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Jeudi 25 juin 2026 – Biospéléo – Grottes de Corte et Brando

Jeudi 25 juin 2026
Biospéléo, radon
Grotte de Corte, Pietracorbara
Grotte de Brando, Brando

Participants
ITP : Wanda C., Henri-Pierre F., Jean-Claude L. M.
AsFrA : Anne B.-D., Lucie B., Samuel D., Raphaël G., Claire J., Nicolas H.

TPST : 1h00 + 1h00
Chiros : 0

On prend les mêmes et on recommence, direction le Cap pour cette 2ème journée d’accompagnement des arachnologues continentaux.

La grotte de Corte qui comme tout le monde le sait se situe à Pietracorbara, fait partie de ces cavités à histoires. Des histoires épiques et piquantes ponctuent quelques comptes-rendus. Le chemin d’accès étant parfois capricieux, le maquis se chargeant de brouiller malicieusement les pistes.

Bon, c’est jour de chance, avec la canicule qui sévit actuellement on aurait pu vraiment se perdre. Cette fois-ci c’est juste quelques hésitations qui ont donné un peu de piment à cette marche d’approche, les fougères et les ronces ça poussent bien.

Après le four, le frigo, gros contraste avec l’extérieur.
Les arachnos comme les entomos sont souvent à 4 pattes. Ils continuent ainsi leur récolte insulaire.
Aucune chauve-souris aperçue, ni Parabathyscia 🙂

Après le frigo, le four, gros contraste avec l’intérieur 🙂
Retour en reprenant plus ou moins le même chemin qu’à l’aller, installation au bord de la rivière pour le pique-nique.

Direction la grotte de Brando maintenant. Chaude la montée, fraiche la cavité. Aucun petit rhino pour nous accueillir, c’est rare. Peut-être une conséquence de l’obturation de la chatière ? Boucher celle-ci c’est condamner les chauves-souris qui s’y réfugient, inconscience ou maladresse ?
Une découverte qui réjouit les arachnos, une Leptoneta corsica.
Un capteur radon est posé quelque part …

Retour aux véhicules, toujours avec la chaleur et chaleureuse séparation avec les arachnologues, ils reprennent le bateau ce soir.

JCL

Mercredi 24 juin 2026 – Biospéléo – Pietralbello, Sapara

Mercredi 24 juin 2026
Biospéléo, radon
Grotte de Pietralbello, Moltifao
Grotte A Sapara, Castiglione

Participants
ITP : Wanda C., Henri-Pierre F., Jean-Claude L. M.
AsFrA : Anne B.-D., Lucie B., Samuel D., Raphaël G., Claire J., Nicolas H.

TPST : 2h00 + 1h00
Chiros : 2 + 2

L’AsFrA, l’Association Française d’Arachnologie est une association d’arachnologues en déplacement en Corse pour y réaliser un inventaire sur les flancs du Monte Cinto, elle a sollicité la commission scientifique de la LISC pour procéder à des prélèvements dans quelques cavités de l’ile, Brando, Corte et Pietralbello.
Ça tombe bien puisque nous avons en projet de poser un capteur radon à Pietralbello et à Brando.

Rendez-vous directement sur le parking de Pietralbello et après les présentations d’usage direction la cavité sous un soleil ardent.
Le grille est ouverte, une corde d’aide est installée et presque tout le monde s’engouffre avec plaisir dans la cavité. Double plaisir, par la fraicheur d’une part, et par la cueillette pour les arachnophiles qui prélèvent rapidement un des principaux objets de leur quête, la Centromerus corsicus, une araignée endémique de la Corse dont ils avaient la description mais aucun exemplaire.
Ils ne se contentent pas des araignées et d’autres bestioles sont prélevées afin d’alimenter les réseaux de détermination.
Nous en profitons de notre côté pour poser le capteur radon au fond de la salle de la Soupière et chercher également quelques bestioles, dont le Parabathyscia, mais sans succès pour ce dernier.

Remontée vers la sortie, accompagnés par 2 chauves-souris qui volètent dans le plan incliné d’entrée.
Nous somme chaleureusement accueillis à l’extérieur, il doit faire au moins 35°.

Nous proposons un bonus pour cette journée, visiter A Sapara et ses tas d’humus propices au développement des bestioles.
Nous nous installons au préalable dans le lit de la rivière afin de pique-niquer au frais. Il va sans dire que l’eau n’est plus là 🙂

Direction la cavité maintenant avec le même scénario que le matin, cueillette, cueillette et cueillette. Le veau qui nous accueille dans la galerie principale n’est pas prélevé, il se réfugie dans une galerie secondaire. Par contre 2 chauves-souris sont aperçues dans la cloche de plafond de la 2ème salle, une fracture verticale semble s’y poursuivre …
Récupération du capteur radon puis séparation, rendez-vous est pris le lendemain dans le Cap pour d’autres aventures caniculesques.

JCL

Mercredi 17 juin 2026 – Chiro, entomo, radon – Olmeta-di-Tuda – Barbaggio – Bastia

Mercredi 17 juin 2026
Spéléo, chiro-entomo-radon
Galerie du Lancone, Olmeta-di-Tuda
Grotta Suterratta, Barbaggio
Grotta Gradiccia, Bastia

Participants
ITP : Wanda C., Jean-Claude D. B., Henri-Pierre F., Jean-Claude L. M.

