Samedi 21 mars 2026
Spéléo, topographie, rééquipement, chiro
Faille de Lainosa, Olcani
Participants
ITP : Sandra A., Cathy B., Jean-François B., Antoine B., Christophe C., Michèle C., Adriana D. C., Antonio E. G., Jean-Claude L. M., Benoit R., Vanessa et Louis-Mathis S., Franck Z.,
TPST : 4h30
Température et humidité : 12° et 77% en bas du P10
Chiro : 3 petits rhinos
Nouvelle profondeur : 99 mètres
Cela fait un moment que j’avais en tête de refaire cette faille, pas forcément pour le côté grotte, s’agissant d’une longue faille, la partie souterraine étant peu développée, mais plus pour le côté de se faire un P40 et faire mumuse sur corde. Je propose donc en réunion de CA de la mettre en sortie à prévoir. D’ailleurs, en plus de faire mumuse sur corde on profitera de cette sortie pour continuer la topo au niveau du P10 qui n’a toujours été pas faite.
La dernière sortie date de novembre 2022, ça date. En relisant le dernier CR, il est mentionné que de l’équipement était à revoir/faire, Jeudi soir je prépare l’équipement et le perfo avec quelques spits, nous prévoyons, de faire un fractionnement sur le P40 (au niveau de la seconde dev — idée finalement rejetée –), rééquiper le réseau de gauche où il y a un P10 et le réseau de droite car tout sur AN).
13 personnes se sont retrouvés samedi matin au local à 8h pour le traditionnel café, puis vient la répartition des personnes entre les différents 4×4, puis départ vers Olcani pour environ 45min de route.
Nous débutons la piste 4×4 de Olcani, piste qui traverse le cap d’Est en Ouest, reliant Olcani à Sisco, après 30 min de ballotage et stop à l’une des nombreuses épingles, on se change et nous nous apprêtons à se faire lacérer par les ronces et autres végétations. Depuis l’incendie, la végétation a bien repris ses droits, mais globalement nous avons bien progressé aidé par JC et sa trace qu’il a conservé dans son téléphone, nous avons mis environ 45 min pour accéder à l’entrée de la faille.
On s’équipe, puis je pars à l’assaut de l’équipement avec Antoine, avec un petit débat sur le raboutage de corde au niveau de la tête de puits. Dans le même temps et pendant l’attente, JC montre le plantage de spit en profitant donc de refaire le départ de la MC et faire un nouvel AF pour un peu mieux avoir moins de débattement de la MC et d’élasticité.
Je commence à équiper la tête de puits, j’entame la descente, installe la plaquette pour la première dev et puis je poursuis à la recherche de ce fameux autre spit pour la second dev, chose qu’on avait pas retrouvée en 2022. C’est sans compter sur les indications de JC qui me dit plus haut « Non descend encore !! » et de mémoire je me rappelle d’une photo où le spit de la dev était sur une roche humide, mes recherches se sont donc concentrées sur cet indice, bingo je trouve le spit de la seconde dev, que je mets en place.
Antoine descend et nous continuons pour équiper le P10, les spits sont un peu plus en mauvais état, j’en trouve un, Antoine installera la tête de départ de la MC en mode cordiste je dirais, un nœud de huit d’un côté puis avec un nœud papillon d’un autre. On a préféré garder des spits pour des sections plus intéressantes, je pense qu’on doit revoir cette MC pour éviter un frottement avec un bloc rocheux plus bas avant le départ du P10.
Antoine me laisse équiper la suite, mais horreur !! les spits sont pourris, sauf un qu’on essaye de décrasser comme on peut. Mais JC arrive avec le dégorgeoir, il décrasse le spit et descendra en mono-point avec Christophe pour aller topographier le P10 et la suite du réseau, pendant ce temps Antoine fera de l’équipement en rajoutant un spit (pour une tête de puits en deux points) que je lui laisse faire car le temps presse, il fait nuit assez vite encore en Mars et surtout avec le P40 à remonter avec 12 personnes…
Une dev est spittée et mise en place, tout est bon, on poursuit la progression et on rejoint JC et Christophe dans des salles « tectoniques » constituées de blocs rocheux qui demandent qu’à tomber, ici plus besoin de corde, il s’agira juste de se faufiler. De peu Vanessa se retrouve avec un gros bloc sur les pieds suite à son basculement.
