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Samedi 21 février 2026 – Grottes de Coscia et Santa Catalina

Samedi 21 février 2026
Spéléo-VTT, chiro and C°
Grotte de Coscia, Rogliano
Grotte de Santa Catalina, Sisco

Participants
ITP : Michaël D., Jean-Claude L. M.

TPST : 0h30

Parfois le déclenchement d’une sortie spéléo suit un parcours alambiqué.

  • D’abord une info d’Alain T. à propos d’un site préhistorique, voire protohistorique sur le mont Stanti dans le Cap
  • S’en suit un projet de circuit VTT relatif à cette info
  • Vient ensuite une demande d’info de Micca à propos de la grotte de Coscia
  • Modification du projet VTT en intégrant la cavité dans le parcours ainsi qu’un ancien moulin à vent

Il ne reste plus qu’à attendre une fenêtre météo propice.
Celle-ci se présente en ce doux samedi de février, du soleil et surtout pas de vent, ce dernier étant parfois redoutable dans le Cap.

Départ du port de Macinaggio et direction Rogliano par la route.
Premier détour pour la visite de l’ancien moulin à vent San Bernardinu. Celui-ci est décapité mais le premier étage est encore accessible par un escalier subcirculaire, 2 meules sont encore en place. Des fenêtres permettent une vue panoramique englobant Tomino, Rogliano, Macinaggio et le Cap.
Nous nous apercevons alors que l’escalier menace de s’effondrer, des étais en bois retiennent plus ou moins les pierres qui le constituent. Il est dommage de laisser ce patrimoine historique se dégrader ainsi.

Remontée vers la route, puis un raccourci par le maquis et direction maintenant le mont Stanti.
Petit arrêt à la modeste chapelle Sant’Erasmo où seul l’autel permet de classifier visuellement ce monument en ruine.
Prochaine étape le mont Stanti, accessible par un raidillon … bien raide. Là aussi le panorama à 360° sur Le Cap est magnifique.
Après un peu de prospection Micca repère le « fameux » menhir en schiste dans le pourtour d’un enclos en pierres, bien caché par les lentisques. Attribué à une période protohistorique, ce dernier ferait bien rire Obélix.

S’en suit une belle descente sur piste vers la côte et poursuite de notre périple par le sentier des douaniers.
Cala Francese, Cala Genovese, rade Santa Maria, petit salut aux iles Finocchiarola, plage de Tamarone et enfin la pointe de Coscia avec un détour vers la grotte éponyme.
Les portes métalliques de ce site archéologique brillent par leur absence. Visite rapide avec 6 petits rhinos et 1 grand comptabilisés.
Descente jusqu’au porche de la grotte des Embruns, mais faute de vêtements adéquats cette dernière ne sera pas visitée.

Nous reprenons le sentier des douaniers jusqu’à la plage de Macinaggio et la capitainerie. Fin du périple VTT après 5h00, 21 km, 500 m D+ et de beaux souvenirs plein la tête.

Après un rapide casse-croûte nous reprenons la voiture vers la grotte de Santa Catalina.
Visite rapide là-aussi avec pour objectif la pose un capteur Radon* en vue de mesurer sa présence dans certaines cavités insulaires.
Nous y comptabilisons là-aussi 3 petits rhino, 1 grand et 1 minioptère.

Retour vers le sud après une journée bien remplie et d’autres projets combinant spéléo et VTT en tête.
JCL


*Compléments d’info avec quelques données recueillies par Wanda et HP à propos du radon :

Les facteurs de diffusion du gaz radioactif radon produit par l’uranium des roches sont complexes. Les taux maximum de radon se trouvent au printemps et en automne dans les grottes, les alternances de circulation d’air (entrée/sortie) augmentant, les taux minimums en hiver. Le remplissage du karst joue un rôle important.
Il semble que plus un calcaire contient de sable (calcaire gréseux) et surtout d’argile (calcaire marneux) plus il est radioactif. Probablement si les calcaires sont encaissés dans des schistes les taux de radon sont plus élevés.
Les taux maximum se retrouvent donc dans des grottes mal ventilées, à remplissage important, avec présence d’une faille et proximité de roches granitiques ou schisteuses.
Les premières touchées par le radon sont probablement les hôtes habituels des grottes, les chauves-souris et les professionnels de la spéléo, pas les amateurs.

Une cartographie du potentiel radon des communes a été réalisée par l’Institut de Radioprotection et Sûreté Nucléaire (IRSN) :

Catégorie 1 :
Communes localisées sur des formations géologiques présentant les teneurs en uranium les plus faibles.
Formations calcaires, sableuses et argileuses consécutives à des grands bassins sédimentaires et à des formations volcaniques basaltiques.

Catégorie 2:
Communes localisées sur des formations géologiques présentant des teneurs en uranium faibles, mais sur lesquelles des facteurs géologiques particuliers peuvent faciliter le transfert du radon depuis la roche jusqu’à la surface du sol, augmentant le risque pour les bâtiments (failles importantes, ouvrages miniers souterrains…).

Catégorie 3 :
Communes qui, sur au moins une partie de leur superficie, présentent des formations géologiques dont les teneurs en uranium sont estimées, plus élevées que les autre formations (massifs granitiques, certaines formations volcaniques mais également certains grés et schistes noirs).

Wanda-HP


2026-02-21-Macinaggio-Moulin-Stanti-Francese-Coscia-Macinaggio-MD-09
« de 59 »

Mardi 2 décembre 2025 — Trou de la Barre / Grotte des Cordonniers — Trassanel (11)

Mardi 2 décembre 2025
Spéléo, désob’, visite
Trou de la Barre / Grotte des Cordonniers, Trassanel (11)

Participants
ITP / SCM / GPS : Jean-Noël D.
Gruissan Prospection Spéléo : Jean-Marie B., André M.
Autonome : Daniel M.
Gente canine : Bosco

TPST : une heure

Tiens si on revenait aux fondamentaux, la désob ! Lors des fouilles archéozoologiques au Trou de la Marmite, Cédric le scientifique avait suggéré que le crâne de lion trouvé au fond de la cavité et daté de plus de 50 000 ans y était arrivé par une autre voie que la simple gravité. Or une cavité située à quelques centaines de mètres en amont du sentier et située plus bas, au même niveau que le fond de la Marmite, pourrait être cette porte d’entrée. Le dénommé Trou de la Barre – situé à flanc de vallon, au pied d’une petite barre rocheuse – se présente comme un porche d’environ 6 m de diamètre, quasiment comblé par de la terre quand notre ami Daniel avait commencé à le creuser.

Gros travail de terrassement pour obtenir une galerie terreuse de 5-6 m se terminant dans une petite salle dont le fond est entièrement obturé par une coulée de calcite. Aucun courant d’air ! Un boyau étroit de 1 m part en partie supérieure mais pas d’air. Les tentatives de microfracturation ayant produit peu de résultat, il a fait appel à Jean-Marie et André pour des moyens plus costauds.

Une heure de route puis une sympathique balade de 20 mn qui emprunte le sentier d’accès à la Marmite puis on oblique en contrebas sur le versant gauche du ruisseau de Matte Arnaude. Bosco est heureux de gambader dans la montagne. Pour ma part j’ai récupéré de mes fracas de samedi dernier.

Les copains sont en plein boulot, malheureusement les moyens costauds ne seront pas plus efficaces malgré la puissance de la détonation qui a dû réveiller tous les habitants de Trassanel ! On creuse quand même au niveau du boyau mais quelques gamates de terre plus tard, JM baisse les bras. Peu d’espoir. Daniel y croit toujours et va rester attaquer le bas de la coulée au marteau-burineur…

Il est midi trente, notre trio casse la croûte puis décide d’aller visiter la Grotte des Cordonniers, qu’ils ne connaissent pas, et qui se situe juste en face de l’autre côté du vallon. Mais pour cela il faut descendre dans le lit à sec du ruisseau de Matte Arnaude puis remonter dans le bartas. Heureusement c’est un bartas assez clairsemé mais la progression n’est pas si simple car le terrain est constitué de dalles un peu glissantes et de pierriers calcaires qui roulent sous les chaussures.

Nous trouvons finalement la grotte, belle entrée de 4×4 m au pied d’une avancée rocheuse et entourée d’un bosquet de chênes-verts. L’entrée ogivale se resserre rapidement mais ça passe, seconde étroiture c’est bon mais un petit rhino est au milieu du plafond, ainsi que de belles Meta. Troisième rétrécissement, pas plus étroit mais avec un becquet sur lequel bute mon « large » thorax. Aucune envie de galérer je rebrousse chemin. D’autant plus que Bosco qui voulait me suivre a dû être attaché et qu’il aboie et gémit… Il y a bien un autre passage pour une autre partie de la grotte mais le repos au soleil avec le chien cela a du bon.

Les copains ressortent de la première galerie, qui a peu d’intérêt, pour aller se balader dans la seconde partie. Plus intéressante avec de belles coulées mais leur progression s’arrêtera assez vite, il faut au moins une ceinture et des longes pour passer une vire exposée et puis c’est un peu labyrinthique. En les attendant j’ai découvert sur le net une vidéo de la visite de la cavité par le SCA, j’en ai vu plus qu’eux ! L’e-spéléo est en marche.
https://www.youtube.com/watch?v=iDZPMCuqffo

Pour le retour on décide de grimper directement sur la crête, ce qui devrait nous amener au col mais ce fut quand même un peu ardu, pentu avec dalles et pierriers.

Retour facile ensuite aux voitures en 10 mn, il est 15 h 30.

JND

Vendredi 14 novembre 2025 — Carrières de Caumont — Caumont (76)

Vendredi 14 au Dimanche 16 novembre 2025
Spéléo, visite
Carrières de Caumont, Caumont (76)

Participants
ITP / Spéléo Corbières Minervois / GPS : Jean-Noël D.
FFS : David B. et Alizée, YY et XX

TPST : deux heures

Cette fois, la réunion du Conseil d’administration de la FFS va se faire en présentiel. Lieu ; près de Rouen, en Normandie ! C’est pas très karstique cette région ! Et en plus un peu éloignée des résidences de la plupart des administrateurs. Oui mais depuis que Paul Rabelle, président du CSR J Normandie fait le forcing pour qu’un évènement fédéral se déroule près de chez lui, il a eu gain de cause. Pour une fois il n’aura que 20 km de déplacement et non pas 6 à 700 bornes pour aller à Lyon. Le Journées d’Études des Écoles (EFS, EFC, EFPS) se dérouleront également au même endroit.

Mais venant du fin fond du sud de la France, soit environ 900 km, il me faudra au moins deux jours pour y arriver – heureusement j’ai pu faire une halte familiale dans la région tourangelle. Donc arrivée le vendredi en début d’après-midi. Le site – base de loisirs de Léry-Poses – se trouve à 20 km au sud de Rouen. Anciennes gravières aménagées en lac, très bucolique et verdoyant. Peu de monde hormis Paul et Fabienne sa femme, Le président David est déjà parti pour les carrières mais avec un arrêt à Décathlon – on est tous les mêmes…

Il ne répond pas mais je file sur place, bien renseigné par Paul, on verra bien. Une demi-heure plus tard – environ 30 bornes – me voilà devant la falaise de Caumont en bord de Seine. J’attendrai une petit quart d’heure pour voir arriver David et sa petite équipe, de jeunes spéléos. Equipement – light – en bord de route, sous un beau soleil d’automne et nous voilà entrés chez nous : la parcelle de la grotte des Maquisards et la grotte du Pylône ont en effet été acquis par la FFS en 2019, toutes les autres entrées des Grandes Carrières sont en effet sur des propriétés privées et cela posait quelques difficultés aux spéléos locaux. Heureusement un passage bas dit de l’Enflure (un spéléo du coin un peu « barge » et peu cachotier, avait désobé tout seul une chatière sans en informer les copains…) permet de rejoindre les grands réseaux.