TPST : 1h30
Chiro : 2 Capa à Francone + 1 ? à Gradiccia

Nouvelle opération radon, il s’agit cette fois de récupérer les capteurs posés le 14 mars dernier. Ils doivent rester 2 mois minimum en place, ils sont donc mûrs pour la cueillette.

On commence par la galerie du Lancone, une chauve-souris est dérangée, elle volète en faisant plusieurs allers-retours entre le fond et la grille qui semble constituer une barrière pour elle, ça pose question.
Une 2ème est aperçue dans une fracture, donc probablement des murins.
Le capteur est récupéré, direction maintenant Suterratta.
Changement rapide en bord de route et descente tout aussi rapide à travers le maquis qui reprend peu à peu ses aises.
Pendant que les 2 JC partent vers la tête du dernier puits pour récupérer le capteur, Wanda et HP s’occupent des bébêtes. C’est jour de fête, les Parabathycias espérés sont repérés sur les tas de « caviars » déposés par les chauves-souris. Aucun chiro aperçu d’ailleurs ce jour.
Le seau qui attendait patiemment une nouvelle génération de désobeurs a été remonté, pas la peine qu’il ne serve à rien ici alors qu’il n’y en a plus au local.
Les récoltes finies direction maintenant Gradiccia après s’être posé quelques questions à propos de « gravures » sur une pierre plate près de la cavité.
Une seule chauve-souris aperçue cette fois-ci dans la galerie intermédiaire avant de disparaitre dans une fracture au milieu des concrétions du fond.
Difficulté pour retrouver le capteur, caché par une motte d’argile. Heureusement, la photo de son positionnement sur le dernier compte-rendu nous a permis de le situer. Il a quand même fallu parcourir plusieurs fois la galerie, y compris après la chatière terminale !

Il est midi, Albert et 2 bons poulets grillés nous attendent chez lui pour la pause prandiale.
Quelques menus travaux jardinesques terminent la journée.

JCL

 

Mercredi 6 mai 2026 – COPIL Aliso-Oletta

Mercredi 6 mai 2026
Spéléo, réunion COPIL Aliso-Oletta
Mairie d’Oletta

Participants
ITP-LISC : Michèle C. (en pré réunion), Jean-Claude L. M.
Individuel LISC : Jean-Yves C.

La Corse comporte 92 sites Natura 2000. Cette classification vise à concilier sauvegarde de la biodiversité et maintien des activités humaines respectueuses et responsables.
Les sites font l’objet d’un DOCOB (document d’objectifs) et des COPIL (comités de pilotage) en assurent la réalisation et le suivi.
Certains sites nous concernent plus particulièrement puisqu’ils comportent des cavités souterraines, c’est le cas de celui d’Aliso-Oletta.
Le dernier COPIL datait déjà de juin 2019, il s’agissait donc de le relancer et de l’actualiser.
C’est maintenant l’OEC qui est en charge des sites Natura 2000 terrestres en Corse, et c’est le Conservatoire d’Espaces Naturels qui est chargé de l’animation.

Le but premier est d’actualiser le DOCOB (document d’objectifs). Les fiches actions de ce dernier restent néanmoins valables, en particulier la fiche D1 qui vise à améliorer les connaissances sur les zones de chasse chiro et garantir le suivi et la surveillance des gîtes. C’est elle qui nous concerne plus particulièrement.
Après un rapide exposé des données spéléo du secteur un point chauves-souris est effectué.
Les populations chiro diminuent globalement, c’est le cas également de ce site, sans qu’une explication précise puisse être avancée (réduction des territoires de chasse, interruption des corridors de déplacement, diminution de la masse alimentaire, pollution lumineuse, perturbations humaines, etc.).
Pour sortir des dires d’experts et s’appuyer sur des données factuelles JY propose un suivi acoustique annuel permettant d’avoir une vue plus précise des populations chiro de Cast 2 et 3.
Deux groupes de travail seront constitués, un pour l’extension de la zone Natura, l’autre pour la réactivation de la fiche D1 notamment.
Le premier ne nous concerne pas, nous intégrerons par contre le deuxième.

C’est un projet important pour les chiroptérologues et la LISC, mais aussi pour les spéléos.

JCL

2026-04-25-Sapara-LMJC-16

Samedi 25 avril 2026 Sapara – Lano Carpinetto-Monoxyles

Samedi 25 avril 2026
Spéléo, chiro, entomo, radon, prospection
Grotta a Sapara, Castiglione
Représentation
Grottes de Carpinetto et Monoxyles, Lano

Participants
ITP : Jean-Claude L. M.
Individuel : Jean-Yves C.

TPST : 0h30
Chiros : 10 petits rhinos, 1 grand rhino, 1 minioptère

Les inventeurs des Monoxyles ne peuvent refuser une invitation personnelle et obligatoirement discrète de monsieur le maire de Lano pour participer à une rencontre intercontinentale entre la Corse et les représentants d’un peuple premier d’Amérique du sud.
Le rendez-vous est prévu à 12h directement au village, ce qui laisse le temps de faire un peu de spéléo le matin.

JC veut poser des détecteurs radon, JY veut compter des chauves-souris, on peut satisfaire ces 2 objectifs à Sapara.
Après un petit café au Kré d’As direction la cavité par Popolasca, histoire de changer de route.

