique M.
CoMed : Brigitte A. Jean-Marie B., Jean-Pierre B., Thierry C., Julie D., Claire F., Laure L., France R., Guy V.
Invités : Christophe V.
Gente canine : Bosco

TPES : dix heures
TPST : six heures
Discussion classique sur les sujets médicaux en rapport avec la spéléo.

Bribes de géologie
La grotte de Foissac se déploie dans les calcaires du Jurassique moyen correspondant au Bajocien et au Bathonien (-170 Ma). Les surrections pyrénéo-alpines ont provoqué un soulèvement et une légère bascule du massif mais surtout des failles qui ont leur importance dans la genèse de la rivière souterraine. Le massif calcaire qui abrite la grotte est limité au sud-est par une faille normale orientée nord-est sud-ouest et au nord-ouest par la vallée du Lot qui offre le dénivelé propice pour une résurgence. Les conditions pour un karst généreux sont donc rassemblées : pluviosité, gradient hydrodynamique et calcaire abondant. La faille située au sud-est marque la limite et le contact avec les terrains schisto-marno-calcaire du Toarcien plus ancien (-180 Ma) qui est maintenant recouvert par un riche sol argilo-calcaire : le terrefort. Moins résistants à l’érosion, ces terrains du Toarcien ont été surcreusés au Pléistocène (-2.5 Ma à -12 000 a) donnant naissance à un poljé avec ses pertes et ses ponors. Ainsi la rivière souterraine est-elle alimentée en continu par la perte de la Jonquière et épisodiquement par les pluies qui se collectent dans le poljé ce qui rend compte des élévations brutales du niveau de la rivière souterraine comme l’a fort bien expliqué Sébastien mais également des dépôts d’argile dans les zones qui échappent au courant. Quant aux pisolites de fer déposés lors de la constitution du karst, leur densité les retient dans le fond de la rivière tandis que les argiles sont lessivées.
NB : pisolite formation géologique sphérique (ou presque) supérieure à 2 mm. Les perles des cavernes sont des pisolites.

Dominique

« Lieu où l’on se repose », coïncidence où non avec les squelettes gisant dans sa grotte, Foissac mérite bien son nom[1]. Nous sommes accueillis par Alain du Fayet de la Tour, le père de Sébastien – gestionnaire de la cavité – que nous avions rencontré la veille ; il nous explique les circonstances de la découverte de la grotte. En août 1959 une petite galerie avait été découverte à partir du Trou qui fume (un agriculteur avait remarqué un dégagement de fumée qui n’était autre que de la vapeur de condensation provenant d’un réseau souterrain). Depuis, que de journées sous terre, à explorer et désobstruer les innombrables diverticules du réseau. Pour aller toujours plus loin, il a fallu imaginer et comprendre le cheminement de la rivière Jonquière. En 1963, le réseau topographié faisait près de sept kilomètres mais l’éboulis amont résiste toujours aux assauts des spéléos. Le 1er février 1965 l’équipe de spéléologues de Capdenac découvre par un boyau d’une vingtaine de mètres, creusé dans le thalweg près de l’entrée touristique actuelle, la partie de la cavité aujourd’hui aménagée au public, c’était l’extrême amont du réseau où de nombreux vestiges sont présents. Ils viennent de découvrir un important gisement archéologique : squelettes humains, vases en terre cuite, empreintes et traces humaines… La grotte de Foissac sera ouverte au public en 1973 et classée monument historique en 1978.

À cette époque de l’année, le site est fermé au public. En pleine saison, près d’une quinzaine de guides sont embauchés pour encadrer les visites, autour de 15  à 20 000 personnes par an. La cavité a été ouverte uniquement pour la CoMed. Bosco restera sagement dans la voiture, la cavité est interdite aux chiens, on comprendra pourquoi en voyant tous ces ossements au détour de chaque virage. Cela aurait gênant de le voir partir avec un fémur de 5 000 ans dans la gueule…

L’accès dit touristique se fait par un escalier d’une petite centaine de marches en bas duquel nous retrouverons l’accès à la galerie initialement découverte en 1965. Notre ami Dominique passionné de géologie nous a fourni plus haut toutes les précisions sur la formation de la cavité, reprenant les explications que Sébastien avait détaillées en début de matinée au cours d’une petite promenade champêtre autour de la cavité, afin de bien observer et comprendre la typologie du site.