C’est parti pour une visite dans du grand, grand… Grâce à la topo fournie par Paul on découvrira tous les trésors de ces carrières, entre autres la Rivière des Robots, les lacs, les cheminées et l’usine allemande pour finir dans la Galerie de la Luxure. Ils ont de l’imagination ces normands.

La meilleure description des lieux a été écrite par Paul dans un Spelunca N°161 de 2021, laissons lui le clavier :

« La Normandie, de par ses plateaux et ses aquifères karstiques, la vallée de la Seine et la côte crayeuse d’Albâtre, constitue la vitrine naturelle du karst de la craie en Europe. Au cours du Quaternaire, le karst normand, formé de vallées et de dépressions en surface ou sous les rochers et sédiments cénozoïques, ainsi que de grottes actives et fossiles, a subi des modifications géomorphologiques, environnementales et anthropiques. Ce triple impact sur le karst normand est visible dans plusieurs cavités souterraines notamment les carrières-grottes de Caumont (le Mont Chauve).
Le système de carrières-grottes de Caumont (département de l’Eure) constitue 14 km de carrières souterraines trépanant 4,5 km de conduits naturels documentés et partiellement remplis de dépôts fluviaux, de spéléothèmes et autres. Ce plus grand système souterrain en Normandie abrite à la fois des carrières exploitées jusqu’au xxe siècle et un réseau naturel de plus de 4 km de développement. Depuis l’achat des deux carrières des Maquisards et du Pylône par la FFS en 2019, l’accès y est alors plus structuré, permettant ainsi la mise sur pied de plusieurs nouveaux projets d’exploration et de recherche scientifique.
Les assises de craie au-dessus des galeries creusées mesurent jusqu’à 120 m d’épaisseur. Les carrières comprennent plusieurs ensembles de galeries dont les treize entrées principales sont privées dont deux fédérales qui s’ouvrent vers la vallée de la Seine. La plus grande des carrières est celle des Grandes Carrières de Caumont avec un développement cartographié de 10,4 km et qui s’étend sur une superficie estimée de 171 000 m2, tandis qu’au nord, la Carrière de la Jacqueline mesure 0,4 km de longueur et 7 000 m2 de surface. D’autres carrières privées comme celle de la Carrière du Consul restent fermées au public. Les galeries de la Carrière des Maquisards s’étendent sur 1,6 km de longueur et couvrent 61 000 m2 alors que celles du Pylône s’étendent sur 1,6 km de développement et couvrent 58 000 m2 de superficie.
Utilisée principalement comme pierre à bâtir, l’exploitation de la roche dite pierre de Caumont ou craie de Caumont est documentée à partir de l’époque médiévale (xiiie siècle), mais est probablement antérieure. Elle s’est principalement développée à partir du xvie siècle et a connu son plein essor du xviie au xixe siècle. À partir du début du xxe siècle, l’exploitation de la pierre de taille décroît et s’arrête définitivement peu après la Première Guerre mondiale. La pierre de Caumont est une craie du Coniacien, c’est-à-dire un calcaire formé de fragments microscopiques (<20 μm) de coccolithes. Cette craie se caractérise en particulier par la présence de 10-45 % de pores rhomboédriques évidés (20-200 μm), qui sont dérivés de la dissolution de cristaux de dolomite formés après la sédimentation carbonatée. Pourtant, la pierre de Caumont est une roche relativement légère avec une résistance à la compression adéquate. Ces caractéristiques expliquent l’utilisation massive de cette roche à travers les siècles, même si son principal problème est la facilité de pénétration d’eau dans la roche provoquant sa détérioration rapide en comparaison avec d’autres pierres à bâtir, notamment celles de Caen ou de Paris.
Au milieu du xxe siècle, les Grandes Carrières de Caumont connurent d’autres usages. Par exemple, les vestiges d’une usine allemande, construite entre 1943 et 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale, longent actuellement une galerie. Il s’agit d’un ouvrage en béton de type bunker s’étendant sur 300 m de long. Ce bâtiment était destiné à la fabrication d’oxygène liquide, gaz initialement prévu comme carburant pour les fusées V2. La construction de cette usine n’a pas été achevée et les objectifs liés à sa construction n’ont jamais été atteints. Après la Seconde Guerre mondiale, une champignonnière dans les Grandes Carrières fut implantée en 1962, au sud de l’usine allemande. Son activité ne dura que quelques années. Actuellement, cet espace souterrain sert à des activités d’exploration et d’initiation à la spéléologie.
L’exploration des galeries naturelles, dites grottes dans le sens spéléologique du terme, remonte aux premières activités d’exploitation des carrières de Caumont. Les carriers découvrent les galeries naturelles remplies de sédiments au fur et à mesure de l’avancement du front de taille depuis la Seine vers le plateau crayeux. Par endroits, les conduits naturels sont très éloignés des entrées de la carrière. Dans d’autres, ils accompagnent le développement des galeries d’accès (ex., le réseau de la Jacqueline). Il est possible que les carriers aient utilisé les drains (naturels) karstiques pour faciliter la découverte de la pierre d’une qualité exceptionnelle pour la construction. Il faut attendre la visite d’Édouard-Alfred Martel à la fin du xixe siècle pour voir publier les premières descriptions spéléologiques du système de Caumont, accompagnées d’un plan du réseau de la Jacqueline.
Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que les premières études de certaines galeries du réseau naturel (exemple, rivière des Robots ou rivière Blanche, grottes de la Jacqueline, Pylône, galerie du TCF, Grande Faille, salle du Chaos et de la Couronne) furent entamées. À partir de 1965, plusieurs clubs spéléologiques de la région se lancent dans l’exploration du reste des galeries naturelles de Caumont, surtout les remontées systématiques des cheminées grâce à une technique spécifique d’escalade. Ces découvertes mettent ainsi au jour les galeries fossiles supérieures du plus grand réseau souterrain naturel du Bassin de Paris. S’ajoutent à ces explorations verticales, de nouveaux essais de plongée dans le siphon de la rivière des Robots, au-delà de la voûte mouillante, afin de prolonger son exploration. De 1970 à 1980, plusieurs essais de plongée menés d’abord par le Spéléo-club de Rouen et ensuite par les équipes de spéléo-plongeurs de Paris, explorent quelques siphons liés à la zone noyée de ce système, dont le siphon Michel qui se prolonge sur 930 m de conduits noyés. En 1990, de nouvelles explorations en plongée souterraine dans la branche noyée du système effectué par le club BREN prolongent le développement du siphon Michel jusqu’à 970 m. D’autres types d’explorations ont accompagné les découvertes des conduits noyés du système de Caumont, notamment des travaux de désobstruction dans les galeries naturelles en évacuant une partie de leurs propres dépôts et rendant ainsi leur accès plus confortable pour les équipes spéléologiques.
Plusieurs chantiers de désobstruction ont été conduits pour connecter les carrières entre elles comme celle de la liaison entre la carrière des Maquisards et les Grandes Carrières de Caumont. D’autres travaux de désobstruction sont toujours en cours afin de compléter les explorations des niveaux supérieurs.
(…) »*

Deux heures plus tard, sortie à la nuit tombante et retour à la base pour le premier apéro. Samedi et dimanche seront bien chargés en discussions et échanges.
Un weekend très sympathique.

JND

* Paul Rabelle, Carole Nehme, Daniel Ballesteros, Damase Mouralis et Aude Paichault, Les carrières-grottes de Caumont revisitées (Normandie), Spelunca N°161, 2021

Dimanche 9 novembre 2025 – Mine de Bauxite de Tourves-Mazaugues – Mazaugues (83)

Dimanche 9 novembre 2025
Spéléo, visite
Mine de Bauxite de Tourves — Mazaugues (84) —
ITP / Spéléo Corbières Minervois / GPS : Jean-Noël D.
CoMed :11 participants
CDS83 : Guillaume C., Doriane D.-F., Éric D.

TPST : deux heures

Cette année, pas de cavités avec plein de spéléothèmes au programme – pourtant elles ne manquent pas dans le Var –, ce sera une visite de mine : les mines de bauxite de Tourves / Mazaugues.

Nous serons pilotés par Éric D. que l’on remercie pour ses commentaires instructifs sur l’exploitation de la bauxite ainsi que les spéléos du CDS83, Doriane D.-F. et Guillaume C. pour leur accompagnement fort sympathique.

Avant tout, quelques explications géologiques fournies par Dominique Blet :

La bauxite est une roche sédimentaire découverte en 1821 aux Baux de Provence dont elle tire le nom. Le terme bauxite désigne en fait un ensemble de roches riches en oxydes et hydroxydes d’aluminium mais dont la composition varie et dont la teneur en silice (résiduelle) conditionne son usage en tant que minerai d’alumine. D’autres oxydes métalliques sont présents dans la roche tels que le titane ou le gallium lui aussi exploité tandis que les oxydes de fer sont éliminés.

La mine de Mazaugues est située au sein d’une bande sédimentaire qui s’étend sur 14 km d’Est en Ouest, logée entre les calcaires à rudistes du Coniacien (-88 Ma) du Crétacé supérieur au Sud et les calcaires blancs du Tithonien (-150 Ma) dernier étage du Jurassique supérieur au Nord.Le gisement de bauxite de la mine de Mazaugues repose sur les calcaires karstifiés du Valanginien (-135 Ma) et sont surmontés par les calcaires noirs du Turonien que nous avons pu observer au plafond des couloirs de la mine.

Le gisement est important et a donné lieu à plusieurs exploitations minières – Mazaugues et Vautruite – ou à ciel ouvert – Equireuil. La mine de Mazaugues a cessé d’être exploitée en 1980. Le minerai était traité par l’usine Altéo de Gardanne qui utilise maintenant le minerai en provenance de Guinée via le port de Marseille. Le procédé d’extraction du minerai d’aluminium – procédé Bayer – consiste à séparer à haute température les oxydes de fer et d’aluminium. Les oxydes de fer sont éliminés par lessivage et donnaient les fameuses « boues rouges » évacuées vers les fosses marines au large de Marseille. Depuis 2013 cette pollution a cessé par retraitement des eaux delessivage et récupération des déchets eux-mêmes exploités. Les oxydes d’aluminium débarrassés des autres oxydes métalliques prennent le nom d’alumine qui est blanche. Ils sont alors traités par électrolyse pour produire le métal aluminium.

Origine de la bauxite
La bauxite de Provence s’est formée au Crétacé qui était, pour ce qui deviendra cette région, enclimat tropical. Il y a eu altération des roches magmatiques du massif hercynien et hydrolyse des feldspaths (série albite-anorthite) conduisant dans un premier temps à la formation d’argile (kaolinite) puis le climat chaud et très humide a permis la poursuite de l’hydrolyse de l’argile formée conduisant au lessivage des ions solubles et à la ségrégation des minéraux insolubles – les hydroxydes métalliques (fer, aluminium, gallium et titane). Les hydroxydes insolubles sont alors transportés (par gravitation et transport fluviatile) dans les zones en creux déjà existantes, bassins et paléo karst. La présence dans la mine de puits et salles d’originekarstique explorées par nos amis spéléologues atteste du rôle du paléo karst en tantque lieu de sédimentation. Les mines de fer du plateau de Lacamp dans l’Aude relèvent du même processus sédimentaire. Il n’est donc pas étonnant que la bauxite repose sur les calcaires karstifiés du Valanginien qui est le deuxième étage du Crétacé.

Les roches prélevées dans la mine de Mazaugues
La bauxite tigrée est un bel assemblage de nodules rougeâtres (pisolites ferrugineux) ou blancs (aluminium) dans une gangue de silice. Les carbonates sont absents.

