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Mardi 2 décembre 2025 — Trou de la Barre / Grotte des Cordonniers — Trassanel (11)

Mardi 2 décembre 2025
Spéléo, désob’, visite
Trou de la Barre / Grotte des Cordonniers, Trassanel (11)

Participants
ITP / SCM / GPS : Jean-Noël D.
Gruissan Prospection Spéléo : Jean-Marie B., André M.
Autonome : Daniel M.
Gente canine : Bosco

TPST : une heure

Tiens si on revenait aux fondamentaux, la désob ! Lors des fouilles archéozoologiques au Trou de la Marmite, Cédric le scientifique avait suggéré que le crâne de lion trouvé au fond de la cavité et daté de plus de 50 000 ans y était arrivé par une autre voie que la simple gravité. Or une cavité située à quelques centaines de mètres en amont du sentier et située plus bas, au même niveau que le fond de la Marmite, pourrait être cette porte d’entrée. Le dénommé Trou de la Barre – situé à flanc de vallon, au pied d’une petite barre rocheuse – se présente comme un porche d’environ 6 m de diamètre, quasiment comblé par de la terre quand notre ami Daniel avait commencé à le creuser.

Gros travail de terrassement pour obtenir une galerie terreuse de 5-6 m se terminant dans une petite salle dont le fond est entièrement obturé par une coulée de calcite. Aucun courant d’air ! Un boyau étroit de 1 m part en partie supérieure mais pas d’air. Les tentatives de microfracturation ayant produit peu de résultat, il a fait appel à Jean-Marie et André pour des moyens plus costauds.

Une heure de route puis une sympathique balade de 20 mn qui emprunte le sentier d’accès à la Marmite puis on oblique en contrebas sur le versant gauche du ruisseau de Matte Arnaude. Bosco est heureux de gambader dans la montagne. Pour ma part j’ai récupéré de mes fracas de samedi dernier.

Les copains sont en plein boulot, malheureusement les moyens costauds ne seront pas plus efficaces malgré la puissance de la détonation qui a dû réveiller tous les habitants de Trassanel ! On creuse quand même au niveau du boyau mais quelques gamates de terre plus tard, JM baisse les bras. Peu d’espoir. Daniel y croit toujours et va rester attaquer le bas de la coulée au marteau-burineur…

Il est midi trente, notre trio casse la croûte puis décide d’aller visiter la Grotte des Cordonniers, qu’ils ne connaissent pas, et qui se situe juste en face de l’autre côté du vallon. Mais pour cela il faut descendre dans le lit à sec du ruisseau de Matte Arnaude puis remonter dans le bartas. Heureusement c’est un bartas assez clairsemé mais la progression n’est pas si simple car le terrain est constitué de dalles un peu glissantes et de pierriers calcaires qui roulent sous les chaussures.

Nous trouvons finalement la grotte, belle entrée de 4×4 m au pied d’une avancée rocheuse et entourée d’un bosquet de chênes-verts. L’entrée ogivale se resserre rapidement mais ça passe, seconde étroiture c’est bon mais un petit rhino est au milieu du plafond, ainsi que de belles Meta. Troisième rétrécissement, pas plus étroit mais avec un becquet sur lequel bute mon « large » thorax. Aucune envie de galérer je rebrousse chemin. D’autant plus que Bosco qui voulait me suivre a dû être attaché et qu’il aboie et gémit… Il y a bien un autre passage pour une autre partie de la grotte mais le repos au soleil avec le chien cela a du bon.

Les copains ressortent de la première galerie, qui a peu d’intérêt, pour aller se balader dans la seconde partie. Plus intéressante avec de belles coulées mais leur progression s’arrêtera assez vite, il faut au moins une ceinture et des longes pour passer une vire exposée et puis c’est un peu labyrinthique. En les attendant j’ai découvert sur le net une vidéo de la visite de la cavité par le SCA, j’en ai vu plus qu’eux ! L’e-spéléo est en marche.
https://www.youtube.com/watch?v=iDZPMCuqffo

Pour le retour on décide de grimper directement sur la crête, ce qui devrait nous amener au col mais ce fut quand même un peu ardu, pentu avec dalles et pierriers.