Cavité toujours aussi sympa, un vrai creusement karstique dans un calcaire blanc laiteux. Au plafond, près de l’entrée, des exuvies, avec quelques chenilles n’ayant pas supporté la transformation.
[ Après consultation de la liste biospel nationale il s’avère que ce sont des mues de chenilles et des chrysalides de Lymantria dispar, le Bombyx disparate qui a pullulé en Corse en 2024 et 2025, plus particulièrement dans le secteur de Piedigriggio. On y voit également 3 pontes de couleur beige.
En outre, une expérimentation visant à déterminer si le bombyx disparate pouvait faire partie du régime alimentaire des chauves-souris avait été effectuée par le GCC-ACS en 2002.
Compte-rendu de cette expérimentation en lien ]

Les galeries sont parcourues à la recherche des chauves-souris. Le lac terminal s’est réduit à peau de chagrin, alimenté par une petite exsurgence. La cavité s’est asséchée, peu de boue au sol.
Pose du détecteur radon et retour à l’air libre à la recherche des pertes. Celle à proximité de la cavité ne semble pas vraiment active, pas de tourbillon comme lors d’une précédente visite. Celles en amont ne sont pas non plus actives.
Retour à la route en prospectant le dessus de la cavité.
La prospection continue de l’autre côté de la route jusqu’à une autre zone calcaire repérée sur la carte géologique. C’est un calcaire très lité, plus ou moins marmorisé d’après Infoterre (transformation en marbre). Juste un boyau débouchant en paroi d’un escarpement à quelques mètres de hauteur, impossible à atteindre ce jour, à revoir.
Fin de l’activité spéléo, place maintenant à notre fonction de représentation.

Le maire nous ayant donné rendez-vous à midi à Lano, nous y seront donc à l’heure en passant par Francardo cette fois.
Nous avons respecté la discrétion demandée et sommes étonnés par la présence d’une cinquantaine d’invités, en grande partie des habitants de la commune. Des tables bien garnies sont en place et les invités attendent avec impatience les amérindiens. Nous sommes sources d’attentions et de questionnements quand les invités apprennent qu’ils ont devant eux les inventeurs de la cavité des Monoxyles 🙂

Les vraies vedettes du jour arrivent enfin avec un peu de retard, accompagnées notamment par 2 traductrices et une anthropologue corse.
Ce sont 4 indiens d’un peuple premier vivant quasiment en autarcie et ayant subi la colonisation espagnol, repoussé sans cesse vers les montagnes.
Ils se considèrent « frères ainés » et nous désignent comme « petits frères ». Une de leurs missions est de nous faire comprendre la nécessité de respecter le monde sur lequel nous vivons tous. La spiritualité prend une part importante dans leur vie et la notion de respect envers la planète et les anciens semble ancrée dans leur comportement.
Pour protéger ceux qui vivent à l’écart de la société, certains ont été désignés pour constituer une sorte d’interface avec le monde « civilisé », ils font des études et assurent le relationnel de leur communauté.
Pas de hiérarchie chez cette peuplade, les décisions se prennent lors de réunions collectives. Néanmoins des chamans assurent le rôle de conseillers suprêmes. Ils sont sélectionnés dès la naissance et éduqués à part, isolés dans le noir pendant de nombreuses années. Ce sont des Mamos pour les hommes, des Sagas pour les femmes.
Deux Mamos, dont un spécialisé dans la lecture des roches, et une Saga sont présents. Le quatrième assure cette « ceinture de protection », il est diplômé en économie …
Vient maintenant le but de leur visite, se rendre devant la grotte de Carpinetto pour « lire » la roche. Pour résumer, la voute représente l’homme, c’est le ciel, constellé d’étoiles (les gouttes d’eau), le sol représente la Terre, la femme. Les grottes sont sacrées chez eux, ils n’y entrent jamais, elles représentent des portes de connexion vers … ailleurs.
Même genre d’interprétations pour les Monoxyles depuis la piste. Certains sont dubitatifs, d’autres y croient.
Nous prenons de nouveau notre petite part de succès en expliquant les circonstances de la découverte.
L’organisatrice de cette rencontre a tout fait pour éviter de transformer cette visite en exposition de « bêtes de foire », c’était limite.
Retour au village, séparation, puis petite mousse de récupération à Ponte Leccia.
JCL

 

Nota : il nous a été demandé de ne publier aucune image de nos frères ainés

Mercredi 15 avril 2026 – Grotte du Couvent – Grotta Gritulu – VTT Moines

Mercredi 15 avril 2026
Spéléo-VTT, visite, chiro
Grotte du Couvent, Cagnano
Grotta Gritulu, Luri

Participants
ITP : Michaël D., Jean-Claude L. M.

TPST : 0h30
Chiro grotte du couvent : 26 petits rhinos
Chiro grotta Gritulu : 1 petit rhino

Nouvelle virée VTT-spéléèsque avec un programme chargé et ambitieux. Plusieurs objectifs : jeter un œil à la « baignoire des moines », site particulier au-dessus de Cagnano, visiter la grotte du Couvent, celle de Gritulu et revenir vivant aux véhicules.

Départ du parcours de santé de Luri par la route avec le projet d’emprunter une piste bien visible en vue satellite au-dessus du petit hameau de Gitta. La vue satellite est une chose, le terrain une autre, nous sommes obligés de faire demi-tour au bout de quelques centaines de mètres, la piste est envahie de végétation faute d’entretien.
Direction le col de la Serra, par la route cette fois-ci, pour un assaut à l’envers du site de la baignoire des moines. Nous nous lançons même le défi délirant d’y apporter nos VTT. Porter est le bon mot puisque c’est par du portage que les VTT pourront faire trempette dans cette baignoire.
La légende dit que cette baignoire aurait été creusée au néolithique au sommet de ce chaos dominant la côte Est du Cap et qu’ensuite des moines l’auraient utilisée pour y prendre leurs bains. La baignoire est remplie d’eau croupie malgré les fortes pluies des jours précédents, fallait avoir envie d’y prendre un bain, surtout après un accès alambiqué.
Quelques photos plus tard nous voilà de nouveau sur la piste, dans le sens descente cette fois.