La roche noire du turonien est un mélange complexe de calcaire, de débris végétaux noirs qui teintent l’ensemble bien que peu abondants et surtout d’éléments silicatés abondants (sable) correspondant très certainement à une série fluvio-lacustre.

Cette superposition de strates est très visible sur la photo ci-contre. Le calcaire turonien, très foncé, apparait au plafond.

Dominique B.

Dimanche matin, neuf heures, départ de la tribu CoMed pour retrouver nos guides,directionensuite Mazaugues à une cinquantaine de kilomètres au nord de Toulon. Une courte piste et on stationne devant le portail de l’usine abandonnée de Trouves / Mazaugues. Équipement léger, casque et combi suffiront. Une fois le portail franchi, la matche d’approche sera de cinq minutes, en terrain plat. Nous voilà devant l’entrée blindée de la descenderie. Pour des raisons de sécurité, le site est bien protégé.

On descend dans un tunnel relativement large de 2-3 m, avec une hauteur sous plafond de même dimension et en pente régulière. Le filon rouge de bauxite est bien visible

 

 

 

 

Quelques centaines de mètres plus loin, la progression devient horizontale, la section des galeries rectilignes est identique. Sur le mur, un peu plus loin, c’est le tableau des jetons de recette, les travailleurs pointaient tous les jours. S’il en manquait un le soir, c’est qu’un mineur était toujours au fond.

On découvre une voie unique, un rail noyé dans le sol rouge boueux. On le suit sur plusieurs centaines de mètres, toujours dans le tunnel, puis un aiguillage donne naissance à une deuxième voie parallèle. Un peu plus loin encore une bretelle de raccordement entre les deux voies.

On peut observer des strates de bauxite d’une cinquantaine de centimètres d’épaisseur.

Nous voilà à l’espace qui servait de dépôt, embranché sur la voie principale et où est encore en place un locotracteur.

Descente dans une galerie perpendiculaire avec pente plus importante, la traction des berlines se faisait par un treuil situé dans un renfoncement en haut de la galerie.

En bas une série de cavités supportée par des piliers donne à voir plusieurs chantiers desservis soit par des sauterelles, soit par des plaques tournantes ou encore des aiguillages.

En certains endroits, il faut mieux éviter de lever les yeux au plafond…

Au fond d’une galerie, un wagonnet abandonné, qui devait servir à acheminer les rails au fond de taille.

Des empilements de rails sont encore en place sur une hauteur de 1 m.

Fin de la galerie, nous ne pouvons aller plus loin car l’eau affleure. La galerie disparaît sous l’eau.

Au retour, on découvre une berline bien pliée, sans doute victime d’un éboulis, de multiples effondrements dû aux infiltrations ont été observés.

Balade ensuite dans des galeries de bien plus grandes dimensions, sites d’extraction plus récents, des engins pouvaient y circuler. Le plafond est conforté par des boulons.

Poursuite des déambulations, la galerie est fermée par une paroi métallique avec un soupirail en son point bas. Ce serait une banale étroiture à franchir car derrière cela continue, mais la suite est en partie inondée. L’endroit est idéal pour la photo de groupe.

Nos guides nous mènent vers une galerie ressemblant plus à un boyau de spéléo, qui permet l’accès à son extrémité à une vraie grotte ; une coulée stalagmitique, quelques ressauts, un vrai puits de 10 m et une suite… Sniff, on n’est pas équipés.

Voilà le temps du retour, TPST au moins deux heures. On retrouve le soleil, nos guides doivent nous quitter pour cause d’obligations familiales. Ils nous indiquent un site idéal pour aller pique-niquer : le Saut du Cabri dans les gorges du Caramy, à quelques kilomètres.

Bien restaurés, on se concerte pour trouver une petite rando pour éliminer ces agapes. JP propose le monastère et la grotte de Marie Madeleine, haut-lieu touristique de la Sainte Baume ; ce n’est qu’à quelques kilomètres. Mais plus on s’approche, plus la densité de véhicules en stationnement s’accroit. Au départ du sentier ce sont plusieurs centaines de véhicules qui sont garées ! Pas question d’aller grimper avec cette foule.

Brigitte trouve un plan B, une boucle de 7 km pour aller découvrir la source l’Huveaune ou résurgence de la rivière de la Castellette – la grotte éponyme se situant juste au-dessus. Mais vu l’heure un peu tardive – il est 15 h 30 – on se contentera d’un aller-retour, qui fera quand même 6,97 km avec 270 m de dénivelé (sans être un calvaire, le Chemin des Roys, qui suit l’itinéraire que les rois de France, les reines, les papes et les pèlerins empruntaient dans leur pèlerinage vers la grotte Marie Madeleine, est une belle grimpette…) pour deux heures de rando, on rentrera juste à la nuit tombante. On aura pu admirer les tufs calcaires créés par la rivière qui a traversé la grotte. Les plus courageux ont poussé jusqu’à la Grotte du Moulin quelques dizaines de mètres plus haut.

Un beau résumé en images : https://www.youtube.com/watch?v=5cdD7BL7VZE

Le lendemain soir, pour clôturer ces superbes journées, balade sur le chemin côtier de Saint-Mandrier. Toujours à la nuit tombante ce qui nous a permis d’admirer un magnifique coucher de soleil.

JND

Mercredi 22 octobre 2025 – Réseau de Balbonne – Caunes-Minervois (11)

Mercredi 22 octobre 2025
Spéléo, visite, équipement scientifique
Réseau de Balbonne (https://ffspeleo.fr/balbonne.html), Caunes-Minervois

Participants
ITP / SCM / GPS : Jean-Noël D.
Gruissan Prospection Spéléo : Jean-Marie et Pierre B., Claire .
Spéléo Corbières Minervois : Christophe B., Michel N.
InvitÉ(E)s : Chloé, XX

TPST : sept heures

Balbonne, un moins 207, est le joyau des cavités de la Montagne Noire. Entre sa découverte en 2017 et décembre 2021, plus de 50 sorties sont nécessaires pour agrandir les conduits jusqu’à une profondeur de 35 m. Le passage est alors possible et permet la découverte d’une cavité fantastique. Dans l’année 2022, près de 2 km de galeries sont explorés et la profondeur de 207 m atteinte. Les explorations sont toujours en cours.

Le CDS 11 a reçu il y a quelques mois une subvention du Fonds Vert – 67 000 € ! – permettant la protection et la mise en valeur de plusieurs cavités de la Montagne Noire, dont Balbonne. Les visites sont possibles mais en nombre limité, tant en fréquentation qu’en nombre de visiteurs, et encadrées par un membre du club découvreur, le SCM en l’occurrence.

Ce fut ma première sortie spéléo locale le 30 mars 2023, mais c’était une sortie désob’ et on s’était arrêté en haut du premier puits à la côte -30. Les sorties qui devaient suivre avaient été reportées car la cavité avait subi un pillage de concrétions. Depuis il y a double porte blindée, caméra de surveillance avec alarme.

Une « sortie senior… » était envisagée depuis plusieurs mois mais ces seniors retraités étant souvent débordés… elle était sans cesse reportée et tenait plutôt de l’Arlésienne. Profitant du projet d’installation de stations météo par Christophe j’ai sauté sur l’occasion pour lui proposer de l’accompagner, ce qui a fait le bonheur de Jean-Marie qui attendait ce moment depuis si longtemps (n’étant pas au SCM mais au GPS, il ne faisait pas partie des visiteurs prioritaires…). Il sera accompagné de Claire, sa compagne et membre de la CoMed et de leur fils Pierre.

Regroupement au parking du hameau de Castanviels, équipement et direction l’entrée qui se trouve à quelques centaines de mètres par un agréable sentier forestier longeant le ruisseau de Balbonne. La première équipe composée de Michel du SCM et de ses deux invitées partira devant. Notre palanquée se composera de Stoche que je suivrai, puis Pierre, Claire et Jean-Marie qui assurera les arrières.

Je ne me souvenais pas que la trémie d’entrée était aussi craignos, certes bien sécurisée mais parfois plus de pieds-droits que de cailloux qui pendouillent un peu partout attendant le moment propice pour se détacher. Succession de ressauts pas bien larges, bien équipés en barreaux, nous voilà rapidement à -35 dans la première salle du réseau, enfin un élargissement…

Voilà le premier puits d’une quinzaine de mètres. Puits en faille, qui a eu le bon goût – bien que pas très large – de laisser le passage sans avoir besoin d’être agrandie. Une dèv’, un fractio, un peu de plein pot et c’est le bas sur des blocs. Encore de la faille verticale sous un monceau de blocs retenus par des chaines… Poursuite en bas de faille en MC, vraiment pas large, je commence à m’inquiéter pour la remontée… il y a quand même de bonnes prises pour les pieds. Une dernière étroiture (passage bas en bombé). Et nous arrivons à -100 sur ce qui ressemble à une galerie.

Ce sera le premier endroit où Stoche a prévu de mettre en place une station météo. Assemblage de tubes PVC supportant un enregistreur des paramètres suivants : température, CO2, hygrométrie et pression atmosphérique, et ce toutes les heures. Autonomie de plusieurs mois de batterie, les valeurs seront relevées lors des prochaines visites.

Surprenant, on est à -100 et apparemment sans connexion proche avec la surface et il y a des griffures de loir sur la paroi… Cela ressemble fort aux griffures de Be Good.

Une vingtaine de minutes plus tard nous repartons, cela a permis de recharger nos batteries personnelles.

Sur la droite, un puits d’une soixantaine de mètres permet d’accéder au réseau inférieur qui descend à -207 et où les travaux de désob’ se poursuivent.

Nous continuerons tout droit où derrière un point bas la galerie s’élargitet offre un beau panneau d’aragonite. Pas mal, mais ce n’est que le début. La galerie se poursuit, terreuse. Plafond de schistouille marron, parois en plaquettes de solidité douteuse. Puis un passage à 90° en vire qualifiée de « péteuse »par Jean-Marie, c’est en effet un peu chaud, gros vide de 10-15 m sous les fesses il faut avoir confiance en la corde et dans les amarrages. Bravo aux équipeurs en première !

Un dernier ressaut et une nouvelle galerie beaucoup plus grande – au moins 30×20 m – mais toujours terreuse. Surprenant car on est en plein dans les schistes et certains endroits sont déjà tapissés d’aragonites. La suite descend en plan incliné, parfois toboggan, sur une centaine de mètres pour se terminer dans des petites salles boueuses, avec des traces de mise en charge. Rien de vraiment transcendant… Mais… on approche du Trésor de Balbonne : les deux galerie supérieures remplies d’aragonites : la Sapinière et la Galerie Olala.

Lors des explos l’accès s’est fait en escalade puis à la corde mais en vue des futures visites encadrées et des explos scientifiques programmées, des échelles en inox ont été installées. Ce ne fut d’ailleurs pas une mince affaire de les amener jusqu’ici en pièces détachées – quand on se souvient de la trémie d’entrée ! Point bas de la visite, environ -130 m.

Mais avant de grimper ces deux tirées de 2×10 m, il faut se désaper, enlever les combis et conserver ceinture ou baudard et longes. Mesure de protection vis-à-vis des trésors blancs qui nous attendent. La place n’est pas bien grande, une plate-forme en dalles de 2-3 m2, surtout qu’on croise la première équipe qui en revient.