Retour facile ensuite aux voitures en 10 mn, il est 15 h 30.

JND

Mercredi 1er octobre 2025 – Trou de la Marmite – Trassanel (11)

Mercredi 1er octobre 2025
Spéléo, fouilles archéozoologique
Trou de la Marmite, Trassanel (11)

Participants
ITP/Spéléo Corbières Minervois/GPS : Jean-Noël D.
Gruissan Prospection Spéléo : André M.
Spéléo Corbières Minervois : Jean-Michel E.
Autonome : Daniel M.
CNRS : Cédric B.

TPST : cinq heures

Jean-Marie est parti bronzer sous le soleil grec, pas de désob’ à l’horizon ! André me propose cependant de retourner au Pémol, je décline car Daniel recherche de la main d’œuvre pour aller épauler Cédric – un archéozoologue du CNRS – dans ses fouilles au fond du Trou de la Marmite sur Trassanel.

Connue de longue date par les bergers, la cavité avait servi de dépotoir et de charnier entrainant le comblement du puits d’entrée sur plus de 7 m de haut. Après de nombreuses séances de désob’ et de dynamitage, de 1972 à 1983, le fond est atteint à -37 m. Mais la progression est restée exigeante, nombreuses étroitures pour les très petits gabarits de l’époque. Daniel, qui avait participé aux travaux de désob’ de l’époque, est revenu sur son terrain de jeu et ayant pris de l’âge, de la raideur et un peu d’embonpoint, a décidé de mettre la cavité au gabarit « troisième âge avancé » car le fond de la cavité a révélé divers ossements : ours des cavernes, oiseaux, lion, lynx… Ce qui a motivé la venue de Cédric Beauval, chargé de recherche au CNRS.

Récupération d’André au passage et rdv à l’entrée de Trassanel avec les protagonistes de la journée. Dix minutes de piste carrossable, chargement des sacs et c’est parti pour une rando de 1,5 km au milieu de collines de calcaire. Montée tranquille jusqu’à un petit col puis descente en lacets de 100 m au fond d’un ravin et remontée en courbe de niveau. Les copains, tous anciens spéléos avec plus de 40 ans de prospection sur le massif, n’arrêtent pas de me dire « JN, regarde à gauche c’est le Trou X, regarde à droite c’est le trou Y, etc ». Castiglione à côté c’est peanuts, ici il y a plus de deux cent trous dans le coin et de beaux développements !

Arrivée à un replat, la cavité se trouve une trentaine de mètres à droite en contrebas du sentier mais auparavant André me propose d’aller voir l’entrée de la Grotte du Maquis, une soixantainede mètres plus loin. Haut lieu historique car c’est ici qu’en août 1944 que 47 résistants ont été faits prisonniers et fusillés par les allemands. Large porche donnant sur une galerie fossile de 60 m de long avec une autre sortie à son extrémité est. Au-dessus de l’entrée une plaque rappelle le sacrifice des jeunes résistants

Retour à l’entrée de la Marmite. Entrée circulaire de 1,2 m, s’ouvrant au ras du sol, c’est le sommet d’un R7 équipé d’une échelle métallique aux barreaux plutôt instables… Une chatière suivie d’un éboulis déclive amène dans un élargissement de la diaclase orientée nord/sud. Puis série de passages étroits descendants entrecoupés d’un R2,5 équipé de madrier avec barreaux métalliques. Petite salle, disons élargissement de la diaclase, on peut se relever. Cédric et Jean-Michel sont en train de gratouiller la paroi. Du remplissage au milieu duquel trône un élément de crâne d’ours et autres ossements. Notre chantier se situe plus bas.