La grotte du Couvent s’ouvre dans le fossé à proximité d’un … couvent en ruine.
Une belle entrée avec un ressaut d’environ 3 mètres, suivie par une étroiture et une galerie sélectives où il faut bien se positionner pour passer, et enfin la galerie principale, relativement haute de plafond.
Surprise, un premier groupe de 10 petits rhinos est accroché au plafond, suivi plus loin par un deuxième de 16 individus. Une première dans cette cavité. Les galeries annexes ne sont pas parcourues, nous ne sommes pas habillés pour.
Retour en surface, visite du couvent d’Oveglia, en cours de rénovation et la descente se poursuit avec un détour par la chapelle Santa Lucia dont la coupole façon lapis lazuli se détache dans le maquis.Parcours VTT-spéléo

Nous empruntons ensuite le beau chemin en tunnel qui descend vers le hameau de Tufo, laissons au passage la bifurcation vers la grotta Gritulu pour rejoindre les véhicules.

Casse-croûte sur un banc du parcours de santé puis direction le hameau de Tufo, en voiture cette fois.

Le chemin est repris à la montée, mais à pieds !
Le sentier d’accès au petit plateau de la croix est plus ou moins facilement retrouvé, mais le maquis empêche d’accéder à la croix. L’accès à la cavité se fera comme lors de la dernière visite par un contournement côté Est en suivant les traces de notre précédent passage, mais il faut jouer du sécateur pour se frayer un passage dans les salsepareilles.

La grotte est enfin atteinte avec une visite rapide compte tenu de son développement limité. Une galerie en plan incliné d’une dizaine de mètres se termine sur un colmatage stalagmitique. Un boyau impénétrable suit sur quelques mètres mais son élargissement nécessiterait de dégager un remplissage détritique qui contient encore des ossements. Un seul petit rhino comptabilisé dans la cavité.

Le retour se fera de façon beaucoup plus facile par une descente directe dans la forêt en rejoignant ensuite un chemin aboutissant à l’entrée du hameau.

Cette journée multi-facettes se termine par un rafraichissement au port de Santa Severa.

JCL

 

2026-04-11-Lano-Monoxyles-LMJC-23

Samedi 11 avril 2026 – Carpinetto-Monoxyles

Samedi 11 avril 2026
Spéléo, visite, chiro, entomo, radon
Grottes de Carpinetto et des Monoxyles, Lano

Participants
ITP : Sandra A., Cathy et Jean-François B., Antoine B., Michèle C., Christophe C., Wanda C., Adriana D. C., Henri-Pierre F., Olivier G., Jean-Claude L. M., Marie Pierre R., Franck Z.
Individuel : Jean-Yves C.

TPST : 3h00
Température et humidité salle de la Colonne : 9° – 92%
Chiros : 15 petits rhinos et 1 Murin du Maghreb probable (Myotis punicus)

Le Kré d’as, le point de rendez-vous privilégié du monde spéléo en centre-Corse. Mais pas qu’eux, on y croise des randonneurs, des cyclistes, des motards, bref pas que des soiffards.
Répartition dans les quatre 4×4 et direction Lano.

Piste fréquentée et en bon état jusqu’à l’enclos des vaches, on remarque ensuite que les chasseurs ne doivent plus souvent y monter. C’est confirmé lorsque 2 gros blocs rocheux et quelques branches nous interdisent le passage.
Nous sommes habitués à ce genre d’obstacle, il ne faudra pas longtemps pour que le passage soit dégagé.

Vu le programme de la journée, et pour gagner du temps, 2 équipes sont constituées. Adriana, Franck et Anto iront équiper les monoxyles pendant que le reste de l’équipe divaguera gaiement dans Carpinetto.

15 petits rhinos nous attendent dans la 1ère salle. Autre surprise, un équipement bricolé avec 2 cordes permet de descendre le ressaut au fond de cette salle, bizarre et préoccupant.
Poursuite de la visite en laissant un thermomètre-hydromètre dans la salle de la Colonne.
Ce qui semble être un Myotis punicus est accroché au plafond de la salle suivante. Une ixode est observée au sol, probablement Eschatocephalus vespertilionis après détermination par Wanda, c’est un parasite exclusif des chauves-souris.
Là-aussi une corde à nœuds est accrochée en haut du balcon, re-bizarre. Une corde est également pendue au-dessus du trou du chien, une traction dessus et elle tombe, faut vraiment se préparer à un éventuel secours.

Demi-tour peu après le « lac » des Italiens, qui est vide. Visite de la galerie concrétionnée, le niveau d’eau dans le lac Suspendu est bien bas. On garde la salle Rhombo pour une prochaine visite et direction les lacs Jumeaux où est posé le détecteur de radon. Cathy tente et réussi le passage suspendu, mais par le bas, c’est bien plus humide 😮
Le laminoir qui suit n’est pas apprécié à sa juste valeur par tous 😀

Retour à l’air libre et direction les monoxyles en croisant au passage les équipeurs.
Seuls Sandra, Cathy, Jef, Christophe et JC feront la descente et se regrouperont dans la petite galerie chargée de protohistoire pour la Corse et d’histoire pour le club.
Le frêne et le chêne dont les racines s’enfoncent dans la falaise sous la cavité ont moins apprécié le décaissement des sédiments qui recouvraient les vestiges et qui leur apportaient des nutriments, ils sont beaucoup moins vigoureux que lors de la découverte, surtout le chêne.
Seuls Christophe et JC opteront pour la remontée, les autres choisiront la descente directe par la corde de réchappe. Christophe déséquipe.

