Samedi 4 avril 2026
Spéléo, radon, chiro, entomo, spél’art…
Cast. 1, Oletta
Participants
ITP : Michèle C., Wanda C., Henri-Pierre F., Jean-Claude L. M.
TPST : 3h00
Chiros : 4 ou 5 grands rhinos, 1 ou 2 petits rhinos
Température : 14,6°
Le week-end à Ghisoni tombant à l’eau les radonneurs se mobilisent pour la pose d’un détecteur dans Cast 1. Après un petit café au local en compagnie d’Anto, Franck, Benoit et Laureen qui eux se sont décidés pour une journée falaise, Wanda, HP et JCL rejoignent Michèle sur le parking de l’Aliso.
La première partie de la piste semble avoir été entretenue, mais dès la ruine c’est la fête des asphodèles. Les alentours du pylône sont également envahis par les hautes hampes florales.
Direction l’entrée artificielle pour la pose du détecteur radon en partie basse de la cavité.
C’est l’occasion de tester la nouvelle voie créée lors du dernier exercice secours mais qui n’avait pas pu être essayée.
C’est JC qui s’y colle. Depuis les 2 broches qui se situent en haut du plan incliné intermédiaire continuer sur la même paroi et utiliser un 1er amarrage foré puis 2 autres en tête de puits. C’est la pénurie de sangle au local, JC utilise donc quelques dyneemas et pique au passage la déviation habituelle pour l’installer sur un autre amarrage foré sur la paroi en face à environ 4 mètres su fond. Cette voie est un peu plus technique que la voie des initiés, mais elle permet de ne pas les gêner et de pouvoir intervenir plus rapidement dans le puits en cas de besoin.
La corde d’assistance est ensuite raboutée et mise à contribution pour le ressaut du grand plan incliné.
Le détecteur radon est mis en place au niveau du chien, du moins de ce qu’il en reste. Un grand rhino, toutes ailes déployées, est collé en haut de la paroi dans une position peu courante.
La recherche de bestioles s’avère infructueuse.
Retour en surface pour casser la croute, bien installés au soleil.
Retour sous terre l’après-midi pour les membres de cette nouvelle commission de la LISC, la commission spél’art 😀 , mais par le circuit d’initiation classique. Le but est d’intégrer le plus artistiquement possible le moulage anatomique découvert lors d’une précédente sortie. Après la salle du Veau suivent le puits de la Chèvre, la salle de la Chèvre, la vire de la Chèvre, bêê !
La corde de descente depuis la vire a été tonchée sur le plan incliné, la gaine est rongée au ¾, un nœud d’isolement est ajouté permettant ainsi de s’exercer à ce passage particulier.
Après avoir accompli leur mission et une nouvelle recherche infructueuse de bestiole les spél’artistes retournent en surface de façon plus ou moins rapide.
Retour au local pour le rangement du matos.
A prévoir : une corde d’une quinzaines de mètres pour remplacer celle qui est tonchée et couper des sangles, c’est la dèche.
JCL
Je te salue ô merveilleuse fente
Qui vivement entre ces flancs reluis
Je te salue ô bienheureux pertuis.
Pierre de Ronsard, livret de folastrier, 1553
À la Vesprée, ils font des fresques
Ithyphalliques et pioupiesques
Arthur Rimbaud, le cœur supplicié, 1886
Les flammes de la terre s’évadent par les seins
Paul Eluard, Capitale de la douleur, 1926
La femme remonte à la plus haute Antiquité
Alexandre Vialatte, passim
Décidément les découvertes s’enchaînent pour la commission scientifique de la LISC à l’occasion du placement de dosimètre radon dans différentes cavités de l’ile.
- 14 Mars 2026 : redécouverte de coléoptères Parabathyscia à Suterratta. Une nouvelle recherche des Parabathyscia de Corse est envisagée avec l’aide de Jean-Michel Lemaire, en vue d’un barecodage DNA afin de clarifier les différentes espèces, notamment Parabathyscia Lamilzai et Raffaldii qui sont controversées.
- 28 Mars 2026 : découverte à E Sulane d’un rarissime crâne d’escargot bleu, probablement de type oxychilus.
- 4 Avril 2026 : découverte à Cast 1 d’une exceptionnelle figure vulvaire pariétale.