Nous voilà dans ces galeries supérieures. La Sapinière en premier puis la Galerie Olala qui lui fait face. Parois et plafond de calcaires noirs, gris et schistes mêlés. Et ce concrétionnement ! ! Les sapinières, certes, infotographiables sans éclairage adéquat. Mais aussi tout le reste. Cristaux d’une incroyable finesse, baguettes ocres avec à leurs extrémités des explosions d’aragonite transparente, lustres… La progression est prudente, sentier marqué par la rubalise, pas question de s’étaler. Les yeux plein d’étoiles scintillantes il faut songer au retour. Difficile, on y resterait des heures.

Stoche installera sa seconde station au fond de Olala et on redescend. Le repas est pris en haut du plan incliné. Remontée tranquille, Jean-Marie prendra la tête de la palanquée, suivie de Claire que je ne lâcherai pas d’un pouce pour bénéficier de leurs conseils.

Vire et faille se passeront finalement sans difficultés mais les derniers trente mètres de la trémie d’entrée seront assez cassants. Certes les ressauts sont équipés de barreaux mais avec la fatigue, jambes et bras ont perdu un peu de force. La sortie au soleil sera bien agréable. Au total une heure de descente et deux heures de remontée.

Comme d’hab’, une fois sorti, on se dit qu’on ne ferait pas ça tous les dimanches, mais quand on revoit les photos on a envie d’y retourner… Il est certain que, connaissant la configuration des lieux et la meilleure façon de passer les quelques difficultés il y aura moins d’appréhension. Quelques crampes le soir et la journée qui a suivi a été vraiment très tranquille !

« Quand on plus de 60 ans et qu’on se réveille le matin dans avoir mal quelque part, c’est qu’on est mort ! »

Bernard Blier

Encore bravo aux désobeurs pour leur opiniâtreté ! ! Leurs compte rendus de sorties sont sur le site du SCM, onglet Balbonne (https ://exploscm.canalblog.com/main-tag/balbonne).

JND

Mercredi 20 août 2025 – Trou des Vents d’Anges – Caunes-Minervois (11)

Mercredi 20 août 2025
Spéléo, visite
Trou des Vents d’Anges — Caunes Minervois (11) —

Participants
ITP :
Albert D.
ITP/Spéléo Corbières Minervois/GPS : Jean-Noël D.
Gruissan Prospection Spéléo : Jean-Marie B.
Invités GPS : Cal, Amp

TPST : quatre heures

De retour de l’Abbaye de Sylvanes pour son traditionnel stage de chant, Albert sera notre invité pour quelques jours. La semaine est riche en projets spéléos. À peine arrivé depuis mardi Albert est embarqué pour une grosse sortie au trou des VDA (les Vents d’Anges), un moins 324 m… Jean-Marie a proposé cette sortie car il reçoit deux grosses pointures spéléos, compagnons de ses aventures en Thaïlande ; Cal, anglais, et Amp, thaïlandaise. Connaissant bien Albert – sortie mémorable en 2015 à St Vallier-de-Thiey pour la traversée Moustiques-Nrelhac) il s’est dit qu’avec dix ans de plus il fallait être raisonnable, d’où deux projets : le départ de l’actif à moins 125 et la Salle des Tuniques Bleues pour les costauds à moins 250.

Pour ma part c’est la première sortie spéléo d’« envergure » depuis un an ; la spéléo ici c’est surtout de la désob’. Je connais un peu les VDA pour y être allé avec la CoMed en novembre 2023 mais je me souvenais que la progression était un peu labyrinthique dans la très grande salle, allais-je retrouver le chemin du retour ?

RDV prévu au café à Villeneuve-de-Minervois à 9 heures avec Kinou le président du CDS 11 pour obtenir la clé, car comme beaucoup de grandes cavités, une porte ferme l’entrée des VDA. Départ de Canet, parcours de 45 mn prévu, et au bout de 20 km, regardant le compteur, je m’aperçois qu’on est en avance d’une heure, planté ! Réveillé trop tôt, j’avais programmé le rdv pour 8 heures…

Sur place on en profite avec Albert pour faire le tour du village avec ses ruelles, château et églises médiévales. Puis on retrouve nos amis à l’heure convenue. Kinou me rassure, la cavité est équipée de nombreux catadioptres, tant à l’aller qu’au retour, il ne devrait pas y avoir de difficulté.

Direction la piste forestière qui mène à Castanviels, habillage, il a plu et les frondaisons sont humides et le temps frisquet. La montée dans la forêt nous réchauffe et une vingtaine de minutes plus tard, nous voilà à l’entrée – cela m’a semblé bien plus court qu’en 2023.

Jean-Marie part devant suivi d’Albert qu’il surveillera comme le lait sur le feu, puis les deux amis de JM et je ferme la marche en mémorisant du mieux que possible les changements de direction. Les catadioptres sont bien là, cela devrait aller. Finalement l’aller jusqu’à -125 se passera bien, tranquillou, bien que JM ait eu besoin d’avoir un œil en permanence sur les longes d’Albert. En parlant de longes je ne me souvenais plus du nombre important de vires à passer, la cavité est bien sécurisée.

Nous voilà à -125 en bas du couloir qui mène au P7 de l’actif. JM est déjà en bas et Albert aimerait bien descendre. STOP ! il faut songer à remonter. Déjà le demi-tour est compliqué car notre ami A… s’enquille dans un passage en sifflet entre deux piliers… il a fallu le tirer ! M’étant arrêté à ce niveau en 2023, je me lance dans le P7, belle descente contre paroi et on prend pied dans l’actif. Ambiance aquatique. Cal et Amp suivent dans problèmes. Devant moi le canyon qui mène à la Salle du Sable, je les laisse partir avec un brin de regret, mais Albert ne sortirait jamais seul…

Remontée du P7, un peu pénible car j’ai oublié le pantin°. Retrouvailles d’Albert et on remonte jusqu’en haut du couloir, à l’entrée de la Salle du CPE pour une pause casse-croûte sous les aragonites. Une fois rassasiés, on sortira en deux heures. Jean-Marie, pour être sûr qu’on ne s’égare pas m’avait confié un carnet avec la recommandation de laisser une feuille avec l’heure de passage en certains points clés. Bonne initiative. Finalement hormis quelques hésitations et une remontée du P6 un peu « chaude » pour Albert, le retour s’est passé sans encombre.

14 h 30 on retrouve le soleil qui a pointé son nez et séché le sentier.Une heure plus tard, aux voitures, on entend des voix, nos amis sortent de la cavité. Finalement ils se sont arrêtés à la Salle du Sable à -234 en abandonnant le projet des Tuniques Bleues. Bilan de la sortie et direction Villeneuve pour remettre la clé à Kinou et surtout partager une mousse.

Belle sortie et bravo Albert pour être descendu aussi profond, souhaitons qu’à 79 ans on ait le même parcours.

JND

Lundi 14 au vendredi 18 juillet 2025 – Canyon, Hautes-Alpes

Semaine du Lundi 14 Juillet au Vendredi 18 Juillet 2025
Canyon, perfectionnement
Hautes-Alpes

Participants : 
ITP : Antoine B., Adriana D.C., Antonio E.G., Benoit R.
CDSC 13 : Jimmy P. (mardi et mercredi)

Contexte :
Antonio passant son stage d’initiateur canyon du 6 au 12 Juillet, il se trouvait que j’avais prévu mes vacances la semaine d’après chez mon père dans les Hautes-Alpes, Antonio m’avait demandé 15 jours avant son départ si je souhaitais faire du canyon avec lui en Isère avec Adriana (qui l’a rejoint après) à la suite de son stage d’initiateur.

Je lui ai de suite proposé de venir dans les Hautes-Alpes, région ayant de plus beau canyon et où sont concentrés les plus gros canyons de France (à l’exception de La Réunion) : Oules de Freissinières, Torrent Chichin, Canyon du Ga, Canyon de la Meije et Oules du Diable ayant tous une cotation supérieure à V5 A4 IV.

Antonio accepta volontiers, nous demandons rapidement à quelques membres pratiquant le plus de canyon au regard des débits d’eau important dans la région et habitués aux eaux froides, seul Antoine est dispo.

Ainsi un groupe se constitue, Antoine, Antonio, Adriana et moi-même, de mon côté j’avais déjà dressé la liste des canyons praticables en cette période, sur DC la couleur est annoncé, une bonne partie des canyons sont reportés 4 gouttes sur 6 (soit Gros Débits) à quelques jours avant notre arrivée, avec Antonio on s’est fait un complément selon ses préférences, mais globalement nous avons fait les canyons que j’avais proposé.

Ainsi 7 canyons sont prévus :
Jour 1 : Amblard (V4 A2 III) et Val Estrèche (V3 A2 II) à la base un autre canyon était prévu mais nous avons choisi ces deux-là au dernier moment (sans regret)
Jour 2 : Le Sauze (V4 A2 IV) et la Blache (V4 A3 II) – peut-être même a4 avec la partie aval
Jour 3 : Pra Reboul (V5 A4 IV)
Jour 4 : Eychauda (V4 A4 II)
Jour 5 : Réallon (V4 A3 III)

Les canyons majeurs mentionnés plus haut sont pas praticables à la lecture des premiers report (ou praticables mais demandant une haute technicité de gestion des cordes et nage en eau-vive obligatoire), mais il semble qu’à la rédaction de CR (2 Août 2025) il semblerait que les débits ont beaucoup diminué

Pour la logistique, j’ai transporté l’ensemble du matériel et les affaires de voyage d’Antoine et d’Adriana avec mon 4×4 car eux, prennent l’avion le dimanche 13 direction Lyon où Antonio va les récupérer avant de filer tout de suite après direction Embrun.

En ce qui concerne le logement, Embrun étant une ville assez touristique, il n’y avait plus de quoi loger, l’alternative était de dormir chez mon père et ma belle-mère, chose qu’ils ont accepté, d’autant plus qu’on a l’espace pour dormir à 4 et de quoi étendre nos affaires canyons pour qu’ils soient sec le lendemain.

Nous n’avons pas choisi d’autre lieux pour le logement, car l’ensemble des canyons se situe au plus loin à 1h de route, Embrun étant vraiment à l’épicentre pour accéder à un très large panel de canyon.

Lundi :
La veille au soir, Antonio me demanda quel canyon nous allons faire, j’avais dans un premier temps pensé à Combe Brunel non loin d’Embrun à 30 min de route, un canyon ayant 45 min d’approche, 2h30 de descente puis 10 min de sortie. Ce canyon je l’avais mis en liste étant donné de la probable fatigue de hier avec leur 3h de route dont une bonne partie route de montagne et l’idée était de se mettre aussi en jambe

Mais Antonio regardant tous les canyons ayant une note à plus de 2,5/4 sur Descente Canyon, une bonne partie étaient situé dans la vallée du Valgaudemar, ces canyons se situent à 1h10 de route donc jouable pour nous.

J’ai proposé Amblard, canyon que je devais faire l’an dernier avec un guide, Antonio étant chaud pour faire un deuxième canyon dans la journée, une rapide recherche nous permet de trouver un canyon juste à côté d’Amblard, à savoir Val Estrèche, pas besoin de prendre de véhicule ou de changer de parking, ce canyon emprunte le même chemin qu’Amblard, juste que le sentier menant à Val Estrèche part à l’opposé d’Amblard.

On regarde les temps d’approche et de descente des deux canyons, et c’est partie nous choisissons ces deux canyons à faire pour aujourd’hui.

AMBLARD : V4 A2 III
Levé à 6h30 pour partir au moins avant 8h car 1h10 de route nous attends, nous arrivons au parking du départ aux alentours de 9h30, on se change, on prépare le matériel et direction Amblard. Pendant la route, Antoine et Adriana se sont occupés de faire les repérages des marches d’approches pour les deux canyons du jour.