Tout le monde se retrouve aux véhicules pour un graillou traditionnel avec grillades.
Séparation après un rafraîchissement pris au … Kré d’as.

JCL

 

2026-04-04-Cast-1-LMJC-17

Samedi 4 avril 2026 – Cast. 1 – Radon, Spél’art

Samedi 4 avril 2026
Spéléo, radon, chiro, entomo, spél’art…
Cast. 1, Oletta

Participants
ITP : Michèle C., Wanda C., Henri-Pierre F., Jean-Claude L. M.

TPST : 3h00
Chiros : 4 ou 5 grands rhinos, 1 ou 2 petits rhinos
Température : 14,6°

Le week-end à Ghisoni tombant à l’eau les radonneurs se mobilisent pour la pose d’un détecteur dans Cast 1. Après un petit café au local en compagnie d’Anto, Franck, Benoit et Laureen qui eux se sont décidés pour une journée falaise, Wanda, HP et JCL rejoignent Michèle sur le parking de l’Aliso.

La première partie de la piste semble avoir été entretenue, mais dès la ruine c’est la fête des asphodèles. Les alentours du pylône sont également envahis par les hautes hampes florales.

Direction l’entrée artificielle pour la pose du détecteur radon en partie basse de la cavité.
C’est l’occasion de tester la nouvelle voie créée lors du dernier exercice secours mais qui n’avait pas pu être essayée.
C’est JC qui s’y colle. Depuis les 2 broches qui se situent en haut du plan incliné intermédiaire continuer sur la même paroi et utiliser un 1er amarrage foré puis 2 autres en tête de puits. C’est la pénurie de sangle au local, JC utilise donc quelques dyneemas et pique au passage la déviation habituelle pour l’installer sur un autre amarrage foré sur la paroi en face à environ 4 mètres su fond. Cette voie est un peu plus technique que la voie des initiés, mais elle permet de ne pas les gêner et de pouvoir intervenir plus rapidement dans le puits en cas de besoin.

La corde d’assistance est ensuite raboutée et mise à contribution pour le ressaut du grand plan incliné.
Le détecteur radon est mis en place au niveau du chien, du moins de ce qu’il en reste. Un grand rhino, toutes ailes déployées, est collé en haut de la paroi dans une position peu courante.
La recherche de bestioles s’avère infructueuse.

Retour en surface pour casser la croute, bien installés au soleil.

Retour sous terre l’après-midi pour les membres de cette nouvelle commission de la LISC, la commission spél’art 😀 , mais par le circuit d’initiation classique. Le but est d’intégrer le plus artistiquement possible le moulage anatomique découvert lors d’une précédente sortie. Après la salle du Veau suivent le puits de la Chèvre, la salle de la Chèvre, la vire de la Chèvre, bêê !

La corde de descente depuis la vire a été tonchée sur le plan incliné, la gaine est rongée au ¾, un nœud d’isolement est ajouté permettant ainsi de s’exercer à ce passage particulier.
Après avoir accompli leur mission et une nouvelle recherche infructueuse de bestiole les spél’artistes retournent en surface de façon plus ou moins rapide.

Retour au local pour le rangement du matos.

A prévoir : une corde d’une quinzaines de mètres pour remplacer celle qui est tonchée et couper des sangles, c’est la dèche.

JCL


Je te salue ô merveilleuse fente
Qui vivement entre ces flancs reluis
Je te salue ô bienheureux pertuis.
Pierre de Ronsard, livret de folastrier, 1553 1

À la Vesprée, ils font des fresques
Ithyphalliques et pioupiesques
Arthur Rimbaud, le cœur supplicié, 1886 2

Les flammes de la terre s’évadent par les seins
Paul Eluard, Capitale de la douleur, 1926 3

La femme remonte à la plus haute Antiquité
Alexandre Vialatte, passim 4

Décidément les découvertes s’enchaînent pour la commission scientifique de la LISC à l’occasion du placement de dosimètre radon dans différentes cavités de l’ile.

  1. 14 Mars 2026 : redécouverte de coléoptères Parabathyscia à Suterratta. Une nouvelle recherche des Parabathyscia de Corse est envisagée avec l’aide de Jean-Michel Lemaire, en vue d’un barecodage DNA afin de clarifier les différentes espèces, notamment Parabathyscia Lamilzai et Raffaldii qui sont controversées.
  2. 28 Mars 2026 : découverte à E Sulane d’un rarissime crâne d’escargot bleu, probablement de type oxychilus.
  3. 4 Avril 2026 : découverte à Cast 1 d’une exceptionnelle figure vulvaire pariétale.

Rares en Corse sont les manifestations d’un art pariétal des cavernes.
La Grotta Scrita à Olmeta du Cap, en fait un ancien tafone, comprend 21 figures d’époque différentes, peintes à l’ocre rouge et remontant pour les plus anciennes à 2000 ans avant JC. (cf CR du 3 Janvier 2016).