Dès le début de la galerie, on peut observer sur la paroi des empreintes de mains et pieds, un humain a évolué au milieu des concrétions, a cassé un spéléothème et a glissé… Figurent également des empreintes de pied d’enfant. Ce qui attire l’œil c’est la gamme très haute en couleurs des concrétions avec une dominante de tons sienne alternés avec les blancs et les tons argentés : draperies, colonnes, bulbes recouvrant la roche ou petites concrétions de la taille d’une châtaigne ainsi dénommées car parfois cassées, elles en dévoilent alors leur intérieur creux.

Foissac est l’une des rares grottes où furent découverts des squelettes entiers, au total une quarantaine, datés du Chalcolitique, il y a environ 4 800 ans : dont une femme haute de 1,45 m, relativement âgée – il y avait au niveau de sa colonne vertébrale des signes d’une arthrose très évoluée et elle présentait des dents usées avec de nombreuses carries. Le corps a été calé avec un monticule d’argile. On la trouve sur le dos avec les membres supérieurs ramenés sur son abdomen et les membres inférieurs fléchis ; présence caractéristique d’offrandes avec un plat de côtes de cochon coincé sous sa jambe gauche et une moitié de tête de sanglier à proximité de son épaule droite. Et plus loin sur notre droite un homme d’une trentaine d’années, le fameux Arthur, jambe droite repliée et dont le crâne, porteur d’un enfoncement cicatrisé au niveau de la partie frontale, a basculé sur le côté avec le temps. D’autres os sommairement regroupés en deux lieux différents puis le squelette d’un enfant de 8 ou 9 ans qui se trouve sur une plateforme plus élevée ; il a été démontré qu’il avait été déposé en position accroupie et adossé à la paroi. Il a du être ligoté ou enveloppé dans un sac. La décomposition a entraîné une dislocation, puis une chute du corps. Sépulture à laquelle vient s’ajouter celle d’un enfant de 2 à 3 ans près de la paroi. Ceci pour les os d’humains.

Quant à la présence de mammifères on note spécialement la découverte dans un boyau suspendu d’un os de patte avant d’un très grand lion ; il pourrait aussi s’agir d’un smilodon – le tigre à dents de sabre…, mais les avis divergent selon les spécialistes, car ce smilodon n’est pas sensé avoir peuplé l’Europe. À part les lions ou smilodons d’autres mammifères côtoyaient la grotte et la preuve en est avec cette magnifique mini-sculpture taillée dans une phalange de bison ; représentait elle une femme coiffée ?

Une autre particularité fut l’extraction d’une quarantaine de mètres-cube d’argile (d’après les estimations), quantité non négligeable vu les outils très primitifs (spéléothèmes, cornes d’animal…) dont disposaient ces femmes et ces hommes et les conditions dans lesquelles ils travaillaient (l’un éclairant avec la torche – dont on retrouve la trace -, l’autre creusant et les deux autres personnes évacuant l’argile hors de la grotte). Cette argile servait principalement à recouvrir les toitures et les surfaces des cabanes en bois pour les isoler de la température extérieure et les protéger des prédateurs, insectes, etc.

Il est midi, retour à la lumière et saut temporel de presque 5 000 ans pour rejoindre notre hôtel avant d’affronter la sortie sportive de l’après-midi.

Véronique

Après avoir bien récupéré de nos déambulations dans la partie aménagée – on mange bien au relais de Frejeroques de Foissac -, nous voilà repartis en compagnie de Sébastien pour une balade de trois à quatre heures dans la partie spéléo. France doit nous quitter pour retourner dans ses pénates. Nous serons donc neuf vaillant(e)s aventurier(e)s à nous diriger vers le puits d’entrée accompagnés de Véronique et Bosco.