Nous arrivons au départ du canyon après 40min de marche d’approche dans une ambiance alpine, au fond nous voyons le torrent « la Crupillouse » alimentant le canyon Amblard, l’eau n’est pas trop froide, pas chaude non plus à ma grande surprise, d’autant plus qu’il est alimenté par un lac d’altitude à 2600m.

Au regard de la cotation du canyon, il n’y a pas de partie aquatique (pas de nage) on sera juste arrosé par les cascades, en parlant d’eux, le canyon commence par une cascade de 25m environ qu’Antonio équipe, Antoine descendra en premier ainsi que moi et Adriana et pour clôturer Antonio, s’en suit d’un plan incliné menant à une succession de deux rappels, la première une quinzaine de mètres et la seconde tout autant il me semble. Ce passage enchaîné donnera pour ma part la plus belle photo canyon que nous avons pris lors de ce séjour.

Ensuite, vient un rappel d’une C20 dont le départ se fait sous un bloc rocheux dont on a pris le temps de prendre encore quelques photos. Un autre rappel d’une quinzaine de mètres lui aussi nous mène vers la cascade finale de 55 mètres.

Antonio descendra en premier et moi en second, la cascade frotte particulièrement il est nécessaire de débrayer, me concernant j’essaye d’éviter l’actif, mais en haut j’entends Antoine me dire de me mettre dans l’axe de la corde, j’essaye donc de passer dans l’actif et bon dieu que ça tape !!! j’arrive tant bien que mal à m’en sortir et à me mettre dans l’axe pour sortir de l’actif de l’autre côté, j’en ressors légèrement assommé mais j’arrive à rester lucide quant à la suite de la descente, c’est une fois en bas qu’on se rend compte qu’il y avait une descente évidente à prendre sans avoir à traverser l’actif, mais ni Antonio et moi nous le savons et encore moins les autres à l’exception d’Antoine qui a su prendre comme il fallait « l’expérience on vous dit !! ».

On prend le temps de se poser un peu, prendre des photos, de débattre avec Antonio sur le débrayable du bas. Nous pensions que le canyon finissait sur la C55 mais non, il nous reste encore une petite marche à faire pour terminer le canyon, le reste est sans trop d’intérêt, une C8 sur AN, de la marche en bloc (très cours 2min haha) rappel final de 5-6mètres qui doit se faire en toboggan je pense.

On remarquera la sortie du canyon en RD avec un cairn, on se déséquipe à minima et rejoignons le véhicule à 20min de marche retour. Au total la descente aura duré 4h (2h30 donné) on aura pris notre temps.

VAL ESTRECHE : V3 A2 II
Si vous pensiez qu’on en a fini pour cette journée et bien pas du tout !! il est 15h lorsqu’on arrive au véhicule d’Antonio, on a le temps de se préparer à manger, se ressourcer et de repartir pour le canyon suivant : Val Estrèche.

Le sentier de départ est le même que celui d’Amblard, mais l’approche semblait longggg surtout après manger sans avoir pris le temps de digérer, ce n’est pas facile, le sentier est propre, nous sommes un peu montés trop haut, Antoine et Antonio de peu se font sauter dessus par un chien berger d’Anatolie assez véhément, heureusement, il était attaché, en effet nous sommes rentrés dans un enclos à mouton où pour le moment on a vu plus les chiens que les moutons… mais bref passons.

Nous redescendons vers la rivière, ce n’était pas vraiment là le départ du canyon. On débutera par une marche en bloc tout ce que j’adore !! le trio était loin devant pendant que moi je trainais… on remarquera 20min plus bas le vrai départ du canyon qui était en RG, bizarre ce n’était pas marqué sur le topo mais bon…,

Le canyon commence par un beau rappel de 20mètres, ah oui j’ai oublié un détail, l’eau était plus froide qu’à Amblard mais tant qu’on bougeait ça allait. Ensuite un peu de marche en bloc pour arriver à une C8 encaissée qui mène dans une goulotte et vers deux C6, la dernière C6 tomba dans une vasque faisant office de marmite avec le débit de l’eau, qu’on peut éviter bien sûr. Mais pour l’exercice Antoine nous dit qu’il n’y a pas de risque, c’est encore plus confirmer car on a pied finalement, c’est ainsi qu’on s’amusa donc à se faire « lessiver » dans cette petite marmite. Puis pour terminer ce canyon un petit C3 et une marche en bloc final de 5min pour trouver la sortie du canyon où on se trouva un peu dans les hautes herbes.

Pour finir cette journée, on aura fait 9h de canyon (marche approche/sortie inclus), nous partons vers 19h pour arriver à 20h chez mon père.

Journée intense, il y avait de l’eau, de beaux paysages, tout le monde était content et je leur ai annoncé que le plus beau est à venir.

Mardi :
Nuit courte mais levé à 6h30 également car nous avons 1h de route pour aller dans la vallée de l’Ubaye, autre rivière connue par les pratiquants de kayak, de rafting, d’hydrospeed.

Encore une journée qui va être soutenue, en effet nous avons décidé aussi de faire un enchaînement, à savoir, le ravin de Sauze et ravin de la Blache, il s’agit du même torrent.

Le Sauze est moins connu que la Blache mais les pratiquants assidus de canyons font souvent l’enchainement, les pro eux font uniquement la Blache et uniquement la partie Amont car moins aquatique que la partie aval.

Nous arrivons au parking vers 8h30, nous voyons déjà une petite équipe de 3 personnes se préparer et dans la dizaine de minutes qui suit un pro avec une dizaine de personnes.

Dans cette journée nous serons accompagnés par Jimmy, pompier militaire de Marseille notamment au GRIMP, il a passé son stage d’initiateur avec Antonio, il était chaud de faire le Sauze qu’il n’a jamais fait, en revanche, il a fait au moins quatre fois la Blache, nous partons donc sereinement.

RAVIN DU SAUZE : V4 A2 IV
Nous débutons par une bonne heure d’approche jusqu’au départ du canyon qui commence d’entrée par une C55, bien que nous puissions le commencer plus haut mais c’est se rallonger de 2h le parcours. Le canyon est gravé dans du calcaire super pour l’adhérence des chaussures, il n’y avait aucune raison de glisser. L’ensemble des relais n’évitent pas les frottements et ça peut parpiner par endroits donc vigilance.

Il est presque impossible de se rappeler l’enchaînement de ce canyon tellement les rappels sont nombreux, je pense qu’on en a fait au moins une vingtaine mais les plus importants sont la C55, fractionné au tiers de la distance que Jimmy a équipé et Antoine assurant d’en bas, il y a quelques plans inclinés à passer pour ensuite enchaîner sur une C20, C25, C20, une cascade avec une déviation à franchir et ensuite un enchaînement de petits rappels.

Autant sur les grands rappels nous posons systématiquement un débrayable autant sur les autres et pour accélérer la descente, rappel sur corde doublée.

Le cadre du canyon est magnifique mixé entre encaissement, calcaire et bloc rocheux, au fur et à mesure de notre descente la roche change, nous passons d’un état calcaire à du schiste à notre arrivé à la Blache et c’est dans ce contexte que nous nous approchons du second canyon. Nous rencontrons déjà quelques touristes faisant trempette au départ de la Blache, nous de notre côté, nous mangeons un morceau avant de poursuivre, de mémoire il est 14h, nous avons donc mis 4-5h pour faire le canyon de la Sauze.

RAVIN LA BLACHE : V4 A3 II
Après notre pause déjeuner au bord de la rivière, nous reprenons le chemin vers la Blache, pas de marche d’approche, il suffit de continuer dans la rivière.

Ce canyon est beaucoup plus esthétique que le précédent cependant moins technique, d’où le nombre affolant de pro faisant ce canyon, on a compté au moins 3 groupes de 10 personnes, voici l’équivalent Bavella dans l’Ubaye mais à raison, le canyon est très beau et très arrosé.

Le premier rappel en S nous mène dans le canyon et s’en suit d’un peu de marche en bloc et nous mène vers le second rappel où les groupes s’amassent, on arrivera à se frayer un passage entre les groupes pour continuer et se trouver vers la jonction entre le ravin de la Blache et les cascades de Costeplane qui s’étalent sur une bonne longueur donnant l’impression d’être envahi par l’eau de tous les côtés et surtout alimentant en eau la partie aval du canyon qui risque de nous annoncer la couleur pour la suite.

Au premier obstacle une petite cascade d’une dizaine de mètre à franchir, les guides ont laissé seulement la partie arrosée de vide, parfait, nous on veut être arrosé !! l’avantage des canyons ultra fréquenté c’est qu’il y a de l’équipement de partout et nous avons le choix où se placer, en l’occurrence ce rappel dispo est parfait pour nous.

Lors de ma descente Antoine fera une petite moquerie on me disant comment je descendais avant en mentionnant les touristes qui descendaient en moulinette. Roo Antoine tu exagères haha !!

S’en suit d’un second rappel avant d’arriver à une autre beauté du canyon le plus gros de la jonction avec Costeplane, là aussi ça vomit de l’eau de partout, Jimmy équipe la ligne et nous descendons tous, encore de mémoire un ou deux rappels avant d’arriver à la partie aval du canyon.

Nous nous arrêtons 5min aux véhicules pour déposer quelques affaires inutiles pour la suite, car la partie aval est plus aquatique et sportive et comme les voitures sont sur le chemin autant faire une pierre deux coups.

La partie aval, commence par un saut dans une vasque qui semble marmiter et dont il faut sauter au bon endroit car c’est un peu engravé trop loin ce sont les genoux dans le menton.

Pour ma part je shunte et descends vers la MC amenant vers la C15 arrosé et encaissé, Jimmy et Antoine vont équiper, je vois en RG un autre relais qui semble éviter l’actif, mais on prendra l’option passage dans l’actif, d’autant plus que Jimmy nous rassurant bien comme il faut : « Il faudra faire gaffe en bas il y a un rappel de courant assez fort et on peut se retrouver piégé comme dans une lessiveuse » … le ton est donné.

Et pour moins rassurer, le groupe de 3 personnes que nous avons rencontré le matin nous ont averti du danger en bas, bref on verra !! je ne vous explique pas mon état et celui d’Adriana haha !!

Arrivé en bas dans une étroiture je vois effectivement ce gros bain moussant, ça brasse, en face Jimmy me faisant signe et m’indique comment aborder l’obstacle, il suffit juste de s’éjecter en prenant appui avec ces pieds contre le rebord, en faisant la planche pour avoir plus de portance et en longeant la paroi, je m’éjecte, plus de peur que de mal, je passe tranquille, Adriana de même et ensuite Antoine.

Antonio est parti équiper le second obstacle arrosé, là aussi, il y avait moyen de shunter, mais non Jimmy est passé dans pire que ça, bon.. ça devrait le faire, il descend donc en premier, Antoine en second en rentant bien comme il faut dans l’actif, vient mon tour, je descends sans trop réfléchir, ça pousse énormément !! et la vasque intermédiaire est profonde, étant tendu sur la corde j’avais un peu de mal à bouger d’autant plus que je me prenais la cascade sur la tête, je me retrouve temporairement sous l’eau mais j’arrive à m’extraire, arrivé en bas de l’obstacle je me retrouve là aussi sonné comme pour Amblard, Adriana passa aussi tranquillement ainsi qu’Antonio à la fin.

Et pour terminer ce canyon, la fameuse C25 et sa fosse aux lions en bas, on dira que c’est la récompense finale après ces deux cascades sportives et effectivement arrivé en bas de la C25 un brouhaha monstrueux, de la brume et un déplacement d’air assez important imposée par la cascade, il y a une petite traversée à faire pour débuter la sortie du canyon en mode Via-Ferrata

C’est ainsi que vers 17h nous finissons les deux canyons, le final de la Blache nous donne la couleur pour le canyon du lendemain Pra Reboul.