Rares en Corse sont les manifestations d’un art pariétal des cavernes.
La Grotta Scrita à Olmeta du Cap, en fait un ancien tafone, comprend 21 figures d’époque différentes, peintes à l’ocre rouge et remontant pour les plus anciennes à 2000 ans avant JC. (cf CR du 3 Janvier 2016).
Les fouilles menées par l’équipe de Michèle Salotti et d’Élisabeth Pereira, dans Cast 1 et Cast 3 au cours des années 90, avec l’aide des Topi, avaient conduit à la découverte de nombreux ossements datés au Carbone14 du Pléistocène moyen (774 100 à 129 000 BP) et supérieur (129 000 à 12900 BP): prolagus Sardus, cynotherium sardous, musaraigne Corse, grand-duc, cerf de Caziot etc… Ce cerf trouvé à -55 m dans Cast 1 n’y était pas arrivé tout seul mais amené par un humain pour y être consommé, d’autant que le puits de sortie foré à l’occasion des fouilles n’existait pas à l’époque. L’hypothèse d’une présence de l’homme bien antérieure à la dame de Bonifacio, (6500 avant JC) s’était imposée. Nommée Homo Ricoveris, cette espèce, contemporaine des Homo sapiens, Néandertalis et Denisovien, était de petite taille, trapue, dotée de bras puissants lui permettant de remonter à mains nues les puits profonds de Cast 1. Un brin courbé de férule commune, collé sur sa tête grâce au latex de la plante, lui permettait de s’éclairer mais expliquerait la disparition précoce de sa chevelure brûlée par adaptation darwinienne. On sait qu’en Corse la férule commune est traditionnellement employée à Pâques pour porter le feu nouveau et des décoctions de férule sont utilisées pour des pratiques magiques. La férule était dans la religion grecque antique l’attribut de Dionysos (Bacchus à Rome) dieu du vin, de la fête, fréquemment associé au bouc et au taureau, animaux caractérisés par leur puissance génésique. Amant d’Aphrodite et père de Priape, son culte était marqué par des fêtes orgiaques. Ces mythes inhérents à l’espèce humaine sont bien sûr éternels et bien antérieurs aux époques romaines et hellénistiques. Les découvertes faites à Castiglione en sont un exemple évident.
L’Homo Ricoveris avait parsemé la salle du veau et de la chèvre de sculptures ithyphalliques.
La commission culturelle de la LISC et surtout JCLM avaient décidé d’orner Cast 1, cavité initiatique, riche de son histoire géologique et scientifique, d’un buste féminin découvert à Cardo. La recherche d’un emplacement dans un recoin peu fréquenté de la cavité nous a permis de découvrir une magnifique figure vulvaire inconnue jusqu’à lors. Nous l’avons surmonté de notre buste créant ainsi une nouvelle œuvre d’art à fort potentiel symbolique, unifiant féminité, passé et présent. Il est proposé de nommer cet emplacement « fissure d’Hélène » dans la topographie de la grotte. Nous vous laissons le plaisir de la découvrir lors d’une prochaine visite de la cavité.
Dans les grottes occupées par des chauvesouris l’accumulation de guano est la cause d’une biocorrosion importante. Le dégagement d’acides phosphoriques et sulfuriques détruit les œuvres pariétales peintes. La faible fréquentation de Cast 1 par les chiroptères laisse espérer la découverte d’autres figures pariétales. Une ré-exploration attentive notamment à la recherche de représentations mammaires est nécessaire.
Le Docteur Gobert, s’appuyant sur la valeur apotropaïque de l’exhibition de la vulve et la puissance attribuée au pudendum muliebre, pensait que « les vulves gravées étaient des sortes de phylactères dirigées contre des forces mauvaises ».
Prenons garde cependant de réécrire le passé dans une perspective genrée. Les théories gynocentriques de la préhistoire partagent un point commun fondamental avec les prémisses androcentriques, c’est qu’elles utilisent toutes deux des paradigmes sexistes pour reconstruire le passé que la commission scientifique de la LISC ne saurait cautionner.
PHP
Commission culturelle de la LISC


































