Une dernière chatière descendante qui se passe comme une fleur mais je pressens déjà que la remontée va être coton…. Vers le nord, un plan incliné conduit au point bas à -37m. À l’opposé, un passage taillé dans un remplissage de graviers se poursuit par une galerie de 10 m surcreusée sur le côté gauche et aboutit sur une cheminée de 14 m remontant à -15 m. But de notre équipe : André évacuera la terre et le sable dans des sacs au point bas pour créer une niche car le plafond est riche en ossements. Daniel alimentera la gamate en sacs que je tirerai depuis le haut et que l’on reprendra ensuite avec Daniel pour les déverser dans la galerie supérieure… Les gamates se sont comptées en plusieurs dizaines…

14 heures, plusieurs estomacs crient famine. Il faut entamer la remontée, et ce qui était prévisible arriva, la dernière chatière franchie à la descente m’oppose une certaine résistance. Pas large, des becquets et peu de prises pour les pieds. Plusieurs tentatives sont nécessaires et enfin ça passe mais sorti de ce verrou je me sens haletant – dyspnéique comme l’on dit -, je cherche mon souffle et le cœur monte dans les tours. Calmos, je vais quand même pas faire un infarct’ ici ! Quelques minutes plus tard tout se calme, crise d’anxiété peut-être ? J’apprendrais plus tard que Daniel a ressenti la même oppression et qu’il y a certainement quelques pourcentages de CO2 au fond du trou. Gêne révélée par les efforts fournis pour passer la chatière !

La suite de la remontée ne sera pas de tout repos mais les étroitures se franchiront assez bien, le dernier R7 sera surtout pénible à cause des barreaux de l’échelle qui glissent… Sortie au soleil. On tire les sacs des copains avec les précieux ossements à l’intérieur et installation du pique-nique.

Bien sûr discussion passionnante sur l’origine de ces ossements, un géologue doit d’ailleurs venir le lendemain pour essayer d’éclaircir le problème. Au détour des échanges j’apprends que Cédric connait bien Mme Mourer-Chauviré, la spécialiste des oiseaux trouvés dans les fouilles de Cast.3. C’est maintenant une dame âgée, en retraite mais toujours passionnée par recherches et qui garde le contact avec les jeunes chercheurs.

Bien rassasiés mais peu abreuvés…, on prend le chemin du retour. Belle remontée de 100 m mais la pente n’est pas trop raide. Les fouilles vont encore se poursuivre jusqu’au 15 octobre, on essaiera de revenir.

https://youtu.be/2B1sTOYHuVw?si=P9oE6DLeA3Wc0uSs

JND

Samedi 5 avril 2025 – Trassanel II — Trassanel (11)

Samedi 5 avril 2025
Spéléo, Exercice Spéléo Secours du CDS 11
Trassanel II,  Trassanel (11)

Participants
ITP/Spéléo Corbières Minervois/Gruissan Prospection Spéléo : Jean-Noël D.
CDS 11 : Spéléo Corbières Minervois (SCM), Spéléo Club de l’Aude (SCA), Société Spéléologique du Plantaurel (SSP), Spéléo Club MJC Narbonne, Spéléo Club de la Serre de Roquefort-des-Corbières (SCSRC), Gruissan Prospection Spéléologie (GPS).
SDIS de l’AudeAventures 2025

TPST : 30 minutes… (pour JN)

Ce sera une journée d’entraînement ASV, TRANS et Gestion. RDV dans les locaux de la base spéléologique de Trassanel. Le gouffre de Trassanel (un -177 sur 4 niveaux s’ouvre à quelques centaines de mètres de la base).

L’objectif de la journée est de réaliser deux entraînements, un entraînement ASV pour maintenir les acquis et améliorer l’organisation et entraînement TRANSmission dans le même but. Former une équipe SSF à la réalisation de la pose de moyens de communication sous terre et entre la surface et sous terre.