Vers 18h30, nous arrivons à Embrun et pour changer nous allons manger au restaurant avec Jimmy d’autant plus qu’il est aussi avec nous pour le canyon de demain, qu’il n’a pas fait aussi

Vers 23h nous nous quittons et nous nous donnons rendez-vous à 9h à Saint-Crépin à 30min d’Embrun pour ce 5ème canyon.

Mercredi :
Levé un peu plus tard car étant pas loin du point de rendez-vous, nous prenons notre traditionnel petit déjeuné à la maison, nous quittons Embrun aux alentours de 8h20 direction Saint-Crépin.

Pra Reboul est peut-être le plus gros canyon que nous allons faire dans la semaine, le débit d’eau étant conséquent.

Antoine et Adriana toujours là pour faire les repérages de la marche d’approche. Comme Jimmy est venu avec son véhicule, on profitera pour faire la navette, économisant notre énergie, il faut à peu près 20min de voiture pour arriver au parking du départ du canyon et 10min d’approche max.

PRA REBOUL : V5 A4 IV
Le canyon débute au niveau d’un pont et d’une bouche de sortie d’eau régulé par une mini centrale électrique plus haut captant l’eau et la rejetant dans le torrent. Nous nous équipons à ce niveau, Jimmy testera pour la première fois une combinaison étanche en prévision d’un éventuel froid dans le canyon, effectivement, ce canyon prend le soleil qu’à partir de 12/13h, l’eau semble froide mais pas trop, ça reste acceptable.

Nous débutons ce canyon par de la marche en bloc d’une vingtaine de minutes avant d’arriver au premier grand rappel une C35, il y a deux manières de l’aborder soit hors actif soit dans l’actif et devinez quelle option nous avons pris ? l’actif !!! bien sur

Jimmy ayant apporté sa corde perso qui mesure 70 mètres (une 8.5mm, ça file !!), nous l’utiliserons pour débrayer tout le monde à la descente, il y aura juste un raboutage à faire pour l’à rappeler d’en bas en se mettant hors eau ne sachant pas si en bas de la cascade c’est profond ou s’il y a des mouvements d’eau.

Antoine descend en premier, suivi d’Adriana et moi, et bon dieu que ça pousse, il faut avoir le pied solide et il aussi difficile de progresser avec le poids de la corde dans le descendeur, arrivé en bord de cascade je vois la verticale et ça à l’air de brasser en bas et les ¾ de la descente se font dans l’actif, il est difficile de poser ses pieds, en cause, la force de l’eau mais surtout à la surface qui est glissante, cela n’aide pas.

En ce qui me concerne je ne cherche pas à m’épuiser en essayant de me stabiliser, je me laisse glisser en latéral par la cascade, je demande à Antoine si on a pied à la vasque que je sache si je dois sauter ou pas pour éviter un éventuel rappel de courant, on a pied visiblement.

Premier obstacle et ça donne déjà le ton du canyon, Antonio descend et ensuite Jimmy que nous l’assurons en faisant un débrayable du bas. Jimmy essaye de rappeler sa corde mais visiblement il n’y arrive pas… il tire avec Antonio idem ça ne vient pas, j’arrive aussi, nous somme trois à tirer et ça ne vient toujours pas.

Nous avons essayé tous les axes pour tirer mais rien à faire, la corde semble être coincé, en RG il semble avoir une échappatoire que Jimmy prend pour remonter et voir ce qu’il coince en haut. Quelques minutes après, il nous siffle pour indiquer qu’il est prêt à descendre. C’est qu’une fois en bas que nous avons fait la plus belle des boutades de la semaine, on s’est trompé de brin de corde pour tirer….. rien n’était coincé en haut haha, on avait pensé à toute les hypothèses sauf à ça !!

Bref cela nous a retardé d’une demi-heure, mais toujours la pêche pour continuer ce canyon !! la suite nous mène vers la C14, mais avant un plan incliné doit être traversé en rappel, ça pousse aussi !!! le relai de la C14 est super haut, au moins à hauteur de bras, selon les reports sur descente canyon le coin s’est creusé avec le temps et avec les débits conséquents du canyon, je pense qu’à terme ce coin doit être rééquipé, je n’ai pas vue Antoine ni Antonio pour savoir comment ils ont réussi à atteindre le relais, en tout cas il faut à l’aise avec ses pieds.

La C14 tombe dans une vasque où un mouvement d’eau pousse vers sous un bloc rocheux et menant directement vers la seconde cascade. Ne sachant pas non plus si on a pied, l’idée de basculer en RD en sautant par-dessus la cascade pour éviter le remouds en bas, l’appui n’est pas des plus simple avec ce débit mais sans difficulté, il suffit juste d’effectuer un mouvement pendulaire.

Vient la C12 où l’amarrage se situe derrière le bloc rocheux, une petite déviation permet d’éviter l’actif, une dégaine ainsi qu’un mousqueton seront trouvé sur cet amarrage par Jimmy, chose qu’Antoine lui en ferra cadeau à la fin, sous les yeux étonnés de Jimmy se disant, comment il a fait pour récupérer ce matériel sans se prendre la sauce avec la cascade !!

Ensuite autre enchaînement, une C18 qui tabasse bien lui aussi, Jimmy équipe la ligne, je descends en premier, ça glisse, ça tape, on se laisse entraîner dans la descente tout en maitrisant la trajectoire, la vasque n’est pas profonde, tout le monde s’est pris la sauce sur la tête (Antonio et Adriana se feront une très petite frayeur en passant sous la veine d’eau de la cascade) à l’exception d’Antoine qui nous fait une démonstration encore une fois, descente propre sans glissade, sans chute

Plus que deux descentes à réaliser dans ce canyon, un plan incliné délicat de 15 mètres menant vers un syphon où un gros bloc rocheux s’est installé, une déviation a été installé en fixe à mi-parcours et permet d’accéder à un relais presque suspendu.

Mais mon dieu, pour y accéder c’est délicat !! je ne sais pas comment Antoine et Jimmy on fait, mais pour ma part je glisse et tombe dans le trou avant d’arriver à la dev (le boulet) pris un peu de panique et de colère, j’appelle Antoine qui arriva à tendre la corde de rappel pour que j’accède à la déviation, mais à ce moment c’est un peu la fête à n’importe quoi !! je me longe dans la dev et qui prend la corde en ciseau, je défais mon descendeur ??? (hein ?? pourquoi ??) ma tête a complètement beugué en prenant la dev pour un fractionné même Antoine s’est demandé ce que j’étais en train de faire, une « Albertade » dans le jargon Topi et clairement une mise en danger.

Arrivé au relai je reprends mes esprits et j’enchaîne avec le dernier rappel de 13 mètres où Jimmy m’attend ainsi que le reste du groupe.
La sortie du canyon se trouve en RG à la suite de la C13, pour une marche retour de 10 min menant au parking où nous avons laissé notre première voiture le matin.

Nous nous changeons, puis nous attendons Antonio et Jimmy qui sont allés chercher la voiture plus haut laissée au parking du départ du canyon. Pendant l’attente, on fait le tri des photos, on discute et 40 min après Antonio et Jimmy arrive, on installe la table à piquenique on mange et nous partons vers 16h.

Jimmy de son côté rentrera à Marseille content d’avoir partagé ces canyons avec nous, il devrait passer en Corse avec le CDSC 13 au printemps, on le verra peut-être au local.

En ce qui nous concerne, nous avons du temps à tuer, je leur propose de faire un peu du tourisme dans un coin nommé « la fontaine pétrifiante » formation géologique où la roche se calcifie en extérieur avec le contact de l’eau, nous faisons également un saut vers la Durance et sa vague du Rabioux dont de nombreux pratiquant de kayak et d’hydrospeed s’en donnent à cœur joie, nous en profitons pour prendre un verre dans le coin.

Vers 19h30, nous prenons la direction du jardin à mon père pour y montrer sa Ford Mustang, véhicule préféré d’Antoine et dans la foulée réparation du coffre du véhicule d’Antonio qui été désespéré depuis un certain temps avec son coffre défectueux.

Nous nous couchons un peu tard et nous nous préparons mentalement pour le prochain canyon « Eychauda ».

Jeudi :
Levé vers 7h et départ vers 8h30, 1h de route nous attends pour accéder au canyon, direction le massif des écrins. Comme à notre méthode qui est maintenant rôdé, Antoine et Adriana regardent le sentier le plus accessible pour accéder au canyon, sachant que nous ne faisons pas de navette, d’après les reports sur descente canyon c’est kif-kif en termes de temps.

Nous nous arrêtons donc sur le parking au niveau de la centrale électrique à Les Claux, le massif du Mont Pelvoux et ses 3900 mètres d’altitude en fond de paysage marquant le début des sommets emblématiques du coin.

EYCHAUDA : V4 A4 II
Nous prenons donc un sentier qui mène d’habitude aux Via-Ferrata du coin, mais peu après nous bifurquons vers un autre sentier menant vers le barrage situé en amont sur le torrent de l’Eychauda, une piste tracée semble mener vers ce barrage (peut être un sentier 4×4 EDF), Antoine regarde Iphégénie et nous faisons donc une traversée en mode sanglier vers le torrent où nous arrivons à 20 mètres au départ du canyon en RD alors que le sentier et son arrivée sont en RG, on a été bons !!

On s’équipe et puis départ du canyon aux alentours de 10h30, là aussi un canyon où il y a de l’eau, un petit peu de marche en bloc (5min) avant d’arriver à un premier rappel de 5 mètres qu’Antonio équipe, Antoine et Adriana descendent en premier pour aller équiper le second obstacle la « Cascade Blanche » formant comme un voile, très jolie par ailleurs.

A partir d’ici les choses commencent à devenir sérieuse, un rappel de 14m où le torrent se rétrécie dans une succession de vasque surcreusée, rétrécissement = force de l’eau augmentée

Antoine descend en premier pour s’assurer que tout va bien, il est passé et il a l’air d’avoir pied, Adriana s’élance, lors de sa descente et pour une raison aléatoire le fil de son sifflet qui s’est coincé dans le descendeur au moment où elle est dans de l’actif !! ni-une ni-deux Antoine sortira le couteau pour couper le fil, libérant Adriana qui s’est retrouvée coincé.

Dans le même moment moi et Antonio nous étions en train de déséquiper la main courante, je me prépare à descendre, j’évite tant bien que mal le départ de la cascade en passant par-dessous, mais après… pas le choix faut aller dans l’actif et ça été violent !! je me laisse porter par l’eau en me retrouvant propulser vers le bas de la cascade et la GoPro inclinée en avant par la force de l’eau (Même à La Blache ou Pra Reboul ça n’est pas arrivé).

En bas de la cascade un bruit assourdissant, on peine à s’entendre et surtout un froid !! en effet la cascade créée un courant d’air et l’eau froide (environ 12 degrés) n’aidait pas non plus, nous attendons qu’Antonio descende pour qu’on puisse continuer dans ce serpent creusé par l’eau, la seconde petite vasque semble impressionnante de haut, ça bouillonne, on se dit il y a pas pied il y a du mouvement, en fait, pas du tout, la sortie de cette seconde vasque se fait en toboggan, il faut juste ne pas avoir les jambes tendues.

Nous sommes sorties de cette première difficulté, ensuite, le reste s’enchaîne sans accroc, plus bas dans le parcours une main courante est installée pour shunter un siphon qui n’est pas spécialement visible (il y a 3 ans un jeune s’est fait happer à l’intérieur).

Encore une succession de petits rappels qui nous mène vers un enchaînement final de 3 cascades (pour une hauteur moyenne de 12mètres chacune), la première n’est pas évidente quand on ne connait pas car on ne voit pas d’en haut comment s’est foutu en bas, Antoine descend en premie, une fois en bas on voit assez rapidement que la corde passe de RG à RD, on en déduit qu’il faut passer RD, ce que fait Adriana et moi.