Pendant la topo, des thèmes comme gauche/droite/haut/bas/bissectrice me fera perdre un peu la tête, je laisserai le principal intéressé à développer la partie topo 😉
Une fois toute la partie topo faite, on remonte, étant donné que le P40 peut être long à remonter pour bon nombre d’entre nous, on a eu l’idée de déséquiper le P10 pour aller équiper le réseau droit, me concernant, je pars remonter le P40 pour aller manger et surtout me changer.
Les derniers remonteront la faille vers 16h, ils mangent rapidement puis nous entamons la redescente avant qu’il ne fasse nuit et qu’on se fasse surprendre comme lors de la dernière sortie où certains se sont perdus dans le maquis de nuit.
Nous nous changeons, on remonte dans nos 4×4, mais avant, quid de : nous repartons vers Nonza ? où continuons nous sur la piste pour redescendre à Sisco ? Je chauffe un peu tout le monde pour prendre la seconde option, et puis tant qu’à faire faisons un peu d’aventure !! Direction col de Saint-Jean, MAIS, horreur et abomination, la piste à 600mètres du col est complètement éventrée avec de grosses saignées rendant le progression impossible et puis il fait nuit !! Nous prendrons la décision de faire demi-tour, pas le temps de chercher par où continuer !! Bravo Benoit, d’autres idées de ce genre ? 😁😁
En bref :
Note topo d'équipement mise à jour:
Départ en MC : C28 = 2S > 2S > 1AF > 1AF > P40
P40 : C50 = 2S (tête de puits), ⇓3m 1S (Dev), ⇓25m 1S (Dev)
Réseau gauche P10 : C25 = MC 1AN+1S > 2S (tête de puits) > ⇓5m 1S (Dev)
Réseau droit P8 : C15 = 2S (tête de puits) > ⇓3m 1S (Dev)
Benoit R.
Un des objectifs de la sortie était de réaliser les relevés topographiques de la portion de cavité qui suit le P10 de la branche de gauche.
Un binôme se constitue, Christophe au lasermètre, JC au compas, au clinomètre et au carnet.
Pour rappel, topographier une cavité c’est en faire une représentation graphique dans un souci documentaire. C’est le « trésor » des spéléos, c’est une des raisons d’être de l’activité, explorer le milieu souterrain, étudier le milieu souterrain, et donc le documenter et en partager la connaissance.
Les mesures sont à prendre de point en point. Chaque point est matérialisé sous la forme d’un quadrilatère en prenant les distances gauche, droite, haut et bas. Idem au prochain point dont on relève la distance et l’orientation par rapport au précédent, on forme ainsi un volume. L’adjonction de tous les volumes successifs donne ainsi une représentation tridimensionnelle de la cavité.
Des logiciels aident maintenant à la réalisation des topos et épargnent les topographes des fastidieux calculs trigonométriques d’antan.
Un des plus simple et répandu est Visual Topo. D’autres plus ou moins complexes sont également disponibles, TopoDroïd, Auriga, GHTopo, Cyber Topo, Thérion etc.
Documentations :
Une vingtaine de mesures plus tard c’est dans la poche. Cette partie de la cavité est particulièrement instable, Vanessa fait basculer un bloc qui a failli lui écraser une jambe, idem pour Christophe qui se retrouve avec un pied coincé par un bloc au fond de l’étroiture verticale terminale. Heureusement plus de peur que de mal, mais la vigilance est de mise dans ces cavités non karstiques où les blocs rocheux ne sont pas collés par la calcite.
La petite recherche de la faune locale en bas du P10 n’a pas été fructueuse, quelques collemboles et un ver non déterminé. L’utilisation d’une lampe UV n’apporte rien au niveau des bestioles, par contre elle révèle bien la flore et en particulier des lichens en paroi en bas de ce P10.
Bonne surprise une fois les reports effectués, la profondeur atteint les 94 mètres, et frôle même les 100 mètres si on ajoute l’estimation de 5 mètres du réseau supérieur après mise à contribution de JN. Ce réseau supérieur n’a pas encore été topographié, de quoi motiver un retour sur site …
JCL


































































