Le matin chaque équipe révise ses procédures et après le casse-croûte direction la cavité pour la mise en situation. Venant de me faire opérer de la cataracte, pas question d’aller m’exposer à la poussière de la cavité, expérience nouvelle pour moi je serai à la régulation avec mon ami François. On s’installe à l’entrée de Trassanel II pour noter entrées et sorties et faire la jonction entre le premier SPL et l’équipe de gestion installée à la base. Le talkie ne passant pas à la porte de la cavité François s’installera plus haut dans le bartas et je ferai la jonction avec le SPL d’où mes trente minutes passées sous terre.

Comme les années passées l’exercice s’arrêtera après la mise en condition du blessé (notre vénérable Papy, CTDS et ancien Grimp) sous la tente de l’ASV. Durée de l’exercice environ deux heures. Débriefing au retour à la base. Bonne coordination entre SSF 11 et SDIS et un côté très positif par l’intégration d’une belle équipe jeune et féminine, la relève est sûrement là.

La fin de l’après-midi sera consacrée à une réunion du CD du CDS11.

JND

 

Samedi 29 mars 2025 – Trou du Pémol — Trassanel (11)

Samedi 29 mars 2025
Spéléo, désob’
Trou du Pémol — Trassanel —

Participants
ITP / Spéléo Corbières Minervois / GPS :
Jean-Noël D.
Gruissan Prospection Spéléo : Jean-Marie B., Sylvain D., André M.
Gent canine : Bosco

TPST : huit heures

Toujours de l’espoir au Pémol, mais c’est pas large. Une grosse opération d’élargissement s’impose pour pouvoir passer les épaules et se baisser.

Je ne rejoindrai mes compagnons de désob’ que vers midi, la matinée a été fructueuse. Bien qu’André sorte d’un lumbago tout s’est bien passé. Longue séance de remontée de gamates et de blocs. Sylvain est au fond et ses longues jambes alliées à son extraordinaire dextérité des orteils lui ont permis de remonter des blocs depuis une profondeur incroyable, en particulier l’Épée de Damoclès, venue du fond, hissée par un goujon qu’André secoue au-dessus de la tête de Jean-Marie.

Le trou est propre, c’est l’heure de la grillade.

Redescente pour poursuivre l’élargissement. Sylvain perce ou essaie. On a acheté des mèches à 5 € qui se sortent en permanence du mandrin, quand elles ne cassent pas juste avant la fin du perçage. La dernière fois c’était l’inverse : on n’arrivait pas à sortir les mèches et André avait copieusement lubrifié le mandrin. Donc Sylvain, dans une position plus qu’inconfortable se démène avec le perfo. « Ça sent le géranium… » Sa formation d’aromathérapeute lui donne des hallucinations, mais le bougre insiste. Il ne faudrait pas que l’accu (neuf) se mette à cramer. Inspection du perfo : accu, pas d’odeur mais coté mandrin une explosion de senteurs printanières… On soupçonne André d’avoir graissé le mandrin avec l’huile de massage… Mais qu’a-t-il fait avec la graisse du mandrin ? ?

Bref, la faille est plus large. Les cailloux ne descendent plus très loin. On ne peut plus parler de courant d’air mais de vent (Jean-Marie y a attrapé la crève). Constant mais avec des rafales (fort vent d’ouest à l’extérieur).

On poursuivra au moins jusqu’au palier où se posent les cailloux.

Petit bain pour Bosco dans la Clamoux au retour.

JND/JMB

 

Vendredi 7 février 2025 – Trou du Pémol – Trassanel (11)

Vendredi 7 février 2025
Spéléo, désob’
Trou du Pémol, Trassanel (11)

Participants
ITP / Spéléo Corbières Minervois / GPS : Jean-Noël D.
Gruissan Prospection Spéléo : André M.