Ce puits de l’entrée secondaire (l’entrée naturelle s’étant effondrée, l’entrée spéléo étant le Trou qui fume, il existe d’ailleurs une autre entrée plus en aval le puits Chivardy qui permet de faire une belle traversée) est aussi appelé puits FFS après avoir été le puits Genebrières (entrée artificielle qui avait été rebouchée par le propriétaire des lieux devant l’afflux de spéléos… mais heureusement la FFS s’est portée acquéreur de la parcelle). Sébastien nous briefe sur la descente, une buse verticale d’environ 4 m, diamètre 1 m et une dizaine d’échelons. En bas c’est le plan incliné d’une vingtaine de mètres, où il ne faut surtout pas toucher le plafond qui est parfois à 40 cm. À l’aller, aucun souci, au retour il parait que c’est une autre histoire, on verra…

Arrivée sur une sente empierrée et très glissante, surtout ne pas sortir des rubalises, c’est la zone des peintures, que l’on verra au retour. Enfin la rivière, le plafond est très haut. Première destination la galerie amont et la zone d’éboulis derrière laquelle se trouve l’aval de la partie touristique. Un boyau artificiel avait été creusé par les spéléos mais s’est effondré ensuite. Ambiance magnifique de rivière souterraine, de l’eau au maximum à mi-cuisses. La remontée de la rivière est fermée par une grille que l’on pourra shunter par la droite. Beaucoup de spéléothèmes de toutes sortes.

Demi-tour à l’éboulis et on redescend la rivière. Sur la droite Sébastien nous emmène dans un diverticule pour voir les « petits soldats », comme les sapins d’argile de Trabuc. Surprise pour lui, la zone est remplie d’eau, c’est la première fois qu’il en constate la présence.

Retour dans la zone d’entrée, il nous a ouvert la grille et on file vers la gauche dans une zone un peu chaotique – franchissement de blocs, vire avec main courante, on est dans la galerie qui mène au Trou qui fume et on découvre la Salle de la Tour de Pise, énorme concrétion bien sûr penchée.

On revient sur nos pas pour se diriger vers l’aval, par de grandes salles fossiles remplies de stalagmites. Zone très glissante où on progresse avec précautions, passant autant de temps à regarder ses pieds plutôt que le plafond. Les grandes « mites » permettent de se tenir mais au milieu des petites c’est plus craignos…

En un point haut de ces grandes salles, direction à droite vers la Galerie des Pots à tabac. Guy, commençant à souffrir du genou, fera une pause et nous attendra. On arrive devant une barrière stalagmitique au pied de laquelle se trouvent ces fameuses concrétions ressemblant réellement à d’anciens pots à tabac. On mitraille… La suite est sur la droite par une « étroiture » toute relative mais il faut s’allonger et se mouiller un peu… Jean-Pierre déclinera l’invitation. Derrière c’est du grand et tout plat. Sébastien veut nous emmener voir une colonie de chauves-souris. Jean-Marie remarque qu’il commence à souffler « comme un bœuf ». « Décidément je vieillis » nous dit-il. On lui fait la même remarque mais c’est normal on est bien plus vieux… En fait Sébastien nous indique qu’il y a au moins 3 % de CO2 ! Demi-tour, on repasse l’étroiture et descente vers la rivière, l’air est nettement plus respirable.

La progression est bien plus facile dans le lit de la rivière. Festival de coulées blanches, draperies, roches érodées, tout est là ! Mais le temps passe, on est un gros groupe et on progresse à vitesse moyenne pour certains et puis il y a les arrêts photos. Sébastien aurait bien aimé nous emmener à la Salle Blanche mais il aurait fallu ôter les combinaisons et les chaussures, pas assez de temps.

Retour par le même chemin jusqu’aux salles fossiles où on récupère Guy et remontée de la rivière pour regagner directement le bas du plan incliné d’entrée. Nouveau briefing de Sébastien : en haut de la sente empierrée, sur la droite se trouvent les peintures rupestres. Il faut se coucher pour les découvrir au plafond.