Les fouilles menées par l’équipe de Michèle Salotti et d’Élisabeth Pereira, dans Cast 1 et Cast 3 au cours des années 90, avec l’aide des Topi, avaient conduit à la découverte de nombreux ossements datés au Carbone14 du Pléistocène moyen (774 100 à 129 000 BP) et supérieur (129 000 à 12900 BP): prolagus Sardus, cynotherium sardous, musaraigne Corse, grand-duc, cerf de Caziot etc… Ce cerf trouvé à -55 m dans Cast 1 n’y était pas arrivé tout seul mais amené par un humain pour y être consommé, d’autant que le puits de sortie foré à l’occasion des fouilles n’existait pas à l’époque. L’hypothèse d’une présence de l’homme bien antérieure à la dame de Bonifacio, (6500 avant JC) s’était imposée. Nommée Homo Ricoveris, cette espèce, contemporaine des Homo sapiens, Néandertalis et Denisovien, était de petite taille, trapue, dotée de bras puissants lui permettant de remonter à mains nues les puits profonds de Cast 1. Un brin courbé de férule commune, collé sur sa tête grâce au latex de la plante, lui permettait de s’éclairer mais expliquerait la disparition précoce de sa chevelure brûlée par adaptation darwinienne. On sait qu’en Corse la férule commune est traditionnellement employée à Pâques pour porter le feu nouveau et des décoctions de férule sont utilisées pour des pratiques magiques. La férule était dans la religion grecque antique l’attribut de Dionysos (Bacchus à Rome) dieu du vin, de la fête, fréquemment associé au bouc et au taureau, animaux caractérisés par leur puissance génésique. Amant d’Aphrodite et père de Priape, son culte était marqué par des fêtes orgiaques. Ces mythes inhérents à l’espèce humaine sont bien sûr éternels et bien antérieurs aux époques romaines et hellénistiques. Les découvertes faites à Castiglione en sont un exemple évident.
L’Homo Ricoveris avait parsemé la salle du veau et de la chèvre de sculptures ithyphalliques.

La commission culturelle de la LISC et surtout JCLM avaient décidé d’orner Cast 1, cavité initiatique, riche de son histoire géologique et scientifique, d’un buste féminin découvert à Cardo. La recherche d’un emplacement dans un recoin peu fréquenté de la cavité nous a permis de découvrir une magnifique figure vulvaire inconnue jusqu’à lors. Nous l’avons surmonté de notre buste créant ainsi une nouvelle œuvre d’art à fort potentiel symbolique, unifiant féminité, passé et présent. Il est proposé de nommer cet emplacement « fissure d’Hélène » dans la topographie de la grotte. Nous vous laissons le plaisir de la découvrir lors d’une prochaine visite de la cavité.

Dans les grottes occupées par des chauvesouris l’accumulation de guano est la cause d’une biocorrosion importante. Le dégagement d’acides phosphoriques et sulfuriques détruit les œuvres pariétales peintes. La faible fréquentation de Cast 1 par les chiroptères laisse espérer la découverte d’autres figures pariétales. Une ré-exploration attentive notamment à la recherche de représentations mammaires est nécessaire.

Le Docteur Gobert, s’appuyant sur la valeur apotropaïque de l’exhibition de la vulve et la puissance attribuée au pudendum muliebre, pensait que « les vulves gravées étaient des sortes de phylactères dirigées contre des forces mauvaises ».

Prenons garde cependant de réécrire le passé dans une perspective genrée. Les théories gynocentriques de la préhistoire partagent un point commun fondamental avec les prémisses androcentriques, c’est qu’elles utilisent toutes deux des paradigmes sexistes pour reconstruire le passé que la commission scientifique de la LISC ne saurait cautionner.

PHP
Commission culturelle de la LISC


1 : Les poètes l’ont si bien dit
2 : Le Cœur supplicié
3 : Capitale de la douleur
4 : Chronique du Spectacle du Monde


2026-03-28-Canadolo-LMJC-48

Samedi 28 mars 2026 – Spéléo, entomo, chiro – Grotte E Sulane, Furiani – Grotte Canadolo, Barbaggio

Samedi 28 mars 2026
Spéléo, entomo, chiro
Grotte E Sulane, Furiani
Grotte Canadolo, Barbaggio

Participants
ITP : Michèle C., Wanda C., Henri-Pierre F., Olivier G., Jean-Claude L. M.

TPST : 2h00
Chiro : 0

Comment se portent les Parabathycias à Furiani ? C’est à cette question que se propose de répondre la commission scientifique de la LISC. Rien de pompeux derrière cette dénomination, si la commission est présidée par le président de la LISC en personne, tout le monde peut participer à ses recherches et travaux.
Pour rappel c’est dans cette cavité qu’avait été prélevée la Parabathycias Lamilzai.