C’est beau, il y a de l’eau en bas d’une vasque où il y a pied, mais peut être un peu moins au milieu, mais ça à l’air de brasser pas mal, finalement, on se rend compte qu’on peut atterrir derrière la cascade et nager hors mouvement d’eau, mais encore une fois fallait-il le savoir.

La seconde cascade de cette enchaînement présente les mêmes caractéristiques à la différence qu’on voit au loin où l’eau atterrit et par conséquent éviter les mouvements d’eau.

Et la dernière cascade finale où en RG sa coule bien, l’idée est de basculer sur la RD afin d’emprunter une sorte de goulotte, il suffit de sauter en pendulaire de RG vers RD et de se laisser glisser jusqu’à la vasque, celle-ci est profonde, un bloc suspendu surplombe la vasque pour y faire des sauts si on le désir, il y a un très léger contre-courant à ce niveau à la nage qui n’est pas visible en surface.

Pour terminer ce canyon il reste deux rappels sans grand intérêt et nous arrivons au sentier de retour du canyon, nous l’avons fini vers 16h, on a vraiment pris notre temps car il est donné pour 4h de descente.

Nous mangeons au parking où nous avons laissé la voiture, des tables de piquenique sont présentes pour remplir nos estomacs et puis retour sur Embrun.

Étant l’avant dernier canyon, nous avons préparé le matériel qui seront mis dans la camionnette de mon père le lendemain pour les transférer dans le véhicule d’Antonio.

Vendredi :
Levé tôt aussi afin d’être à Réallon avant 9h grand maximum car il faut prévoir la route de retour pour le groupe à savoir au moins 4h pour rejoindre Toulon (en se laissant une marge au cas où il y aurait un imprévu)

Mais aussi un départ matinal car il fallait charger le matériel dans la camionnette, sur ce coup, nous sommes parties avec deux véhicules, Antonio et Adriana d’un côté et Antoine et moi de l’autre.

Arrivée sur Réallon aux alentours de 8h.

REALLON : V4 A3 III
Départ du parking aux alentours de 8h30 pour 45min de marche en montagne dans un joli parcours verdoyant.

Nous arrivons au départ du canyon dans un environnement mixé entre de l’herbe verte en hauteur et dans le cours d’eau à un état très minérale jonché de gravât de roche et de bloc de partout et le canyon est à l’ombre.

On se dit qu’on va avoir froid avec l’eau, mais finalement c’est le canyon ayant le moins d’eau sur les six autres que nous avons fait, pas grave, on le fait quand même.
Le canyon commence direct par un rappel de 25m et nous dépose tout de suite dans l’encaissement du canyon, en effet, il a la particularité d’être encaissé où part moment on a l’impression de traverser un long couloir de roche.

Mais cette C25 nous mène aussi à une cascade de 55m fractionnée à 12m pour éviter les frottements, au début de cette C55 et pour éviter les frottements, un relai sur broche est mis plus bas en place mais celle-ci est écrasé on ne sait pas trop si c’est à cause de l’eau ou dû à un éboulement de roche, le relai semble solide d’apparence, tant pis on équipera sur ces points.

C’est sans encombre que nous arrivons tous en bas de la C55 et débutons notre progression dans l’encaissement de ce canyon jonché de petits rappels et désescalades, il y a des tons de couleurs différents donné par la roche, c’est magnifiquement sculpté, l’encaissement nous mène vers une C25 en goulotte, le cours d’eau semble se rétrécir et d’apparence calme, cette veine d’eau pousse un peu, mais rassurez-vous pas autant qu’à Eychauda ou Pra Reboul, au pied de la cascade on a pied l’eau arrivant à hauteur de cheville.

S’en suit encore de la désescalade et nous arrivons au final du canyon, une C35 nous donnant la vue sur des sommets de montagne en face (les Aiguilles de Chabrières).
Pendant que Adriana équipe, Antoine purge le départ de la cascade, car il y avait pas mal de pierres aux alentours, il s’agissait d’être prudent.

Antonio descend en premier, il passe tranquille, on débraye (beaucoup), vient ensuite mon tour, puis Adriana et Antoine pour clôturer.

Finalement, ce parcours canyon a été rapide, nous l’avons effectué en 2h, nous arrivons à 12h aux véhicules, pile dans les temps pour se changer, manger et effectuer les derniers rangements pour qu’Antonio, Adriana et Antoine partent sereinement vers Toulon pour prendre le bateau à 18h.

Nous nous quittons vers 13h.
De mon côté il me reste 1 semaine pour profiter, avec du repos, de mes alpes natales.

Conclusion :
Les canyons se sont conclus dans des conditions à mon sens parfaites, la météo était au rendez-vous malgré des prévisions qui disaient le contraire (la montagne quoi !!), mais en Corse nous sommes habitués à des erreurs de météo :mrgreen:

La petite équipe constituée était très satisfait des canyons parcours, on dira que notre seul regret c’est de ne pas avoir fait les canyons majeurs du département (Ga, Chichin, Oules de Freissinières) les conditions n’étant pas réuni. Cela étant, à la rédaction de ce CR, les reports sur Descente Canyon laisse présager que ces canyons sont praticables ce début Août, alors qui sait pour une prochaine fois 😉

Mais au moins les canyons parcourus nous donnent déjà l’impression de ce que c’est d’aller se mesurer aux monstres du département.

Concernant les cordes, nous avons amené beaucoup de corde (3×60 + 2×40 + corde de 110m d’Antoine + corde de 70m d’Antonio) et la corde de Jimmy de 70m. Nous avons utilisé que les cordes du club finalement + celle de Jimmy. Malgré le nombre incalculable de frottement à gérer (les pires à mon sens était à Pra Reboul et le Sauze, la roche était tranchante par endroit), la gestion a été parfaite aucune corde tonché après ces 7 canyons !! des pros.

 

Dimanche 11 mai 2025 – Grotte de Moltifao, mines de Ponte Leccia

Dimanche 11 mai 2025
Spéléo, visite, chiro
Grotte de Moltifao, Moltifao
Mines de Ponte Leccia, Morosaglia

Participants
ITP : Cathy et Jean-François B., Michèle C., Christophe C., Wanda C., Jean-Claude D. B., Amal D., Henri-Pierre F., Jean-Claude L. M., Benoit R., Marie Pierre R., Louis-Mathis S.

TPST : 2h00

Lors de la sortie « chiro » du 23 avril dernier en Balagne il était prévu une visite de Pietralbello au retour, mais celle-ci avait été reportée faute de temps.
De visite en petit comité elle s’est transformée en sortie éducative pour les topi : « Sensibilisation à destination des spéléos sur le comportement à avoir en cas de présence de chauves-souris »

A ce propos il existe une charte FFS, téléchargeable ici :
https://memento.ffspeleo.fr/IMG/article_PDF/Charte-de-bonne-conduite-du-speleologue-en-presence-de_a321.pdf, elle précise quelques règles à respecter.
Il y est bien sûr ajouté un comptage des chauves-souris.

C’est donc en grand comité que 12 topi s’habillent en bord de route et se retrouvent 10 mn plus tard devant la grille, après avoir observé un valeureux bousier poussant son énorme charge roulante et odorante.

Petit briefing de Michèle puis installation d’une corde pour s’aider à descendre le plan incliné qui suit l’entrée. Nous sommes déjà accueillis par 2 chauves-souris volant gaiement en tourbillonnant. Le plan incliné est sec et la descente ne pose pas de problème.

Voilà la première grande salle, nous sommes accueillis par 3 petits rhinos qui nous applaudissent et donc forcément se décrochent du plafond et s’envolent.
Le comptage est fini, nous ne verrons pas d’autres chiros. Cette cavité n’a plus le succès d’antan, elle était alors un lieu de rencontre couru et connu, des centaines de chauves-souris s’y retrouvaient en transit, c’était avant la pose d’une grille de « protection ».

La visite devient maintenant purement spéléo, certains pousseront même l’exploration jusqu’au boyau terminal, Benoit en fait partie 😉

Retour vers la sortie, les chaussures pleines de boue. La corde du plan incliné aide bien, elle servira à une démo consistant en la réalisation d’un baudrier de fortune avec une simple sangle, fermée par un mousqueton, lequel servira de descendeur avec un demi-cabestan sur la corde.

Retour aux véhicules, puis au bord de l’Asco pour un pique-nique conventionnel, avec grillades cette fois-ci 🙂

Poursuite du programme de comptage des chauves-souris avec un changement de lieu. Direction l’entrée de Ponte Leccia pour la visite de quelques galeries de mines. Une seule dans la première, longue d’une trentaine de mètres. Courte mais joliment ornée de fistuleuses blanches et de gours. Sans bottes elle se mérite, il faut jouer les équilibristes sur des cailloux instables si on ne veut pas se mouiller les chaussures. Une prospection aux alentours ne révèlera pas une autre galerie signalée dans le secteur.

La 2ème est encore plus courte, une poignée de mètres, aucun chiro.

La 3ème se situe à quelques centaines de mètres. Une entrée basse suivie par une longue flaque d’eau nécessitant les bottes. C’est la plus longue des 3, une cinquantaine de mètres agrémentée là-aussi de concrétions blanches. Un petit rhino y est observé.

Quelques grondements se font entendre, l’orage arrive, l’orage est là. En quelques secondes des trombes d’eau s’abattent sur nous, accompagnées par de tonitruants coups de tonnerre. C’est la débandade et c’est au pas de course que nous rejoignons les voitures, bien trempés. Nous n’oserons même pas nous arrêter au Kré d’As.

Le soleil sera retrouvé en nous approchant de la région bastiaise.

JCL


Les mines de cuivre de Ponte Leccia ont été exploitées de façon intermittente entre 1860 et 1901 et ont donné lieu au creusement d’une dizaine de galeries de faible longueur (entre 10 m et 80 m) sur trois niveaux ainsi que de trois puits sur 800 mètres de long. Un travers banc de 520 m (TB du Marteau) partant de la route de la gare serait éboulé dès l’entrée.

Sur la rive gauche du Golo au lieu-dit Belgodère existait un autre site comportant un puits desservant deux étages de galeries, ainsi que quelques autres attaques de galeries.

Les minerais exploités étaient la pyrite cuivreuse, la chalcopyrite, la phillipsite, la Malachite et l’azurite. La minéralisation s’enchâssait dans les serpentinites ou les gabbro rosso sous la forme de lentille ou de rognons de puissance très variable. L’analogie géologique avec les Mines de Montecatini en Toscane avait fait espérer une production abondante qui s’était révélée dans les faits décevante. Seule une partie centrale de 150 mètres de long sur 30 mètres de haut comportait une minéralisation importante. La mine n’avait rapidement plus été rentable.

En 1900 la « société des Mines de Ponte Leccia » émettait des actions à 100 Fr., mises dans le public à 130 Fr. et qui ne valaient rapidement plus que six francs. Le lucre avait transformé le miroir aux alouettes en escroquerie. La Mine ferme en 1901.

PHP


2025-05-11-Pietralbello-Mines-de-Ponte-Leccia AD 001
« de 77 »

Dimanche 4 Mai 2025 – Grotte de Corte, Pietracorbara – Mines de Meria

Dimanche 4 Mai 2025
Spéléologie prospection
Grotte de Corte, Pietracorbara
Mine de Meria-gisement de Vallone, Meria

Participants
ITP : Wanda C., Amal E., Henri-Pierre F., Jean-Claude D. B., Jean-Claude L. M., Benoît R, Marie Pierre R.