Ce n’est pas très spectaculaire – nous ne sommes pas dans la grotte Chauvet. Elles sont datées du Paléolithique supérieur (entre 13 000 et 32 000 ans) et recouvertes partiellement par de la calcite. Tracées en noir apparemment avec des bâtons d’oxyde de manganèse ; les tracés sont un peu estompés mais on devine bien la forme des animaux et l’utilisation pas le ou les auteurs de ces dessins des volumes de la paroi. On devine surtout deux bisons, mais il y aurait au total une dizaine de représentations animales : trois bisons, deux herbivores, sans doute deux bouquetins. Au moins trente-deux mamelons de calcite ont été utilisés pour les transformer, peut-être en petites têtes, en y ajoutant deux petits cercles de peinture.

Reste la remontée du plan incliné, rendu bien glissant par la descente puis la remontée des premiers de notre groupe. Première partie en libre, ça va encore, on peut caler les pieds, deuxième partie la corde est là mais bien grasse et le plafond s’abaisse (il ne faut surtout pas le

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toucher…) et peu de prises pour les pieds. On se hisse à la force des biceps, une poignée aurait été la bienvenue… troisième partie une échelle spéléo à l’ancienne mais les barreaux glissent les uns après les autres, il faut chercher quelques prises sur le côté !

Enfin le bas du puits et les échelons salvateurs. Dehors c’est la nuit noire ; il est 18 heures

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. Chacun(e) est mitraillé(e) à la sortie du puits. Retour, un peu fourbus au retour mais enrichis d’une sortie extraordinaire, le réseau spéléologique offre toute la diversité de la progression souterraine : la rivière, les concrétions, les paysages souterrains avec leurs contrastes de couleur sont magnifiques. Les amoureux de la Montagne Noire feront remarquer qu’il n’y a pas d’aragonites… Mais quelle féérie que cette Grotte de Foissac et encore merci à Sébastien pour avoir partagé cette merveille avec la CoMed.

JND
PS : Certaines phrases et informations sont issues de l’excellent article La grotte de Foissac, éternelle et fragile, paru dans Spelunca N°171, septembre 2023

[1]Le nom de famille Foissac trouve ses racines en France, plus précisément dans la région occitanique. Il dérive probablement du terme « foissac » qui signifie « lieu où l’on se repose », tiré du mot occitan « foissar ». Ce nom est souvent associé à des terres agricoles ou à des zones rurales, ce qui reflète l’importance de la nature dans la culture de l’époque. La présence d’ardents propriétaires terriens et agriculteurs dans l’histoire familiale pourrait également être suggérée par cette étymologie.
Les noms de famille en France révèlent souvent des aspects de la vie quotidienne de nos ancêtres. Ainsi, Foissac peut évoquer une connexion profonde avec la terre et l’environnement local, symbolisant l’attachement des familles à leur héritage rural et à leurs traditions. (https://venere.it/fr/la-signification-et-lhistoire-du-nom-de-famille-foissac/)

Vendredi 1er novembre 2024 – La Verna, Sainte Engrâce (64)

Vendredi 1er novembre 2024
Spéléo interclubs, visite
Galerie Aranzadi-La Verna, Sainte-Engrâce (64)

Participants
ITP : Jean-Claude L. M.
Leize Mendi : Franck C., Coraline F., Serge P.
Soutien : Jean-Louis D.

TPST : 4h30

La Verna, oooh, aaah ! Comment ne pas être ébahi en entrant dans cette salle. Comment ne pas employer des superlatifs pour décrire ce lieu mythique des cavités souterraines françaises !
245 mètres de circonférence, 194 mètres de hauteur, un volume de 3,6 millions de mètres cube !
Toutes les cavités de Corse pourraient largement entrer dans cette unique salle.