Faute de président c’est la vice-présidente Wanda qui est là. Tout le monde se retrouve sur le petit parking de Canarinco et commence la descente par la piste. Cette dernière a été entretenue et les déchets de coupe jonchent les ornières, encore bien présentes. Deux postes de chasse ont été construits, sangliers, pigeons, spéléos ? :mrgreen:

Comme d’habitude on oublie qu’il faut descendre tout de suite après les agaves, mais l’entrée est quand même rapidement retrouvée. Quelques salsepareilles barrent l’entrée, elles feront les frais de notre visite et nous voilà dans cette cavité qui rend les visiteurs humbles. Courbés ou en rampant nous parcourons ainsi toutes les galeries, en admirant au passage les belles concrétions et les beaux gours, dont certains remplis d’eau.
De Parabathycias que nenni, pas un seul spécimen détecté, c’est la désertion complète … ou l’acuité visuelle des chercheurs qui décline 🙂
Par contre, des hémiptères, qui seront déterminés ensuite par Wanda comme étant des Cixiidae peut-être nervosus (genre de cicadelles), seront observées dans chacun des lobes de la cavité. Il s’avère après recherches que leur présence sous terre est assez rare, il s’agit en effet d’insectes phytophages et leur présence dans cette cavité pourrait s’expliquer par celle de nombreuses racines.
Un crâne de renard est également repéré ainsi qu’un autre crâne beaucoup plus rare d’escargot Hélix Pisciculus.
Scutigère, Myriapode, Collemboles, Méta et autres bestioles habituelles sont observées.
Le bilan chiro est nul, puisqu’aucune chauve-souris ne sera comptabilisée. La température de la cavité n’étant peut-être pas assez fraiche et/ou l’air trop sec pour hiberner.

L’accès à la 2ème entrée de la cavité sera plus épineux, il faudra « survoler » les diverses salsepareilles et ronces pour pouvoir l’atteindre. La visite sera rapide, c’est une galerie d’une vingtaine de mètres de long qui se termine par un rétrécissement rejoignant à la première cavité, mais trop étroit pour pouvoir passer. La couleur verdâtre de certaines parois étonne, probablement due à quelques mousses ou lichens. Un bel Isopode observé.

Retour en ¾ d’heure aux véhicules avec un petit écart prospectif.

Pique-nique sur place et c’est de nouveau parti pour une descente sur le plateau incliné de Canarinco cette fois. Un petit détour par le Mini Aven de Canarinco, le MAC, pour raviver les souvenirs d’Olivier qui avait fait partie des désobeurs de cette mignonne petite cavité dans les années 90, mais c’est vieux … (Dimanche 29 octobre 1995).

La micro-cavité Canadolo est rapidement atteinte et la visite révèle encore cette fois la présence de la mystérieuse substance gélatineuse accrochée aux mousses. La lampe UV en change la couleur, elle passe d’un marron verdâtre à un rouge flamboyant. Il est prévu une demande d’avis auprès de mycologues locaux.

Retour aux véhicules en prospectant de nouveau ce sympathique massif calcaire et fin d’une sortie qui aura été économe en carburant, c’est notable en cette période de flambée des combustibles.
JCL

 

2026-03-21-Faille-de-Lainosa-LMJC-08

Samedi 21 Mars 2026 – Faille de Lainosa – Olcani

Samedi 21 mars 2026
Spéléo, topographie, rééquipement, chiro
Faille de Lainosa, Olcani

Participants
ITP : Sandra A., Cathy B., Jean-François B., Antoine B., Christophe C., Michèle C., Adriana D. C., Antonio E. G., Jean-Claude L. M., Benoit R., Vanessa et Louis-Mathis S., Franck Z.,

TPST : 4h30
Température et humidité : 12° et 77% en bas du P10
Chiro : 3 petits rhinos

Nouvelle profondeur : 99 mètres

Cela fait un moment que j’avais en tête de refaire cette faille, pas forcément pour le côté grotte, s’agissant d’une longue faille, la partie souterraine étant peu développée, mais plus pour le côté de se faire un P40 et faire mumuse sur corde. Je propose donc en réunion de CA de la mettre en sortie à prévoir. D’ailleurs, en plus de faire mumuse sur corde on profitera de cette sortie pour continuer la topo au niveau du P10 qui n’a toujours été pas faite.

La dernière sortie date de novembre 2022, ça date. En relisant le dernier CR, il est mentionné que de l’équipement était à revoir/faire, Jeudi soir je prépare l’équipement et le perfo avec quelques spits, nous prévoyons, de faire un fractionnement sur le P40 (au niveau de la seconde dev — idée finalement rejetée –), rééquiper le réseau de gauche où il y a un P10 et le réseau de droite car tout sur AN).

13 personnes se sont retrouvés samedi matin au local à 8h pour le traditionnel café, puis vient la répartition des personnes entre les différents 4×4, puis départ vers Olcani pour environ 45 min de route.

Nous débutons la piste 4×4 de Olcani, piste qui traverse le cap d’Est en Ouest, reliant Olcani à Sisco, après 30 min de ballotage et stop à l’une des nombreuses épingles, on se change et nous nous apprêtons à se faire lacérer par les ronces et autres végétations. Depuis l’incendie, la végétation a bien repris ses droits, mais globalement nous avons bien progressé aidé par JC et sa trace qu’il a conservée dans son téléphone, nous avons mis environ 45 min pour accéder à l’entrée de la faille.

On s’équipe, puis je pars à l’assaut de l’équipement avec Antoine, avec un petit débat sur le raboutage de corde au niveau de la tête de puits. Dans le même temps et pendant l’attente, JC montre le plantage de spit en profitant donc de refaire le départ de la MC et faire plus loin un nouvel AF pour un peu mieux avoir moins de débattement de la MC et d’élasticité.

Je commence à équiper la tête de puits, j’entame la descente, installe la plaquette pour la première dev et puis je poursuis à la recherche de ce fameux autre spit pour la seconde dev, chose qu’on avait pas retrouvée en 2022. C’est sans compter sur les indications de JC qui me dit plus haut « Non descend encore !! » et de mémoire je me rappelle d’une photo où le spit de la dev était sur une roche humide, mes recherches se sont donc concentrées sur cet indice, bingo je trouve le spit de la seconde dev, que je mets en place.