TPST : 1 heure

Dictons marins
« Qui trop écoute la météo passe son temps au bistrot »
« Le vert c’est à tribord, le rouge c’est à bâbord, le rosé c’est à ras bord »
« Mieux vaut boire le vin d’ici que l’eau de là »
« L’homme a besoin de passion pour exister »

Par cette chaude journée de Mai, orages et pluies étaient promis l’après-midi. 7 courageux spéléologues avaient tout de même décidé ce jour-là de braver les éléments, projetant pour le matin une visite rapide de la grotte de Corte à Pietracorbara puis une prospection découverte de la mine de Meria si le temps le permettait.

Premier objectif donc de la journée: la grotte de Corte.

Curieusement celle-ci n’a été visitée que par un nombre relativement restreint de spéléologues du club hormis les entomologistes et les chiroptérologues. Sur les 12 comptes rendus depuis 1990, une sortie n’avait pas retrouvé la grotte et 8 étaient à visée entomologique. Jean R. y était allé de nombreuses fois, posant des pièges et espérant y retrouver un coléoptère anciennement décrit, Jean-Noël y été allé 8 fois, Véronique 6, Albert 3. Chaque sortie mentionne une certaine difficulté à retrouver le chemin d’accès dans les fougères et le maquis, mais curieusement HP qui y était allé 4 fois n’en avait pas le souvenir et s’attendait à une petite marche facile de 30 minutes pour rejoindre la grotte. Départ donc du parking de l’église Saint Clément à Ponticellu, on traverse à gué le ruisseau de Pietracorbara sur des troncs glissants et on emprunte le chemin de randonnée en sous-bois qui mène au vallon de Corte. Celui-ci est envahi par des fougères et des bruyères assez hautes. Un chemin de chasseurs plus ou moins marqué traverse la châtaigneraie et nous amène sans encombre le long du ruisseau de Corte. Il nous faut maintenant retrouver l’escarpement de Cipolin qui débute le chemin ascendant montant à la grotte. Mais tout est noyé dans la végétation, un départ pourrait correspondre suivi par une trace de sanglier. Et c’est parti dans le maquis ou nous nous frayons un passage à coup de cisailles et de sécateurs. Heureusement HP a le point GPS de la grotte et au bout d’une heure 30 d’efforts nous atteignons la grotte. 25 petits rhinolophes nous y attendent. On passe la grande stalagmite, les fouilles de Passenard et De Joly. Les gours du laminoir scintillant sont secs. Puis retour par le sentier d’accès habituel bien marqué et on aboutit au ruisseau en face d’une barre de cipolin (se souvenir de ce repère pour la prochaine fois). On rentre sagement par la piste qui longe le bord droit du ruisseau, puis par le pont génois sur lequel une séance photo a lieu. Bilan : 2h 30 de marche aller-retour pour 3km 440 de marche (1,4 km/h)!!! 1 heure dans la cavité. Un pique-nique réparateur est pris au bord du ruisseau.

Puis en route vers 14h30 vers la deuxième destination de notre journée : La mine d’antimoine de Meria.

Exploitée essentiellement de 1855 à 1914, celle-ci a été une des plus importantes mines de Corse, employant jusqu’à 500 mineurs essentiellement italiens. Nous avions visité en 2020 le village abandonné de Caracu où certains étaient logés. La mine est composée de deux gisements comportant de nombreux champs filoniens distants entre eux de plusieurs kilomètres : le gisement de Fiumicello dont on a déjà exploré une galerie de Tufi Bianchi et de Spelonche et le gisement de San Martino. Aujourd’hui on va se concentrer sur le filon de Vallone situé au bord de la route de Morosaglia. On se gare dans un virage en épingle à cheveux et l’on s’égaye dans le maquis au-dessus de la route. On découvre des haldes, un ouvrage sur le ruisseau (peut être les vestiges d’un moulin à meule verticale), une tranchée. Un chemin à peu près tracé sur le bord gauche du ruisseau conduit à un plateau, sommet d’une grande halde, puis à un four rouillé et enfin au travers banc Orenga. L’entrée en est obstruée depuis 2005, date à laquelle la compagnie propriétaire en a abandonné la concession. Seule une petite conduite impénétrable sert d’exhaure à la galerie. Longue de 450 mètres, celle-ci aboutissait au front du gisement, large de 800 mètres et de 200 mètres de hauteur. 11 niveaux y avaient été creusés. En 2000 François Fontaine et Philippe Stella avait assisté techniquement une équipe de FR3 pour un reportage sur la mine avec Alain Gauthier et avaient visité ce travers banc (1). Deux autres travers bancs existent le long du ruisseau de Fiumicello ainsi qu’une cheminée d’accès au travers banc Gaffory mais nous ne les avons pas retrouvés.

Au bord de la route, 500 mètres plus à l’ouest on retrouve une galerie obstruée. Michèle nous avait signalé une galerie d’une dizaine de mètres en bord de route plus à l’est que nous n’avons pas visité.

Vers 17 h 30 nous rentrons au club boire un pot bien mérité après une journée bien conviviale de crapahute dans le maquis. Orages et pluie étaient prévus l’après-midi. Il a fait finalement beau et chaud toute la journée. Comme d’habitude une exploration complémentaire est nécessaire. Retrouver les 2 autres travers bancs de Vallone, visiter le site de Fossato. Ce sera l’occasion de nouvelles aventures.

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(1) https://youtu.be/tsCwWfHkWo0


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« de 68 »

Dimanche 23 mars 2025 – Galeries de Negru et Margine – Olmeta du Cap

Dimanche 23 mars 2025
Spéléo, visite, chiro
Galeries de Negru et Margine, Olmeta du Cap

Participants
ITP : Arnaud B., Michèle C., Jean-Claude D., Adriana D. C., Michaël D., Antonio E. G., Jean-Claude L. M., Laureen N., Léa P., Marie Pierre R., Louis-Mathis et Vanessa S.

TPST : 2h00

Parcourir des galeries souterraines sur plusieurs centaines de mètres est chose rarissime en Corse. Seules possibilités, les mines désaffectées. L’entrée de celle de Negru est protégée par un lac d’une quarantaine de mètres, ce qui qui lui a peut-être permis d’être protégée des foudroyeurs administratifs. Ces mines sont en fait des sondages réalisés en raison de l’arrêt programmé de l’exploitation des mines de Canari, dont le rendement était jugé insuffisant. 1200 mètres de galeries ont été creusées en 1956 et 1957 dans le secteur de Negru (Mines et mineurs de Corse – Alain Gauthier – Albiana).

Une visite est ainsi organisée, visite qu’on pourrait qualifier d’expédition ! Un Caravelle 56 est affrété, c’est un vaillant canot pneumatique, vieux de 45 ans et qui a déjà plusieurs expéditions souterraines à son actif.

Les topi se retrouvent devant l’entrée, le canot est déjà gonflé, il a fait la route accroché sous le toit du Defender. Sur les 12 topi seuls Michèle, Micca et JCL sont équipés de waders. Michèle ouvre la voie pour un premier comptage chiro. Micca assure la traversée des 2 premiers topi. 2 cordes de 40 mètres assureront les transferts, JCD et Arnaud à chaque extrémité, Micca au milieu assurant le rôle de déviation, la galerie faisant un coude à cet endroit.
Tout le monde se retrouve ainsi de l’autre côté du lac, sans trop se mouiller.

Un écoulement d’eau estimé à environ 1 litre par seconde alimente le lac, les galeries jouant le rôle de drains.
La mine est constituée d’une branche principale d’où partent des galeries secondaires, elles seront toutes parcourues.
Esthétiquement parlant on ne peut pas qualifier ces galeries de belles, juste quelques petites coulées de calcites et des petites fistuleuses blanches agrémentent le parcours. Quelques plaques de fibres d’amiante sont également repérées ainsi que des coulées noires non gélatineuses sur les parois, résidus possibles d’incendies de surface. Peu de chauves-souris également avec quelques petits rhinos et euryales.

Le retour s’effectue comme à l’aller, mais dans l’autre sens 😀

Un air de Koh-Lanta plane, premier jour sur l’île et à peine arrivés sur la plage les aventuriers décident de faire le feu et manger. Les bois flottés ne manque pas et les 2 JC s’y attèlent, ils y arrivent du premier coup. Pendant ce temps une petite cavité est rapidement explorée à côté de la tour génoise. Tout le monde partage le repas. Grillades, tartes et gâteaux seront engloutis sous un beau soleil. Louis-Mathis ira même faire trempette dans la rivière, plus ou moins volontairement 🙂

Au programme de l’après-midi : Margine. C’est une autre galerie de sondage située à côté du lieu noté Minrrienne sur la carte.
Bien que visitée le dimanche 9 février 2020, nous faisons la même erreur que la tentative du samedi 20 octobre 2018 et retrouvons le mur semi-circulaire repéré à cette époque, en nous posons les mêmes questions sur son origine. Des fouilles archéologiques sont ajoutées à la liste des hypothèses. Relire les précédents comptes-rendus aurait pu nous éviter ce déboire, qui nous aura quand même permis de prospecter ce secteur !
La galerie est finalement retrouvée et visitée. Son origine est la même que celle de Negru, sondages miniers. Comme en 2020, un phénomène de brouillard apparait quelques mètres après l’entrée, l’air chaud et humide de la cavité se condense au contact de l’air frais extérieur.
Une galerie principale d’environ 130 mètres, d’où part en son milieu une autre galerie de 70 mètres. Belle surprise, une colonie d’Euryale estimée à une bonne vingtaine d’individus est aperçue.

Retour à la route sans encombre et au local après une journée qui pourra être qualifiée elle aussi de mémorable.

JCL, Micca


Arrivés à la mine de Negru, un lac barre le passage : certains ont de l’eau jusqu’à la taille. Heureusement, Jean-Claude, qui a plus d’un tour dans son sac, met à disposition son magnifique yatch – une caravelle 56 pneumatique jaune – qui permet à l’expédition de ne pas se mouiller. Seuls Micca, JC.L et Michèle tenteront le grand bain (équipés de waders).

Plusieurs galeries partent sur les côtés. Le paysage, plutôt répétitif, est égayé par quelques chauves-souris et mini concrétions. De l’eau s’écoule en continu jusqu’au lac.

De retour à l’air libre, le groupe déjeune au soleil de la marine de Negru. Au menu : plein de bonnes choses mais surtout d’excellentes patates à l’ail de JC.D ! Le ventre plein, les topi repartent à la recherche d’une deuxième mine en bord de mer, Margine.

Un sentier un peu trop bien tracé induit le groupe en erreur : la galerie se trouve dans le vallon d’à côté. Dans le maquis, Léa et Louis-Mathis croisent une belle couleuvre.

Cette fois, c’est le bon talweg, l’entrée se dessine sur la droite quand on est face à la mer. La mine de Margine est plus petite, avec deux galeries au total. Un rat a élu domicile au fond de la galerie principale. Il a même une couverture ! Michèle ressort très émue de la seconde galerie : elle y a recensé une vingtaine de chauves-souris, chiroptères bien sûr mais surtout des Euryales, plus rares.

L’équipe remonte plus rapidement qu’elle n’est descendue : c’est une fin de journée mémorable pour les topi !

Léa


 

Lolo LN 001
« de 95 »


PS :
21 avril 2025, le sac du canoto ayant été oublié lors de la visite de la galerie de Negru, Antonio profite d’un déplacement dans le coin pour tenter de le récupérer.
Il s’équipe avec les waders de Micca récupérés le samedi précédent, arrive devant l’entrée. Il pleut, l’eau est propre et surprise le sac est tranquillement posé par terre en partie recouvert de feuilles !

On peut conclure que ces galeries sont rarement visitées, ça fait presqu’un mois qu’il attendait là ! …