Déjà visitée en 2022 lors des journées Aliénor avec les Grandes Salles, de nouveau parcourue lors du camp « Adishatz 2023 » avec cette fois-ci une visite de la galerie suspendue Aranzadi, Coraline me propose une nouvelle visite de cette dernière à l’occasion de ma venue en terre béarnaise. Une proposition si honnête ne se refuse pas 🙂 . La réservation auprès de l’ARSIP est aussitôt demandée, ce sera une sortie Leize Mendi mais internationale. En effet, l’équipe sera composée de basques, béarnais et corse 😛

Récupération de Coraline à la sortie de Pau et direction l’auberge Elichalt à Saint-Engrâce. C’est là que nous récupérons la clé du tunnel d’accès à La Verna et c’est là aussi que nous avons rendez-vous avec le reste de l’équipe. Visite préalable, juste en face, de la petite église et de son mignon cimetière avec ses stèles discoïdales typiques du Pays Basque. Ce sera jour d’affluence en ce 1er novembre, les familles se succèdent déjà pour rendre hommage à leurs ancêtres.
Il fait grand soleil, tranquillement attablés en terrasse, face au sud et à La Pierre Saint Martin, nous attendons les basques devant un café. Ceux-ci arrivent successivement et nous briefons la sortie.
Le projet est d’atteindre la galerie Aranzadi, suspendue à 84 mètres au-dessus du fond de la salle, après une escalade de 65 mètres. JL ne pourra être des nôtres, il est en effet chargé de garder un beau border collie, il se contentera de nous accompagner jusqu’au début de la piste d’accès.
Nous nous entassons ensuite dans le véhicule de Serge que nous garons au 2ème parking autorisé.
Il nous faut maintenant une vingtaine de minutes de marche pour atteindre la porte du paradis. Celle qui permet d’ouvrir le tunnel de La Verna, long de 660 mètres. Celui-ci débouche sur un balcon à mi-hauteur de la méga salle. Jour de chance cette fois-ci encore, l’atmosphère est plus transparente qu’en 2023 et la salle est illuminée pour des touristes de passage. En face, de l’autre côté, l’ouverture de la galerie Aranzadi nous regarde tel un cyclope géant, c’est notre objectif.

Cette fois encore nous rencontrons Jean-François G., le maitre des lieux. Discussion, Serge le connait bien. Pour ma part il faisait partie de l’équipe d’encadrement d’un stage Equipier-Chef d’équipe SSF suivi en 2000 …

Nous entamons maintenant la descente du grand éboulis, mais pas par le même chemin qu’en 2023, et aboutissons au point bas de la salle, la Plage de Galets. Pas que des galets d’ailleurs, le sable y est également présent.
Une date et des initiales sont gravées sur la paroi :

13-8-53
D-E
J-T
G-L

Ce sont les initiales des premiers visiteurs le 13 août 1953, une année après l’expédition qui a vu la tragique fin de Marcel Loubens en bas du Puits Lépineux.

D-E pour Daniel Epelly
J-T pour Jacques Théodor
G-L pour Georges Lépineux

Voici la description qu’en fait Jacques Théodor lors de l’entrée dans la salle : « J’avais une lampe frontale portant à cent mètres ». « Je regarde : rien devant, rien à droite, rien à gauche, rien au-dessus. On est dehors » ai-je pensé. « Mais ne voyant pas d’étoiles dans le ciel, j’ai compris qu’on était dans une salle aux dimensions exceptionnelles »…

L’histoire de cette passionnante découverte est téléchargeable ici.

Il faut maintenant remonter l’éboulis afin d’atteindre la base de l’escalade. La corde d’assurance est toujours là, fidèle au poste.

Coraline, qui s’est fait une entorse de la cheville quelques semaines auparavant ne souhaite pas la solliciter davantage, la descente et la remontée des éboulis ont réveillé les douleurs, elle préfère nous attendre ici. Bis repetita, elle n’avait pu aller que jusqu’en haut de la cascade lors d’une précédente tentative, mais pour une autre raison.

Comme en 2023 j’ai l’honneur d’entamer l’escalade, mais sans lumière cette fois-ci, les touristes sont partis. Et c’est tant mieux, sensation différente que d’avoir le noir absolu derrière soi. Un petit filet d’eau accompagne les premiers mètres, le halo de lumière de mes camarades devient un petit point lumineux. Le 1er fractio à mi-hauteur est passé, les autres, plus rapprochés, se succèdent maintenant plus rapidement. La dernière longueur est une corde tendue en biais, elle permet d’atteindre la petite lucarne qui permet de basculer dans la galerie Aranzadi. Le débouché de celle-ci dans la salle de La Verna est toujours gardé par les 2 mannequins. La vue de là-haut est là aussi magique, quelques lumignons se distinguent au lointain, le bruit de la cascade résonne, on en prend plein les yeux et plein les oreilles.