Trou du Pémol, Épisode 20
TPST : trois heures trente

Déjà l’épisode 20, quelle constance ! Depuis notre dernière séance du 24 janvier, Jean-Marie et André n’ont pu résister à l’appel du Pémol et y sont revenus le 29. Une belle journée de huit heures sous terre avec un bilan positif : en début d’après-midi la quasi-totalité de l’alcôve était remplie et certes la suite restait aussi étroite mais dans une roche coopérante – du bon calcaire gris/bleu, très compact, qui part en parpaings lourds mais faciles à dégager. « Pourvu que ça dure ! »

Jean-Marie – peut-être saturant de ces boyaux rastègs… – est parti explorer les salles immenses des grottes thaïlandaises et malgré nos appels à la communauté spéléo locale – même en les appâtant avec un projet de saucissonnade – on se retrouvera à deux ce matin-là à 10 heures.

Montée tranquille, pas de lourdes charges à trimballer, nous voilà en vingt minutes à pied d’œuvre. André s’installe au plus profond sur le front de taille et je me cale en haut du dernier ressaut au pied des échelles. La place étant plutôt limitée en bas je sers d’aide-boutefeu en passant les instruments à André au fur et à mesure de la mise en place des « parlementations ». Et d’une (qui marche à 50 %) et de deux et de trois, le chantier avance doucement car à chaque fois il faut remonter à l’air libre.

13 heures, mise en place du barbecue pendant qu’André perce l’ultime tournée de la matinée. La saucisse est bientôt prête arrosée d’un minervois aux saveurs de romarin. Un morceau de fromage et nous voilà repartis au turbin au fond de la mine.

Même organisation, quelques allers-retours pour récupérer du matos, le trou n’est pas profond mais ces va-et-vient sont assez cassants. Le dernier tir a dégagé un très gros pavé qui est venu se bloquer dans la suite du puits. Il résiste aux coups de massette et à la barre à mine, André doit repercer mais cata ! la tête du foret est foirée, un silex peut-être ? Retour à la surface pour récupérer un autre foret mais même mésaventure, explication ? Mais sans « parlementation » on est bloqué, il faut se résoudre à l’évidence, abandon pour aujourd’hui. L’espoir est toujours là. Suite visible sur au moins 6 m avec un plan terreux pénétrable à 3 m du fond.

Redescente aux voitures vers 15 heures.
Ce soir c’est coq au vin chez André.

JND

Vendredi 24 janvier 2025 – Trou du Pémol – Trassanel (11)

Vendredi 24 janvier 2025
Spéléo – désob’
Trou du Pémol – Trassanel (11)

Participants
ITP / Spéléo Corbières Minervois / GPS : Jean-Noël D.
Gruissan Prospection Spéléo : Jean-Marie B., André MORENO

Trou du Pémol, Épisode 18
TPST : huit heures (deux heures pour JN)

Dans le minervois, pour bien débuter une année spéléo, on va faire de la désob ! La Ferrière semble se terminer sur une étroite lucarne et surtout sans courant d’air. Alors direction le Pémol où c’est toujours aussi étroit mais ça souffle !

Comme on a passé l’âge de se farcir les verticales sur corde – ressaut en plan incliné de quelques mètres… -, André a fabriqué un lot d’échelles fixes. Le plus dur a été de les monter jusqu’au trou. Je devais avoir un pressentiment car j’ai échappé à ce transport, n’étant pas libre avant 11 heures.

Le fond de l’air n’est pas très chaud et les gelées de la semaine dernière ont inversé le courant d’air : il soufflera toute la journée sans aucune fluctuation. Le matin, mes compagnons mettront les échelles en place et finirons de dégager le chantier.
Arrivant vers 11 h 30, je m’attelle à creuser un foyer pour la rituelle grillade, le bois sec ne manquera pas. En attendant les braises, c’est parti pour l’évacuation des gravats de deux journées de tirs, un bon nombre de gamates. Les braises sont prêtes, la saucisse bientôt à point, de quoi faire sortir de leur trou mes deux taupes.