Antoine descend et nous continuons pour équiper le P10, les spits sont un peu plus en mauvais états, j’en trouve un, Antoine installera la tête de départ de la MC en mode cordiste je dirais, un nœud de huit d’un côté, puis avec un nœud papillon d’un autre. On a préféré garder des spits pour des sections plus intéressantes, je pense qu’on doit revoir cette MC pour éviter un frottement avec un bloc rocheux plus bas avant le départ du P10.

Antoine me laisse équiper la suite, mais horreur !! les spits sont pourris, sauf un qu’on essaye de décrasser comme on peut. Mais JC arrive avec le dégorgeoir, il décrasse le spit et descendra en mono-point avec Christophe pour aller topographier le P10 et la suite du réseau. Pendant ce temps Antoine fera de l’équipement en rajoutant un spit (pour une tête de puits en deux points) que je lui laisse faire car le temps presse, il fait nuit assez vite encore en Mars et surtout avec le P40 à remonter avec 12 personnes…

Une dev est spittée et mise en place, tout est bon, on poursuit la progression et on rejoint JC et Christophe dans des salles « tectoniques » constituées de blocs rocheux qui demandent qu’à tomber, ici plus besoin de corde, il s’agira juste de se faufiler. De peu Vanessa se retrouve avec un gros bloc sur les pieds suite à son basculement.

Pendant la topo, des thèmes comme gauche/droite/haut/bas/bissectrice me feront perdre un peu la tête, je laisserai le principal intéressé développer la partie topo 😉

Une fois toute la partie topo faite, on remonte, étant donné que le P40 peut être long à remonter pour bon nombre d’entre nous. On a eu l’idée de déséquiper le P10 pour aller équiper le réseau droit, me concernant, je pars remonter le P40 pour aller manger et surtout me changer.

Les derniers remonteront la faille vers 16h, ils mangent rapidement puis nous entamons la redescente avant qu’il ne fasse nuit et qu’on se fasse surprendre comme lors de la dernière sortie où certains se sont perdus dans le maquis de nuit.

Nous nous changeons, on remonte dans nos 4×4. Mais avant, quid de : nous repartons vers Nonza, où continuons nous sur la piste pour redescendre à Sisco ? Je chauffe un peu tout le monde pour prendre la seconde option, et puis tant qu’à faire faisons un peu d’aventure !! Direction le col Saint-Jean, MAIS, horreur et abomination, la piste à 600 mètres du col est complètement éventrée avec de grosses saignées rendant le progression impossible, et puis il fait nuit !! Nous prendrons la décision de faire demi-tour, pas le temps de chercher par où continuer !! Bravo Benoit, d’autres idées de ce genre ? 😁😁

En bref :

Note topo d'équipement mise à jour:
Départ en MC : C28 = 2S > 2S > 1AF > 1AF > P40
P40 : C50 = 2S (tête de puits), ⇓3m 1S (Dev), ⇓25m 1S (Dev)
Réseau gauche P10 : C25 = MC 1AN+1S > 2S (tête de puits) > ⇓5m 1S (Dev)
Réseau droit P8 : C15 = 2S (tête de puits) > ⇓3m 1S (Dev)

Benoit R.


Un des objectifs de la sortie était de réaliser les relevés topographiques de la portion de cavité qui suit le P10 de la branche de gauche.

Un binôme se constitue, Christophe au lasermètre, JC au compas, au clinomètre et au carnet.

Pour rappel, topographier une cavité c’est en faire une représentation graphique dans un souci documentaire. C’est le « trésor » des spéléos, c’est une des raisons d’être de l’activité, explorer le milieu souterrain, étudier le milieu souterrain, et donc le documenter et en partager la connaissance.

Les mesures sont à prendre de point en point. Chaque point est matérialisé sous la forme d’un quadrilatère en prenant les distances gauche, droite, haut et bas. Idem au prochain point dont on relève la distance, l’orientation et la pente par rapport au précédent, on forme ainsi un volume. L’adjonction de tous les volumes successifs donne au final une représentation tridimensionnelle de la cavité.

Des logiciels aident maintenant à la réalisation des topos et épargnent les topographes des fastidieux calculs trigonométriques d’antan.

Un des plus simple et répandu est Visual Topo. D’autres plus ou moins complexes sont également disponibles, TopoDroïd, Auriga, GHTopo, Cyber Topo, Thérion etc.

Documentations :

Une vingtaine de mesures plus tard c’est dans la poche. Cette partie de la cavité est particulièrement instable, Vanessa fait basculer un bloc qui a failli lui écraser une jambe, idem pour Christophe qui se retrouve avec un pied coincé par un bloc au fond de l’étroiture verticale terminale. Heureusement plus de peur que de mal, mais la vigilance est de mise dans ces cavités non karstiques où les blocs rocheux ne sont pas collés par la calcite.

La petite recherche de la faune locale en bas du P10 n’a pas été fructueuse, quelques collemboles et un ver non déterminé. L’utilisation d’une lampe UV n’apporte rien au niveau des bestioles, par contre elle révèle bien la flore et en particulier des lichens en paroi en bas de ce P10.

Bonne surprise une fois les reports effectués, la profondeur atteint les 94 mètres, et frôle même les 100 mètres si on ajoute l’estimation de 5 mètres du réseau supérieur après mise à contribution de JN. Ce réseau supérieur n’a pas encore été topographié, de quoi motiver un retour sur site …

JCL