La suite est plus classique, le début pourrait être qualifié de « métro », une zone bien concrétionnée suit avec une fistuleuse bien particulière, elle part du sol …
Nous restons cette fois-ci sur le fond du canyon de Maria Dolores (nous étions passé par le haut en 2023) et aboutissons à la « Salle à Manger », zone concrétionnée où nous avions cassé la croûte l’an passé. Voilà maintenant la Porte Etroite, terme de notre visite, Coraline attend toute seule dans le froid. Franck franchira quand même cette porte pour quelques mètres de visite supplémentaire et pour constater que c’est bien étroit derrière …

Retour en variant le cheminement, j’ai maintenant l’honneur de fermer la descente. Le tronçon final se fait au descendeur, là encore dans le noir absolu de la grande salle. Dans le noir mais pas dans le silence, des exclamations sont perçues au lointain. Ce sont en fait des touristes, leur accompagnateur n’a pas encore allumé les lumières afin de nous voir descendre le long de la paroi. Les spéléos font partie du show à La Verna.

Nous retrouvons Coraline, tranquillement installée en mode tortue sur une petite esplanade, elle a gentiment attendu pour casser la croûte. Le pâté de boudin noir béarnais côtoie le jambon basque et le saucisson corse. Rassasiés, nous attaquons maintenant la remontée de l’éboulis, par le parcours 2023 cette fois. Coraline a finalement enlevé son attelle, c’est surtout elle qui la faisait souffrir …

Nous poursuivons la visite jusqu’au barrage SHEM et jusqu’à la corde en vire qui permet d’atteindre la salle Chevalier.
Demi-tour à regret, reprise du tunnel avec un petit détour jusqu’au réseau Arphidia que nous ne ferons que regarder depuis la lucarne d’accès (en 2023 nous avions poussé la visite jusqu’au P18).

Retour à l’air libre, aux voitures et à l’auberge Elichalt pour rendre la clé.
C’est l’embouteillage dans le hameau. Des canyonistes espagnols occupent une partie du petit parking, ils se changent après avoir parcouru un canyon du coin, ils ont dû avoir les oreilles qui sifflent en ce 1er novembre …
La clé est laissée en passant. Nous irons boire une Akerbeltz un peu plus loin à la Caserne dans un bar à l’ambiance bien sympathique, avant de nous séparer à regret.

JCL

Auberge Elichalt
« de 48 »

 

Mercredi 30 octobre 2024 – Œil du Béez, grotte de Capbis – Asson (64)

Mercredi 30 octobre 2024
Spéléo, visite
Œil du Béez, grotte de Capbis – Asson (64)

Participant
ITP : Jean-Claude L. M.

TPST : 0h15

Du VTT à la spéléo il n’y a parfois que quelques pas.

Il y a des similitudes entre le VTT et la spéléo en ce qui concerne la recherche de « premières ». Repérage sur les cartes et les vues aériennes, recherche d’antécédents sur les parcours enregistrés et c’est parti pour l’aventure, parfois au vrai sens du terme …

Un circuit est repéré à l’est d’Arthez-d’Asson. La montée s’effectue en partie  par une piste, le reste en sous-bois et alpages. Le petit plus de ce circuit est qu’il passe à proximité de l’Œil du Béez, une belle résurgence au pied d’un massif karstique.

Ce parcours n’était qu’envisagé lors de mon séjour en Béarn. Un élément déclencheur pour le parcourir a été la proposition de Coraline de visiter la grotte de Capbis, située justement quelques mètres au-dessus de ladite résurgence, il n’en fallait pas plus pour sélectionner ce parcours malgré la défection de Coraline encore souffrante d’une entorse de la cheville.