Bonne saucissonade traditionnelle, pâté d’André, fromage de Savoie rapporté par Jean-Marie et une bonne bouteille de minervois.

L’après-midi, reprise des « parlementations » et des évacuations, je me poste en haut des échelles, le boyau s’est bien élargi depuis notre dernière visite avec Albert. Les échelles guident les gamates sur la faille remontante (hé oui c’est à ça qu’elles servent, pas à nous éviter une corde !). Quoiqu’elles aident bien à la remontée et nous évitent de perdre trop d’énergie sur les allers/retours qui ponctuent chaque phase de frappe.

En fin de journée le chantier est bien propre. Les deux petites alcôves complètement vidées. Au fond, cela descend vers le noir mais pas large ! Ce que nous voyons de la faille n’est pas très enthousiasmant : étroite et sur longtemps d’après le bruit des cailloux que nous y jetons. Seul le courant d’air nous incite à y revenir. Prêt pour une nouvelle phase de creusement.

JMB/JND

Samedi 5 octobre — Traversée de Trassanel — Trassanel (11)

Samedi 5 octobre 2024

Spéléo, visite

Traversée de Trassanel I-IITrassanel (11)

Participants

ITP / Spéléo Corbières Minervois / GPS : Jean-Noël D.

Gruissan Prospection Spéléo : Jean-Marie B., Claire F. André M., Alain, Vincent

Initiés JNSc : Inès, Yannick, Pierric

TPST : deux heures

La Traversée de Trassanel IàII (le réseau comporte quatre niveaux avec un fond à -177 m. Parcouru en 2013 lors des Journées CoMed, j’avais décliné à deux reprises des invitations à y retourner depuis mon installation dans l’Aude. Le souvenir d’une méchante étroiture étant à l’origine de cette réticence. J’étais retourné au niveau II accessible par sa propre entrée et qui permettait de déboucher dans de grands réseaux sans difficulté (un plan incliné d’une vingtaine de mètres).

J’ai bien cherché quelques excuses pour me défiler – elles existaient, remise de doudounes au club vélo par le Conseil général, festival de théâtre amateur à Canet –, mais cela me laissait quand même le temps de faire la cavité…

Donc nous voilà au départ du Réseau I, porte verrouillée, un P10 équipé, une belle galerie concrétionnée, un coude et la fameuse chatière est là. Une lucarne elliptique d’une quarantaine de centimètres de diamètre située à un mètre de haut. Je n’en avais vraiment aucun souvenir. On me rappelle les conditions pour bien la franchir « Enlever tout son matos, bien s’appuyer sur l’épaule droite, passer ensuite le bras droit et cela tourne ensuite à 90°, c’est un peu plus large et la réception est en plan incliné, un peu acrobatique, il faut aller chercher un becquet en haut et à droite pour se rétablir », tout un programme…

Devant moi Alain, spéléo bien confirmé puis Vincent – bien enrobé -, cela semble passer sans problème. Pas facile d’accéder à la lucarne, heureusement il y a un petit fer à béton pour s’appuyer. Ça frotte dans la lucarne mais ça passe, mais ensuite il y a un barrage de calcite avec une échancrure en V, d’une dizaine de centimètres de haut ; pour avancer il faut donc se redresser – d’où le conseil de pousser sur le bras droit – mais le bras est coincé dans la lucarne et le thorax refuse d’avancer. On me pousse derrière, on m’encourage devant  mais rien à faire. À deux doigts de renoncer. Recul, souffler, décompresser et le centimètre qui bloquait est franchi, ouf ! mais quelle suée. Ensuite c’est du beurre, plus large, un peu acrobatique mais les copains sont là pour me recevoir.