Grotte de Capbis

L’habituel été indien des automnes béarnais continue mais il fait frisquet en ce début de matinée. Une vingtaine de kilomètres pour près de 900 mètres de dénivelé positif, le circuit VTT s’est bien passé, malgré une fin un peu épique en raison des nombreux arbres tombés en travers du chemin après la dernière tempête, agrémentée de quelques quelques passages boueux.
L’Œil du Béez s’ouvre en contre-bas de la petite route. Une largeur d’environ 5 mètres pour moins d’un mètre de hauteur d’où sort une belle rivière qui se jette dans le Béez, augmentant sensiblement son débit. Visite impossible sans équipement de plongée, un siphon barre rapidement le passage.

La grille

La grotte de Capbis s’ouvre quant à elle à une vingtaine de mètres au-dessus de la route.
Comme pressenti, la topo indique une liaison avec la résurgence.
Beau porche d’entrée, une galerie plus étroite suit rapidement, encore quelques mètres et une grille barre le passage. Celle-ci est simplement verrouillée par une corde. La galerie devient descendante et boueuse, demi-tour peu après faute d’équipement adapté.
Un retour mieux équipé est forcément programmé …

JCL

Topo l’Œil du Béez

Topo Capbis

Parcours VTT

Vendredi 16 août 2024 – Grotte des Cazals, Sallèles-Cabardès

Vendredi 16 août 2024

Spéléo, visite

Grotte des Cazals, Sallèles-Cabardès

Participants

ITP : Albert D.

ITP / Spéléo Corbières Minervois / GPS : Jean-Noël D.

Spéléo Corbières Minervois : Dominique B.

TPST : une heure

Entre un stage de polyphonies corse et le Requiem de Gabriel Fauré à l’Abbaye de Sylvanès, Albert est de séjour dans le minervois pour quelques jours. L’occasion de lui faire découvrir les trésors de la Montagne Noire. Le choix s’est porté sur la Grotte des Cazals que j’ai eu l’occasion de visiter au moins trois fois – c’est le site local de découverte du monde souterrain, pour les scolaires entre autres. Mais cette fois on ne descendra pas à -85, on se contentera de la Galerie des Ours, horizontale se développant sur 200 m.

Pour nous accompagner, je sollicite mon confrère Dominique, membre de la CoMed, du même club et géologue amateur passionné. Il est très heureux de rencontrer Albert qui a été missionné à une époque par la CoMed pour ses travaux sur la microbiologie en spéléo et en canyon, mais ils ne s’étaient jamais rencontrés.

La sortie se fera dans l’après-midi, retrouvailles vers 14 heures au bout de la piste. Le courant passe vite entre Albert et Dom, on démarre rapidement sur la formation géologique de ce sud de la Montagne Noire qui comprend entre autres Cabrespine, Limousis, Trassanel, etc… La canicule est encore présente et la courte grimpette pour accéder à la cavité – une dizaine de minutes – nous donne bien chaud.

C’est parti pour la visite, Dominique détaillant à Albert, très attentif, toute l’origine de la cavité. Passé le méandre on tombe sur un groupe de jeunes ados encadrés par un moniteur, l’occasion d’échanges sympas sur l’intérêt de la spéléo.

Et nous voilà à l’extrémité de la Galerie des Ours. Au retour je fais découvrir à Albert l’étroiture qui shunte le méandre. Une heure de visite et on se retrouve sous le soleil de plomb. Dominique est un peu pressé, on n’aura pas le temps pour une mousse locale. Mais sur le chemin du retour on ira visiter le site néolithique de l’Allée couverte de Saint Eugène, datant du Chalcolithique (https://fr.wikipedia.org/wiki/All%C3%A9e_couverte_de_Saint-Eug%C3%A8ne).

JND

Mardi 6 août 2024 – Grotte des Cazals, Réseau C77 dit de la Lévitation – Sallèles-Cabardès (11)

Mardi 6 août 2024

Spéléo, visite

Grotte des Cazals, Réseau C77 ou de la Lévitation, Sallèles-Cabardès (11)

ITP, Spéléo Corbières Minervois et GPS : Jean-Noël D.