Récupération, on se rééquipe et poursuite du réseau. Cela vaut vraiment le coup d’œil, du grandiose. Devant un passage resserré entre deux piliers où je vois mon ami André se bloquer – il n’est pourtant pas d’un gros gabarit -, et obligé d’enlever son matos. J’essaie à mon tour, bien sûr avec le matos ça coince. Le problème c’est que sans matos ça coince aussi… Pas question de repasser la chatière. En fait il faut passer légèrement en hauteur, encore ouf !

J’avais prévu une visite rapide alors Jean-Marie me guide vers la sortie (l’entrée du Réseau II). Pour la suite, un beau P12 incliné et on prend pied dans le Réseau II. La suite sera horizontale, toujours au milieu de grandes concrétions, passage de vire au-dessus du P93. Pas le temps pour les photos, j’en ai déjà un paquet en stock. Nous voilà en bas du plan incliné de sortie où JM me laisse. Un groupe d’initiés JNSc est en cours de remontée (ils n’ont visité que le Réseau II), gentiment ils me laissent m’intercaler pour la remontée.

16 h 30 dehors au soleil je suis dans les temps pour aller récupérer ma doudoune offerte par le Conseil général.

Pour revenir sur cette chatière, il suffirait d’une petite paille pour araser légèrement la barrière de calcite en V. Mais pas question d’y toucher, cela fait partie des rites d’initiation à la spéléo pour les locaux. Mais plus d’un ont du faire demi-tour…

JND

 

Mercredi 4 septembre 2024 – Trou du Pémol 2, Trassanel

Mercredi 4 septembre 2024

Spéléo, désobstruction

Trou du Pémol 2, Trassanel

Participants

ITP : Albert D.

ITP / Spéléo Corbières Minervois / GPS : Jean-Noël D.

Gruissan Prospection Spéléo : André M.

 

TPSurface et sous terre (– 12 m…) : six heures

Trou du Pémol, Épisode 17

Albert est de retour pour quelques jours pour récupérer son magnifique Duster. Au programme visite d’un réseau de Cabrespine ou de la désob’. Il a choisi la désob’. J’avais tellement vanté ses talents de burineur à André qu’il était attendu comme le Messie…

RDV 9 h 30 au départ du Pémol, on étrennera son destrier sur les routes sinueuses de la Montagne Noire. Et c’est parti pour la grimpette, Albert découvre les joies du bartas local qui vaut le maquis corse. Mais heureusement il ne fait pas très chaud, là aussi la bâche sera utile pour quelques gouttes de pluie.

On reprend l’organisation habituelle du chantier, André et Albert en front de taille et JN en surface aux gamates. Mais c’est pas la journée des pailles, plusieurs foirages. Ils arrivent cependant à détacher quelques cailloux qui tombent dans la faille. Quelques uns peuvent être stockées en latéral. JN n’aura rien à tirer. Je m’occuperai par un aménagement de la halde extérieure, coupe de branchages. Et ensuite un soutien moral en haut de la faille.

Après le spuntinu, Albert découvre que la désob’ ici n’est pas une sinécure, le retournement au fond est toujours physique. Mais André a encore plus d’espoir car cela semble s’élargir en face et en dessous mais il y a du tir de confort à faire.

Un peu lassés on plie bagages vers 16 heures.

JND

Mercredi 28 août 2024 – Trou du Pémol 2, Trassanel

Mercredi 28 août 2024

Spéléo, désobstruction

Trou du Pémol 2, Trassanel

Participants

ITP / Spéléo Corbières Minervois / GPS : Jean-Noël D.

Gruissan Prospection Spéléo : Jean-Marie B., André M.

TPSurface et sous terre (– 10 m…) : huit heures et TPST une heure pour JN

Trou du Pémol, Épisode 16

Pémol, poursuite du creusement de la faille. RDV traditionnel vers 9 heures, la chaleur a décliné et on risque d’avoir quelques gouttes de pluie. On installera une bâche au cas où. Mais ce plafond nuageux a rendu le tirage de gamates plus confortable.