Gruissan Prospection Spéléo : Jean-Marie B., Guillaume B. et son fils Camille 12 ans

TPST : quatre heures

Une proposition de Jean-Marie arrivée la semaine dernière : tiens ce n’est pas de la désob’ mais une visite de classique. En fait l’intitulé est « Initiation et perfectionnement corde », cela me va bien car à part une falaise en septembre 2023 avec les topis et une falaise en juin dernier avec le SCM et bien sûr le P50 du camp je n’ai pas mangé beaucoup de cordes ces deux dernières années.

Lieu d’initiation la Grotte des Cazals, que j’ai parcouru par deux fois, une sortie découverte avec des amis de Dominique – parcours horizontal de la Galerie des Ours -, et une sortie topo lors du stage CDS. Je savais par la lecture de la topo qu’un réseau inférieur existait avec apparemment quelques puits d’une dizaine de mètres.

Le site est retrouvé après un peu d’hésitation, Guillaume est là avec son fils Camille 12 ans, j’en ai soixante de plus cela ne devrait pas me poser de difficultés. Ils sont venus hier trois heures pour équiper la cavité, cela va faciliter la progression. Jean-Marie arrive peu de temps après. On s’équipe, le soleil commence à taper dur. C’est là que JM s’aperçoit qu’il a oublié son casque ! Heureusement les copains de Trassanel ne sont pas loin et il sera de retour quand on sera à l’entrée de la cavité. Et là il nous sort qu’il n’a pas de croll. Personne n’a de matos de rechange mais Guillaume a un Tibloc, bloqueur de secours. Il fera avec.

Descente au réseau C77 par un boyau glissant, pas très haut ni large, avec quelques flaques de boue liquide, la remontée va être coton ! Nous voilà en haut du P13, Camille est parti suivi de Guillaume, je prends la suite. Fractio plein pot sans appuis mais là je sors la pédale, ca passe comme une fleur. Les volumes deviennent énormes, une grande diaclase de 50 m de long, une dizaine de mètres de large et 20 à 55 m de haut. Progression sur des dalles inclinées puis une longue vire où il ne faut pas hésiter à descendre bas pour avoir des prises, ce que je n’ai bien compris qu’au retour.

Un beau P25 fractionné, contre paroi, puis remontée d’un plan incliné et nous voilà au bout de la diaclase. Et là Guillaume nous montre une corde qui se perd dans le noir au plafond. C’est là qu’il faut remonter pour découvrir de superbes concrétions. Mais avant casse-croûte. Presque 30 m de plein pot et le trou noir au plafond est bien petit. Hésitation mais on ne va pas se dégonfler, Camille est déjà en haut !

C’est parti, tranquille, tranquille, les mètres défilent et voilà le dernier fractio libérateur de la tête de puits. JM nous rejoint après avoir récupéré le croll de Guillaume. On se retrouve dans la galerie supérieure que les découvreurs auraient atteinte par une vire en partant du P13. Vraiment cela valait le coup de faire l’effort : un peu de ramping entre les spéléothèmes, grandes coulées orange, disques, colonnes, écouvillons ; magnifiques, mais pas d’aragonites.

L’heure du retour a sonné, il faut se lancer dans le vide. La corde est assez grosse pour que la descente soit lente, un plaisir. Camille commence sa remontée suivi de JM qui bataille avec son Tibloc, bloqueur de secours pas évident à utiliser. Cela me laisse le temps de bien récupérer à chaque fractio. Guillaume déséquipera, regroupement au départ du boyau de sortie dont la remontée comme prévue est un peu galère. Pas vraiment étroit mais certains passages patinent bien, merci Guillaume.

La Galerie des Ours est là puis la sortie au soleil, qui tape encore plus dur, il doit faire 39°C ! Heureusement j’avais anticipé, pour le réconfort de mes compagnons trois canettes de bière Pietra à la châtaigne sont restées bien fraîches dans la glacière.

Belle reprise mais je ne me sens pas prêt pour le Berger le weekend prochain.

JND