Répartition traditionnelle des tâches, Jean-Marie et André sur le front de taille et JN aux gamates… Il faut dire que ce front de taille est quand même assez étroit et pour en remonter c’est un peu physique.

Coté ouest : roche saine à gauche, la faille est ouverte sur une dizaine de centimètres et trente centimètres de roche/terre agglomérée par de la calcite à droite. Un fort courant d’air aspirant nous fait garder espoir d’une belle suite. JM arrive à descendre d’un bon mètre et peut se retourner et évacuer les blocs laissés côté est. Là aussi la faille s’ouvre et aspire. Les cailloux tombent de plusieurs mètres. Mais la largeur est encore plus faible que de l’autre côté.

Après le spuntinu, André prend la suite et je me pose en intermédiaire au dessus de la faille pour guider les gamates. Il ouvre un peu plus et aperçoit une bulle plus large juste en dessous suivi d’un bon élargissement de la faille. Il est possible que ce soit un nouvel épisode de l’Illusion qui avait déjà frappé Jean Luc. N’oublions pas que le monoxyde peut être responsable d’hallucinations…

Je dois quitter mes compagnons vers 16 heures. Ils finiront la séance par la destruction de trois rétrécissements qui gênaient le passage des gamates. Le tunnel horizontal est maintenant une autoroute.

La Clamoux est à sec, impossible de prendre le petit bain habituel.

JND/JMB

Mardi 23 juillet 2024 — Trou du Pémol 2 — Trassanel (11)

Mardi 23 juillet 2024

Spéléo, désobstruction

Trou du Pémol 2, Trassanel (11)

Participants

ITP, Spéléo Corbières Minervois et GPS : Jean-Noël D.

Spéléo Corbières Minervois : Dominique B.

Gruissan Prospection Spéléo : Jean-Marie B., Jean-Luc C., André M.

Spéléo Club de l’Aude : Daniel C.

TPSurface et sous terre (– 10 m…) : sept heures et TPST une heure pour JN

Trou du Pémol, Épisode 14

Tiens, cela change, on est mercredi… RDV à 9 heures, le soleil est bien présent et la journée sera chaude.

Il y aura foule ce matin sur le flanc du Pémol. Avec une densité médicale étonnante, avec trois médecins (retraités ou quasi) de la CoMed. Qui a dit que cette région, le Cabardès, était un désert médical ?

Daniel, un désobeur du coin, montre à Jean-Marie tous les trous pointés dans le coin et cela se comte sur plus des doigts de la main… Premier travail installer la bâche mais André a oublié les élastiques, on fera sans et c’est parti pour la purge des déblais de l’épisode précédent. Les opérations s’enchainent jusqu’à la pause de midi ou nous finissons par toucher le fond… des bouteilles; Excellents Minervois amenés par J-Luc et André.

Reprise de l’activité. Plus de 20 trous traités.

Direction le front de taille pour seconder André. Ce n’est pas bien large et de plus en plus pentu. On a pu caler des rondins qui servent d’appui mais la remontée des gamates devient de plus en plus physique, il faut être au moins quatre.

16 heures ! ! le trio des gamateurs – Dom, J-Luc et JN, informe le front de taille a terminé sa journée. Obligations familiales, lassitude, chaleur… Désolé pour eux mais à deux ils ne pourront pas sortir les déblais. Du coup ils rangeront comme ils peuvent peut les blocs sur les ressauts pour un bouquet final.

Retour sur les lieux : ils sont bien au fond. Du trou, cette fois. Un pistage à la fumée montre sans contestation possible la voie à suivre. La fumée s’engouffre horizontalement à un mètre du fond le long de la faille. Très étroite. L’épisode suivant sera certainement décisif’: soit ça s’élargit soit il faudra renoncer.

JMB/JND